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La Guinguette, ou Plus heureux que sage (Vaudeville an 8)

La Guinguette, ou Plus heureux que sage, comédie en un acte mêlée de vaudevilles, de Radet, 26 nivôse an 8 (16 janvier 1800).

Date fournie par le Journal de Paris du 26 nivôse an 8.

Théâtre du Vaudeville

Titre

Guinguette (la), ou Plus heureux que sage

Genre

comédie

Nombre d'actes :

1

Vers / prose ?

en prose, avec des couplets en vers

Musique :

vaudevilles

Date de création :

26 nivôse an 8 (16 janvier 1800)

Théâtre :

Théâtre du Vaudeville

Auteur(s) des paroles :

Radet

Almanach des Muses 1801

Fonds très-léger auquel on a cousu des scènes épisodiques qui ont produit peu d'effet.

Courrier des spectacles, n° 1049 du 27 nivôse an 8 [17 janvier 1800], p. 3 :

[Simple annonce du compte rendu, qui sera donné le lendemain. Le couplet d'annonce, reproduit ici, parle justement de intrigue décousue pour cette pièce composée de scènes épisodiques, plutôt gaies, dont le critique nous donne la source, un roman anglais traduit récemment.]

Théâtre du Vaudeville.

Air : Vaudeville de l'Opéra comique,

Quelques tableaux de la gaîté,
Une intrigue un peu décousue,
Tel est l’ouvrage peu vanté
Qui va s'offrir à votre vue.
Mettez de côté la rigueur
En écoutant cette bluette ;
On doit toujours en bonne humeur
      Aller à la guinguette.

C’est par ce couplet d’annonce que l’on prépara le public à recevoir le vaudeville de la Guinguette, ou Plus heureux que sage, donné hier avec succès à ce théâtre. L’auteur, le cit. Radet, a eu raison d’annoncer que l’intrigue étoit décousue, et en effet ce sont pour la plupart des scènes épisodiques, assez gaies, dans lesquelles est un tableau vrai de nos guinguettes. Le fonds de cette bluette, tiré d’un ouvrage intitulé les Quatre Romans, ou Roman d’un matin, d’un soir, d’un jour et d’une nuit, quatre nouvelles, dont la seconde, c’est-à-dire le roman d’un soir, a fourni le sujet de la pièce nouvelle. Demain nous en donnerons l’analyse.

G***

Courrier des spectacles, n° 1050 du 28 nivôse an 8 [18 janvier 1800], p. 2 :

[L’article se réduit à un résumé d’une intrigue plus que convenue (un jeune homme rencontre une jeune fille, tous deux tombent amoureux, il prend son parti et se bat pour elle quand elle est importunée, et le père de la jeune fille arrive : la jeune fille est justement celle qu'on lui destine : comme le hasard fait bien les choses !) et à la reproduction d’un couplet, parmi ceux, nombreux, qu’on a applaudis, et qui a même eu l’honneur d’être bissé, sur un thème bachique immortel (là non plus, pas d’originalité !).]

Théâtre du Vaudeville.

Auguste, jeune homme fort riche, vient d’arriver à Paris, où il précède de huit jours son père, qui doit lui faire épouser Elvina, fille de Vanvèle, capitaine de vaisseau, son ancien ami. Seul dans cette grande ville, et ne voulant rendre aucune visite sans son père, le hasard le conduit, lui et son domestique, dans un jardin public que l’on nomme communément guinguette. Là, il fait la connoissance d’une jolie demoiselle dont les habits annoncent la fille d’un fermier des environs de Paris, mais dont les manières, le langage et la timidité décèlent la naissance et l’éducation. De concert avec sa suivante, elle avoit pris ce déguisement ; et, à l’insçu de son père, elle étoit venue par curiosité voir ce qui se passoit dans ces lieux fréquentés du public. Modeste et jolie, elle a captivé le cœur du jeune Auguste, qui n’a pas fait sur elle moins d’impression. Il l’invite à danser , elle n’a rien à lui refuser. Un peintre ivre, qui lui a proposé de danser avec lui, et auquel elle n’a pas daigné répondre, cherche querelle à Auguste, qui d’un seul coup le fait rouler dans la poussière. Vanvèle, qui apprend chez lui l’évasion de sa fille ainsi déguisée, arrive au jardin ; la vue de son père et la scène indécente dont elle vient d’être témoin, font sur elle assez d’impression pour que Vanvèle se dispense de l’accabler encore des reproches de l’autorité paternelle. Auguste survient ; il reconnoît l’ami de son père et voit sa prétendue dans la jeune personne dont il étoit éperduement amoureux.

