Cange, ou le commissionnaire bienfaisant

Cange, ou le commissionnaire bienfaisant, trait historique en un acte, en prose, d’Armand et Villiers, 3 novembre 1794.

Théâtre de la Cité-Variétés.

La brochure porte la date du 10 brumaire [31 octobre 1794], que reprend le Catalogue général de la BNF. André Tissier donne comme date le 30 octobre, tant dans les Spectacles à Paris pendant la Révolution, tome 2 (2002) que dans son introduction à la déroute de l'armée de Cobourg, ou les Environs de Charleroi (2001), p. 37.

Par contagion du titre de la pièce de Gamas, la pièce est parfois appelée Cange ou le commissionnaire de Saint-Lazare.

Titre :

Cange, ou le commissionnaire bienfaisant

Genre

trait historique

Nombre d'actes :

1

Vers / prose

en prose

Musique :

non

Date de création :

3 novembre 1794

Théâtre :

Théâtre de la Cité-Variétés

Auteur(s) des paroles :

Armand, Villiers

L’Esprit des journaux français et étrangers, 1794, volume 10 (octobre 1794), p. 297-298 :

[Confusion sur le titre avec la pièce de Gamas, avec laquelle la pièce de Villiers et Armand (Gouffé) est comparée dans l’article. Comme dans la critique dans la Décade philosophique du Cange de Gamas (article où il est également question de la pièce de Villiers et Armand), le rôle du « méchant » est critiqué, il n’est pas utile de créer une opposition entre le vice et la vertu pour faire ressortir la vertu, suffisamment éclatante pour n’avoir pas besoin qu’on la mette en valeur. Sinon, la pièce est excellente (« cet ouvrage est coupé d'une maniere heureuse ; il est bien écrit, & le personnage de la femme du détenu est très-dramatique »), et très bien joué. Mais c’est d’abord au héros, à Cange, que le public a voulu rendre hommage.]

THÉATRE DE LA CITÉ-VARIÉTÉS.

Cange, ou le commissionnaire de Saint- Lazare.

Ce trait touchant, mis sur ce théatre, a obtenu les plus vifs applaudissemens.

Cange est un bon habitant des montagnes de la ci-devant Auvergne. Il vient chez la femme du détenu, auquel il s’intéresse, chercher le dîner du prisonnier : cette femme infortunée est plongée, ainsi que ses deux jeunes enfans, dans la plus grande misere. Un scélérat, qui est amoureux de cette femme, met la liberté de son mari à un prix infâme, qu'elle repousse avec toute la fierté d'une ame honnête : ce scélérat la menace des fers, elle & sa famille. Telle est la seule opposition qu'on ait mise dans cette .piece ; opposition qui, ainsi que celle de Pierval dans le Cange du citoyen Gamas, n'étoit pas du tout nécessaire. La vertu, quand elle est tracée avec autant de force, n'a pas besoin de l'oppoition du vice pour ressortir ; & sans doute il est facile de supprimer un personnage repoussant, qui afflige l’ame, sans ajouter au trait de l'estimable Cange. Quoi qu'il en soit, cet ouvrage est coupé d'une maniere heureuse ; il est bien écrit, & le personnage de la femme du détenu est très-dramatique. Les auteurs de cette piece sont les citoyens Armand & Villers, tous deux employés à la commission des armes. Ces deux auteurs méritent d'être encouragés ; &, sans doute, on attend d'eux d'autres ouvrages qui offrent le même style & la même intelligence dramatique. Le citoyen Tiercelin donne un caractere très-heureux au rôle du. sensible Cange ; & la citoyenne Germain joue très-bien le rôle fatigant de l'épouse du détenu. Le vertueux Cange assistoit à la premiere représentation de cette piece : le public l’a démandé sur le théatre, où il l'a applaudi avec cet enthousiasme que le peuple manifeste toujours quand on lui retrace des traits de vertu ou de bienfaisance.

(Annonces & avis divers.)

D’après la base César, un seul auteur, Pierre A.-B. Villiers, et 11 représentations au Palais des Variétés, du 3 novembre 1794 au 5 janvier 1796.

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