Créer un site internet

Ironie

Les mots du théâtre au XVIIIe siècle.

IRONIE.

Chamfort et Laporte, Dictionnaire dramatique, tome II, p. 94-95 :

IRONIE. Figure dont Corneille a fait un fréquent usage. Racine l'employe aussi dans ses premieres Pièces. Il en met quelques-unes dans la bouche d'Hermîone, mais dans les autres Tragédies, il ne se sert plus guères de cette figure. Remarquez en général, dit M. de Voltaire, que l'Ironie ne convient point aux passions : elle ne peut aller au cœur.

Il y a une autre espéce d'Ironie qui est un retour sur soi-même, & qui exprime parfaitement l'excès du malheur. C'est ainsi qu'Oreste dit dans l'Andromaque :

Oui , je te loue, ô Ciel ! de ta persévérance !

C'est ainsi que Gatimozin disoit au milieu des flammes :

Et moi, suis-je sur un lit de roses ?

Cette figure est très-noble & très-tragique dans Orefte ; & dans Gatimozin elle est sublime.

Références :

Corneille utilise souvent l’ironie.

Racine, Andromaque : il y a plusieurs exemples d'ironie dans la bouche d’Hermione.

Racine, Andromaque, acte 5, scène 5, vers 1614 : louange ironique du Ciel dans la bouche d’Oreste.

De pièce avec Gatimozin (un empereur du Mexique, succcesseur de Montézuma, torturé par les Espagnols pour qu’il avoue où était son or), je ne connais que Montezume, une tragédie en cinq actes publiée en 1763 à Königsberg, et dont le Journal encyclopédique rend longuement compte (volume 6, partie 3, numéro du15 septembre 1763, p. 98-106). Il y est question de la pièce de Piron Hernan Cortes, mais où ne figure pas Gatimozin. Le mot cité dans l’article ironie se trouve bien dans les œuvres de Voltaire, mais il ne s’agit pas de son théâtre (dans l’Essai sur les mœurs, chapitre 147).

Ajouter un commentaire

Anti-spam