Toberne, ou le Pêcheur suédois

Toberne, ou le Pêcheur suédois, comédie en 2 actes, mêlée de morceaux de musique (et de chants), de Patras, musique de Bruni, 11 frimaire an 4 [2 décembre 1795].

Théâtre de la rue Feydeau, ou des Comédiens françois

Titre :

Toberne, ou le Pêcheur suédois

Genre

comédie mêlée de morceaux de musique (et de chants)

Nombre d'actes :

2

Vers / prose

prose, vers pour les chants

Musique :

oui

Date de création :

11 frimaire an 4 (2 décembre 1802)

Théâtre ;

Théâtre de la rue Feydeau

Auteur(s) des paroles :

Joseph Patrat

Compositeur(s)

Bruni

Almanach des Muses 1797.

Un grand seigneur devient amoureux d'une jeune personne nommée Gernance, et veut l'enlever. Elle a du penchant pour le pêcheur Toberne, qui feint de seconder les vues du ravisseur, et la conduit dans sa chaumière. S'y voyant poursuivie, Gernance se jette dans un lac par une fenêtre ; Toberne se précipite dans les flots pour la sauver. Il la rapporte en effet, et le père ne peut se dispenser de lui accorder la main de sa fille.

Des événemens romanesques, des tableaux.

Sur la page de titre de la brochure, à Paris, chez Huet, l’an IV de la République :

Toberne, ou le pêcheur suédois. Comédie en deux actes, mêlée de morceaux de musique : Paroles du C. Patras, Musique du C. Bruni. représentée sur le Théâtre de la rue Feydeau en Vendémiaire, 4e année de la République Française.

La partition, publiée « à Paris, chez les frères Gaveaux » donne comme date de création le 11 frimaire an 4 [2 décembre 1795].

Réimpression de l'ancien Moniteur, tome vingt-sixième (Paris, 1847), Gazette nationale, ou le Moniteur universel, n° 75, Quintidi, 14 frimaire l'an 4e (Dimanche 6 décembre 1795, vieux style), p. 594 :

[L'article commence par donner le nom de l'auteur et du compositeur. La pièce a connu le succès. L'intrigue transporte les spectateurs en Suède. Un jeune seigneur a été exilé dans les mines en raison de son comportement inacceptable. Il continue à mal se tenir, et tente de séduire la fille du directeur de la mine, allant jusqu'à tenter de l'enlever tout en noyant son père et ses employés dans la mine. Toberne, qui l'aime, participe à cette tentative de rapt, mais pour la sauver. Après bien des péripéties, le jeune homme est « récompensé par le don de » la main de la jeune fille. Les deux actes ont produit un effet différent, le second ayant paru trop lent, et le dénouement un peu trop rapide. La musique est jugée positivement, tout comme l'interprétation, la pièce étant «  fort bien jouée, et surtout parfaitement chantée », même si la diction de la chanteuse pourrait avoir « un peu plus de naturel et moins d'affectation ».]

THÉATRE DE LA RUE FEYDEAU.

Toberne, ou le Pécheur suédois, a été donné dernièrement à ce théâtre avec un succès que faisaient espérer les talents connus de l'auteur, Patrat, et du compositeur Brunis.

Christiern, jeune seigneur de Suède, ayant tous les vices, la violence, l'arrogance que lui donne son rang, a été exilé par son oncle, dans les mines.

Loin que cette correction ait changé son caractère, il y médite de nouveaux forfaits. Il s'est épris de Gernance, fille du directeur des mines. N'ayant pu lui faire agréer son amour, il projette de l'enlever, et s'associe à une troupe de scélérats pour réussir dans ce dessein.

Gernance, qui a repoussé l'amour odieux de ce méchant homme, n'est pas insensible à celui d'un jeune pécheur qui vient toutes les semaines lui vendre du poisson ; c'est Toberne. Il venait à l'ordinaire dans l'espoir de lui parler, lorsque Christiern, cherchant à le gagner, lui fait confidence de sa passion et de ses projets. Toberne feint de s'y prêter pour sauver Gernance, qu'il ne peut défendre. Les complices de Christiern comblent de troncs d'arbre l'ouverture des mines, pour y ensevelir le père de Gernance et ses ouvriers, tandis qu'il s'empare de cette innocente victime. Toberne demande qu'elle lui soit confiée, tandis que les brigands se répandent dans la maison qu'ils livrent au pillage et à l'incendie. Les deux jeunes amants en profitent pour s'enfuir.

Au second acte, Toberne dépose Gernance à la garde de sa mère, et tandis qu'il va à la pèche pour lui préparer un repas frugal, Christiern arrive, reconnaît sa proie, veut s'en emparer de nouveau ; mais le père de Gernance, délivré des mines, avec ses ouvriers, vient à son secours, et se saisit de Christiern lui-même, qui est livré à la sévérité des lois. Le jeune pêcheur, libérateur de Gernance, en est recompensé par le don de sa main.

Le premier acte de cet ouvrage a surtout produit beaucoup d'effet. Au commencement du second, l'action est un peu lente, et au dénouement les événements sont un peu trop précipités. L'exécution mieux entendue peut faire disparaître ces défauts.

La musique est extrêmement agréable, pleine de chant et de vigueur ; elle a paru supérieure encore aux autres productions du citoyen Brunis.

La pièce est fort bien jouée, et surtout parfaitement chantée. La citoyenne Rolando, dont la voix a pris de nouvelles forces, et dont le talent de cantatrice se perfectionne chaque jour, a mérité et obtenu les plus vifs applaudissements. On désirerait dans sa diction, pleine d'ailleurs d'intelligence, un peu plus de naturel et moins d'affectation.

D’après la base César, la pièce a été jouée 61 fois au Théâtre Feydeau (8 fois en 1795 à compter du 2 décembre, 25 fois en 1796, 10 fois en 1797, 10 fois en 1798, 8 fois en 1799). Et peut-être après...

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