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Le Mariage impossible

Le Mariage impossible, comédie en un acte, en prose, de Dumaniant ; 24 janvier [1809]

Théâtre de l'Impératrice.

Almanach des Muses 1810.

Intrigue trop commune ; point de situations neuves, point de comique ; peu de représentations.

 

Mercure de France, littéraire et politique,n° CCCXCIII du samedi 28 janvier 1809, tome trente-cinquième, p. 174-175 :

[La nouvelle pièce du prolifique Dumaniant n'a pas convaincu le critique du Mercure de France, et il entreprend d'en montrer le caractère convenu. Il commence pour cela par souligner la facilité des comédies d'intrigue : elles reposent sur des procédés faciles : « qui a vu une de ces comédies les connaît toutes » (personnages stéréotypés – une jeune fille à marier, un duo d'amants, l'un imposé, l'autre aimé, des valets rusés, des pères bêtes à souhait –, « des travestissemens, des quiqroquos, force invraisemblances, un dénouement prévu dès les premières scènes ». Puis, plutôt que de palrer d'une pièce dont il ne semble pas souhaiter parler, il regrette le départ de Mlle Molière pour le théâtre de Cassel, perte dont il craint qu'elle ne soit définitive.]

Théâtre de l'Impératrice. – Représentation au bénéfice de Mlle Molière. – Première représentation du Mariage impossible, comédie en 3 Actes et en prose.

De tous les genres de comédie, celui de la comédie d’intrigue est le plus facile ; la comédie de caractère a été épuisée par nos devanciers, il ne reste donc plus aux auteurs modernes que la comédie de mœurs ou celle d’intrigue ; mais comme la comédie de mœurs exige un grand esprit d’observation, il est tout naturel que l’on préfère se livrer à la comédie d’intrigue, qui ne demande, pour être passablement traitée, qu’un peu d’imagination. Le Mariage impossible de M. Dumaniant , est une comédie d’intrigue dans le genre espagnol : qui a vu une de ces comédies les connaît toutes. Une jeune fille ou une jeune pupille, à laquelle on veut faire épouser le fils d’un ancien ami, tandis que son cœur est déjà engagé ; des valets rusés et fripons qui s'entendent avec les amans pour tromper des pères si bêtes qu'il y a conscience de former coalition contre eux ; des travestissemens, des quiqroquos, force invraisemblances, un dénouement prévu dès les premières scènes ; voilà, à peu d’exceptions près, de quoi se compose une comédie d’intrigue.

La foule s’était portée à cette première représentation, sur-tout pour faire ses adieux à Mlle Molière. Cette actrice est engagée pour le Théâtre de Cassel ; les amateurs de la bonne et franche manière de jouer la comédie, la voient avec regret partir pour un pays où l’on sentira tout le prix de son talent, et où on parviendra peut-être à la fixer : ce serait une véritable perte pour la scène française. Melle Molière me paraît réunir toutes les qualités requises pour bien jouer l’emploi des soubrettes : débit juste et franc, force comique, gestes vrais, œil malin et sang-froid imperturbable ; tels sont les avantages que l’on a reconnus en elle depuis long-tems, et qui auraient dû, peut-être, lui obtenir son entrée au Théâtre Français, sur-tout dans le moment où deux de ses ci-devant camarades, Mme Pélicier et M. Vigny viennent d'y être reçus.

Regrettons que la capitale soit privée de son talent, et espérons que son absence ne sera pas de longue durée. La manière ont le public l’a accueillie, doit lui prouver le plaisir que l’on aurait à la revoir.

 

Annales dramatiques, ou Dictionnaire général des théâtres, tome sixième (1810), p. 91-92 :

[Encore une pièce espagnole. Le résumé de l'intrigue montre bien le caractère convenu de ce genre de production (encore un travestissement d'une jeune fille que sa sœur ne reconnaît même pas !). Et bien sûr le dénouement est conforme de ce qu'on attendait depuis le début.]

MARIAGE IMPOSSIBLE (le), comédie en cinq actes, en prose, par M. Dumaniant, au théâtre de l'Impératrice, 1809.

Eléonore gémit sous l'autorité d'Emmanuel, son tuteur, et en cette qualité un peu bête. Elle a pour amant Léonce, qu'elle aime, et son tuteur veut lui donner pour époux don Philippe, qu'elle n'aime pas. La soubrette se déclare pour le premier, tandis que d'un autre côté, un valet rusé feint de servir les deux partis. Dona Clara, sœur de Léonce, se mêle de l'intrigue, et, pour éloigner don Philippe, commence par lui enlever son porte-feuille et un écrin qu'il destinait à Eléonore. Ensuite elle se revêt d'habits d'homme, et se présente chez don Emmanuel, sous le nom de don Philippe. Qui le croirait ? Léonce ne reconnaît pas sa sœur. Il est vrai qu'il y a fort long-tems qu'il ne l'a vue ; aussi la prend-il pour un rival, et déjà il s'apprête à lui disputer la conquête de sa belle, lorsqu'un mot éclaircit tout à ses yeux. Cependant le vrai Philippe arrive, mais on ne veut pas le reconnaître. Ayant appris que Léonce était chez Emmanuel, il invoque son témoignage. Enfin, les deux amis, étonnés d'être rivaux, s'embrassent, et, en faveur de Léonce, Philippe renonce à la main de la belle Espagnole.

Tel est le fonds de cette pièce, représentée avec succès sur le théâtre de l’Odéon.

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