Tel est l’analyse de la pièce donnée avant-hier à ce théâtre, sous le titre de la Guinguette.

Ce cadre léger eût peut-être plû davantage, s’il n’eut pas, pour ainsi dire, disparu dans les scènes épisodiques et décousues qui le surchargent.

Beaucoup de couplets ont été applaudis ; en voici un qui est chanté à la fin par le citoyen Hypolite, et qui a eu 1es honneurs du bis :

Leblanc, ivre.

D’aimer le vin se faire gloire,
Au nouveau préférer le vieux,
Plus que sa soif ne jamais boire,
C'est être plus sage qu’heureux ;
Mais de tout vin faisant usage,
Dans le vin perdre la raison,
Et quel qu’il soit le trouver bon,
C'est être plus heureux que sage.

G * * *

Porte-feuille français Pour l'An IX (1801), deuxième année, p. 217 :

[Le critique apprécie « quelques situations comiques et plusieurs couplets bien tournés » (il en cite un), mais cela n’empêche pas que la pièce soit « un ouvrage médiocre ».]

La Guinguette, ou Plus Heureux Que Sage, vaudeville en un acte , de Radet, représenté le 26 Nivôse.

Quelques situations comiques et plusieurs couplets bien tournés, prouvent qu'on peut avoir beaucoup d'esprit et faire un ouvrage médiocre. Voici un couplet qui mérite d'être cité :

Leblanc, ivre.

Air du vaudeville des Visitandines.

D'aimer le vin se faire gloire,
Au nouveau préférer le vieux,
Plus que sa soif ne jamais boire,
C'est être plus sage qu'heureux :
Mais de tout vin faisant usage,
Dans le vin perdre la raison,
Et quel qu'il soit le trouver bon,
C'est être plus heureux que sage.

Magasin encyclopédique, ou journal des sciences, des lettres et des arts, cinquième année (an viii – 1799), tome V, p. 413-414 :

[Le compte rendu s’ouvre par l’indication de la source de la pièce (un roman récent), résume rapidement l’intrigue (assez mince), avant de dire qu’elle a des qualités (« des détails très-amusans », « le tableau complet d'une guinguette », des tableaux amusants. Mais « les couplets sont peu saillans ». Rien sur l’auteur, ni sur l’interprétation.]

Théâtre Du Vaudeville.

La Guinguette, ou Plus heureux que sage.

Cette petite pièce a été jouée au Vaudeville le 26 -nivôse. Elle est tirée du Roman d'un soir, dans les quatre romans d'un matin, d'un soir, d'un jour et d'une nuit, petit ouvrage, imprimé il y a environ un an.

Auguste rencontre à une petite guinguette une jeune personne vêtue en paysanne dont il devient amoureux ; Il fait lui-même une impression très-vive sur le cœur de la jeune personne, qui s'afflige de ce qu'il n'est qu'un simple artisan. Vauveld, capitaine de vaisseau, apprend que sa fille Elvina est sortie avec sa femme de chambre, et la reconnoît dans la jeune paysanne à qui Auguste fait la cour. Il lui fait des reproches de son imprudence ; et, reconnoissant dans Auguste le fils de son ami à qui depuis longtemps sa fille étoit destinée, il les unit. Ce fond léger est soutenu par des détails très-amusans. La pièce offre le tableau complet d'une guinguette ; petites intrigues bourgeoises, joueurs de boules, ivrognes, rentiers, aveugle jouant du violon, diseurs de bonne avanture, chanteuse, tout y trouve sa place et est bien placé. Les couplets sont peu saillans, mais la variété des tableaux amuse.

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