Les Deux statues

Les Deux statues, opéra-bouffon en un acte, livret de Milcent, musique de Porta, 9 floréal an 8 [29 avril 1800].

Théâtre de l'Ambigu Comique.

Almanach des Muses 1801.

Sur la page de titre de la brochure, Paris, chez Barba, 1807 :

Les deux Statues, opéra-comique en un acte et en prose, Paroles de M. Milcent, Musique de Monsieur Porta. Représenté, pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre de l'Ambigu Comique.

Courrier des spectacles, n° 1152 du 10 floréal an 8 [30 avril 1800], p. 2 :

[Juste un hors-d'œuvre pour signaler la vitalité du théâtre de l’Ambigu-Comique et le succès de sa nouvelle création. Seul dégât collatéral, le nom du musicien, devenu Borda...]

Théâtre de l’Ambigu-Comique.

Un grand zèle anime les acteurs de ce théâtre. En moins de huit jours ils mit déjà offert au public cinq à six nouveautés. Le moyen le plus sûr d’attirer la foule c'est d’en monter souvent, sur-tout dans un genre de spectacle qui séduit peu les habitués des théâtres des Boulevards.

Hier, on y donna avec succès la première représentation des Deux Statues, opéra-bouffon en un acte, des cit. Milcent et Borda. — A demain l’analyse.

Courrier des spectacles, n°1153 du 10 floréal an 8 [30 avril 1800], p. 2 :

[Article en deux temps : d'abord le résumé de l’intrigue, que le critique ne juge pas (c’est encore une histoire de tuteur qui veut épouser sa pupille, et qui se fait devancer par le jeune amant de celle-ci). Puis la sentence : presque un compliment pour commencer (« quelques situations assez comiques »), puis on passe aux défauts : des invraisemblances, des morceaux de musique trop longs. Occasion d’insister sur la place que la musique doit tenir dans une pièce de ce genre : ce qui compte, c’est l’action. Et le poète est invité à faire des coupures, qui rendront la pièce plus rapide.]

Théâtre de l’Ambigu-Comique.

Voici l’analyse de la pièce donnée à ce théâtre sous le titre des Deux Statues.

Léandre a vu Clarisse, pupille d’Orgon, et l’amour lui fait suivre tous les pas de sa maitresse, et chercher toutes les occasions de l’entretenir. Il parvient avec le secours de Pasquin, son valet, à s’introduire dans le jardin où ils prennent le plan de deux statues. Orgon, Jeannot et Catau sont trompés par la ressemblance des habits et des attitudes, et Orgon, prêt à conclure son hymen avec sa pupile, vient déposer aux pieds de Pasquin, statue, un coffret contenant des pièces très-importantes, et ordonne une collation. Jeannot apporte du vin, des comestibles, à peine retourne-t-il à la maison, que Pasquin descend et fait table nette. Ces lazis continuent pendant le repas. à la fin duquel les deux statues s’animent et se présentent au vieillard, que la vue de son coffret découvert fait consentir au mariage.

Il y a quelques situations assez comiques dans cet ouvrage, mais elles sont gâtées par bien des invraisemblances, des duo, des trio qui ne finissent pas, lorsque tout doit être animé. On veut faire de la musique, on veut la faire sur tel et tel morceau, mais non erat his locus. A cela le compositeur répondra : Pourquoi l’auteur des paroles a-t-il écrit tel ou tel morceau à tel et tel endroit ? Il faut bien travailler dessus. En ce cas, tout bien calculé, le poëte peut retrancher hardiment deux ou trois morceaux de chant, entr’autres le duo de la première scène , et celui de la scène où Léandre se découvre à Clarisse, l’ouvrage n’en marchera que plus rapidement.                            F. J. B. G***.

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