Agnès et Félix, ou les deux Espiègles

Agnès et Félix, ou les deux Espiègles, opéra en trois actes de Dumoustier musique de Devienne. 5 fructidor an 3 (22 août 1795).

Théâtre de la rue Feydeau, ou des comédiens françois.

Titre :

Agnès et Félix, ou les deux Espiègles

Genre

opéra

Nombre d'actes :

3

Vers / prose

en prose, avec des couplets en vers

Musique :

oui

Date de création :

5 fructidor an 3 (22 août 1795)

Théâtre :

Théâtre de la rue Feydeau, ou des Comédiens français

Auteur(s) des paroles :

Dumoustier

Compositeur(s) :

Devienne

Almanach des Muses, 1796.

Intrigue un peu compliquée. On veut marier Agnès au père de Félix son amoureux. Les deux pères ayant surpris les jeunes gens ensemble, celui de Félix qui est juge et dispose de la prison, y fait enfermer son fils. Agnès se déguise en garçon, et gagne le guichetier qui en fait une sentinelle ; puis les deux espiègles trouvent moyen d'enfermer le juge et le geolier, et de s'évader. Après quelques autres incidens, on leur pardonne.

Magasin encyclopédique, ou journal des sciences, des lettres et des arts, an 3 (1795), tome III, p. 421-422 :

[Compte rendu sévère d’une pièce qui « n’a point eu de succès ». L’intrigue est rapidement résumée, avant le verdict sans appel : «  dans cette pièce ni intérêt, ni gaieté, ni intrigue, mais l'intention de tout cela », d’où l’agitation du public. Seule la musique est jugée favorablement : « quelques morceaux » ont été remarqués. Comme il n’y pas grand chose à dire de la pièce, le critique en profite pour régler le sort de l’acteur Juliet, accusé de forcer le trait quand il joue un ivrogne et pour rappeler que la morale doit toujours être sauve au théâtre (sans être ennuyeuse, bien sûre) : la pièce comporte des couplets comportant « des équivoques » : le public rjette toujours ce genre de plaisanteries.]

THEATRE DE LA RUE FEYDEAU.

Première représentation d'Agnès et Félix ou les deux Espiègles, opéra comique en trois actes.

La première représentation de cet opéra, donnée le 5 fructidor, n'a point eu de succès. Le poëme est du .citoyen Dumoustier, auteur du Conciliateur ; la musique-est du citoyen Devienne, auteur de celle des Visitandines.

Une jeune personne et son très-jeune amant cherchent à tromper la surveillance de leurs parens qui s'opposent à leur union. La scène est dans un vieux château. Le jeune homme, par suite d'une première espièglerie, est enfermé par son père dans la prison du château. Agnès, sous l'habit du soldat en sentinelle, parvient à délivrer son amant. Le père, qui vient pour voir son prisonnier, est enfermé lui-même par l'espièglerie d'Agnès déguisée en soldat. Les jeunes.gens ont pris la fuite ensemble. Ils se sont réfugiés dans la maison d'un fermier qui va unir son fils à une jeune fille qu'il aime. Les parens des deux jeunes mariés promettent à Félix et à Agnés d'obtenir pour leur union le consentement paternel. Les deux pères arrivent en effet, et touchés par le tableau du mariage qui se prépare dans la ferme, ils consentent à unir aussi Agnès et Félix.

Le public n'a trouvé dans cette pièce ni intérêt, ni gaieté, ni intrigue, mais l'intention de tout cela. Il a donné des preuves bruyantes de son mécontentement. On a remarqué dans la musique quelques morceaux qui ont rappelé le talent distingué du citoyen Devienne.

Les spectateurs ont fait généralement une observation qu'il est utile de retracer ici. Un des acteurs, le citoyen Juliet, connu par un jeu très-gai et très-original, remplit dans cet opéra un rôle d'ivrogne. Il rend en général ces rôles avec beaucoup de vérité ; mais il s'habitue, grâce à des applaudissemens de quelques spectateurs, à prolonger les scènes par des redites de mots et par des expressions triviales ou insignifiantes, au point de fatiguer et de dégoûter même ceux qui rendent le plus de justice à son talent plein de naturel. L'art de la comédie n'est point de contrefaire, mais d'imiter. Sans le sentiment de celte distinction, on tombe dans la trivialité des parades.

Nous croyons devoir finir par une observation relative au poème. Sans doute la morale ennuyeuse doit être bannie de la scène ; mais l'immoralité doit plus encore en être écartée. D'après ce principe, on ne peut s'empêcher de désapprouver des couplets que l'auteur a mis dans la bouche d'Agnès au premier acte, et ceux que chante le citoyen Juliet au second. Les spectateurs reprochent toujours à l'auteur la risée que leur inspirent involontairement ces équivoques, quelque bien tournées qu'elles puissent être,

[César : paroles de Charles-Albert Demoustier.

6 représentations (4 en août et septembre 1795, 2 en octobre 1795.]

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