Les Habitans des Landes

Les Habitans des Landes, comédie en un acte mêlée de couplets, de Sewrin, 21 octobre 1811.

Théâtre des Variétés.

Almanach des Muses 1812.

Sur la page de titre de la brochure, Paris, Barba, 1811 :

Les Habitans des Landes, comédie en un acte mêlée de couplets, Par M. Sewrin. Représentée, pour la première fois, à Paris, sur le théâtre des Variétés, le 21 octobre 1811.

Journal de Paris, n° 22 du 22 octobre 1811, p. 1 :

[Le compte rendu prend soin de prévenir : « ni action, ni intrigue ». Cette non-intrigue est en effet vite racontée (un fils qui vient au-devant de sa mère qui rentre d'Afrique, et qui la rencontre). La seule chose à retenir, c'est le rôle d'un valet poltron, qui est assumé par Brunet avec talent : le public a beaucoup ri. Finalement, ce genre de personnages vaut mieux que d'autres personnages récurrents, les Jocrisse (dont Brunet est un spécialiste) ou les Ogresses.

THÉATRE DES VARIÉTÉS.

Hier on a donné au Théàtre des Variétés la première représentation des Habitans des Landes. Il ne faut chercher ni action ni intrigue dans ce petit vaudeville.

Deux couples d’amans vont se marier dans un hameau des Landes. Une dame qui revient d’Afrique, et dont la voiture a versé, a été accueillie par les habitans. Saint-Léon, fils de cette dame, allant au-devant de sa mère, arrive dans le même lieu et la rencontre. Voilà tout le sujet de la pièce.

Tout le comique de cette bluette consiste dans la poltronnerie de Tremblin, valet de Saint-Léon. Il se croit en Afrique, entouré de tètes féroces ; il prend les paysans des Landes, montés sur des échasses, selon l'usage du pays, pour des antropophages. Brunet, chargé de ce rôle, l'a rendu de la manière la plus plaisante. Le public a beaucoup ri. Les détails offrent du naturel, de la gaîté, des tableaux agréables. Ce genre est bien préférable aux Jocrisses et aux Ogresses. L’auteur, demandé à grands cris, est M. Sewrin.

La pièce de Sewrin a été remise en lumière par sa réimpression aux éditions de l’Harmattan en compagnie de Séliko, ou le Petit nègre d'Émile Vanderburch avec une présentation de Barbara T. Cooper (2018) :

Avec Les Habitants des Landes (1811) et Séliko, ou Le Petit Nègre (1824), les auteurs Vanderburch et Sewrin mettent en évidence la participation de la métropole au commerce triangulaire et à la traite des Noirs qui relient l'Afrique, la France et ses colonies d'Amérique. En soulignant l'altérité et la marginalité de leurs personnages noirs, les deux dramaturges trouvent aussi le moyen de dénoncer l'inégalité des races et soulignent l'humanité des Noirs.

La pièce de Sewrin a en effet parmi ses personnages Zoé, une « négresse appartenant à Mme de St.-Léon », représentative du goût déjà ancien pour les domestiques noirs et des préjugés concernant les Africains.

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