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L'Apothéose du jeune Barra

L'Apothéose du jeune Barra, en 1 acte, mêlé de musique, de Léger, musique de Jadin, 17 Prairial an 2 [5 juin 1794].

Théâtre de la rue Feydeau

Titre :

Apothéose de Barra (l’)

Genre

pièce patriotique mêlée de musique

Nombre d'actes :

1

Vers / prose ?

en prose, avec des couplets en vers

Musique :

oui

Date de création :

17 prairial an 2 (5 juin 1794)

Théâtre :

Théâtre de la rue Feydeau

Auteur(s) des paroles :

Léger

Compositeur(s) :

Jadin

Almanach des Muses 1795.

Sur la page de titre de la brochure, Paris, chez le Libraire au Théâtre du Vaudeville, an deuxième :

L'Apothéose du jeune Barra tableau patriotique, en un acte, mêlé d'arriettes, Paroles de P. P. A. Léger. Musique de L. Jadin. Représenté sur le Théâtre de la rue Feydeau, le 17 Prairial de l'an 2e. de la République une et indivisible.

La Décade philosophique, littéraire et politique, p. 421-422 :

Théâtre de la rue Feydeau.

Apothéose du jeune Barra.

Ici1, Barra est mort. On voit un petit monument élevé en son honneur. – Sa sœur aime Francœur, jeune volontaire plein de franchise et de patriotisme ; mais un certain Vieux-Bois, ci-devant seigneur du village, s'est mis dans la tête de l'épouser, pour se donner un vernis de patriotisme. – Il fait sa demande à la mère Barra ; et comme il se sert d'excellentes expressions, il attend, dit-il, qu'elle voudra bien lui accorder la faveur de remplacer son fils . – Ce mot, ma1 entendu de la mère, fait toute l'intrigue de la pièce. Elle est d'abord étonnée qu'un aristocrate veuille aller prendre la place de son fils dans le champ de l'honneur (c'est ainsi qu'elle l'entend). Enfin elle y consent, et se charge de le proposer elle-même à la municipalité. – Effectivement, on voit le ci-devant paroître avec tous les municipaux, tenant sous le bras la sœur Barra, qu'il croit sa future. Mais quand on lui propose les armes de Barra pour aller combattre les ennemis de la patrie, il tombe de son haut, refuse et s'enfuit. Francœur les prend, et promet d'en faire bon usage ; il a son amie pour récompense. – La pièce est assez bien dialoguée ; mais comme toute l'intrigue est fondée sur un mal-entendu peu vraisemblable, et qui ne devoit pas tenir dans le doute plus de quelques minutes, elle ne peut pas être bien intéressante. – Le rôle de l'aristocrate Vieux-Bois est parfaitement dessiné, et vrai d'un bout à l'autre. La pièce est de Léger. La musique est harmonieuse ; elle est de Jadin.

L’Esprit des journaux français et étrangers, 1794, volume 7 (juillet 1794), p. 305-306 :

[Le critique mélange un peu dans son compte rendu ce qui concerne la pièce du Théâtre Feydeau (l'Apothéose du jeune Barra et ce qui regarde la pièce de Levrier, Joseph Barra, joué le même jour à l'Opéra Comique National. Il parle plus des circonstances de la mort de Barra que des deux pièces.]

L’Apothéose de Barra a été représenté avec succès sur le théatre de la rue Feydeau. C'est une fête patriotique en l'honneur de ce martyr de la liberté, donnée dans la commune où il est né, & sous les yeux de sa famille. A cette fête succede le mariage de la sœur de Barra avec un jeune défenseur de la patrie ; les amours de ces jeunes gens d'abord traversés par un ci-devant, forment l'intrigue de cette piece.

Les traits de vertu, de courage & de patriotisme, se multiplient avec tant de rapidité dans la république, que bien de personnes ont pu confondre le trait sublime de Barra avec celui de Viala, & de mille autres héros. II est intéressant de rectifier cette erreur. C'est en effet l'action de Joseph Barra que Levrier a retracée. On voit dans la lettre de Desmares à la convention, que les rebelles égorgerent le jeune Barra, parce qu'il cria toujours Vive la république ! Aussi le chirurgien-major dit-il, dans la piece de Levrier : « Un rebelle le saisit, le désarme, & le sabre sur la gorge, veut lui faire crier vive le roi. L'enfant, que dis-je ! le héros terrassé ne songe point à sa vie, mais à son honneur. Non, dit-il, non, scélérat, je mourrai ; mais du moins j'emporterai dans mon cœur la haine des rois : vive la république ! Alors ces monstres..... loin d'admirer son courage , l'ont percé de mille coups ! » Ainsi l'auteur de Joseph Barra a saisi le véritable trait qui a mérité à son héros les honneurs du panthéon : il est très-bien entré dans son sujet, ainsi que nous l'avons dit; & le rôle plaisant d'un vieux soldat blessé, rôle très-bien joué par Chenard, répand du comique sur un sujet qui a fait verser des larmes à plus d'un spectateur.

(Annonces & avis divers.)

La base César connaît 27 représentations de cette pièce de Léger, du 5 juin au 6 décembre 1794.

1 Le compte rendu de l'Apothéose du jeune Barra suit celui d'une autre pièce consacrée au même personnage, Joseph Barra, de Guillaume Lévrier de Champ-Rion, où l'on voyait Barra se montrant généreux avec sa famille. Elle a été jouée le même jour que l'Apothéose de Barra, le 5 juin 1794. Elle a été jouée 9 fois jusqu'au 4 novembre 1794.

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