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Les Akanças

Les Akanças, prologue mélo-dramatique en un acte et en prose, suivi des Espagnols dans la Floride, pantomime en 3 actes et à spectacle. Par J. G. A. Cuvelier. 12 thermidor an V [30 juillet 1797].

Théâtre de la Cité

Almanach des Muses 1798.

Sur la page de titre de la brochure, Paris, Barba, an v (1797) :

Les Akanças, prologue mélo-dramatique en un acte et en prose, suivi des Espagnols dans la Floride, pantomime en 3 actes et à spectacle. Par J. G. A. Cuvelier. Représenté l'an 3 sur le théâtre de la Cité, et remise le 12 Thermidor an 5.

Dans le Courrier des spectacles, n° 205 du 12 thermidor an 5 [30 juillet 1797], le spectacle n'est pas présenté comme une première représentation, et il est annoncé ainsi : « les Espagnols dans la Floride ; précédé des Akancas, prologue ».

Courrier des spectacles, n° 206 du 13 thermidor an 5 [31 juillet 1797] :

[Rien de précis sur le prologue : l'article ne parle guère que de la pantomime qu'il est censé introduire. Pour la pantomime, ce n'est pas une nouveauté : elle a été jouée en l'an 3 selon la brochure. L'essentiel de ce que le critique en retient porte sur le contenu anti-chrétien de la pièce, qui le choque beaucoup : la pièce est présentée comme une attaque contre le christianisme, puisqu'un ministre de l'Église se sert d'une croix pour tenter de tuer lâchement celui qui lui a pourtant laissé la vie sauve. De l'an 3 à l'an 5, on voit combien les mentalités ont évolué...]

Théâtre de la Cité.

La pantomime reprise hier à ce théâtre sous le titre des Espagnols dans la Floride, y avoit été donnée dans un temps où l'on cherchoit par tous les moyens possibles à détruire la religion. Rien de plus fait pour y réussir que de peindre ses ministres sous les plus horribles couleurs, c’est à quoi n’avoit pas manqué l’auteur de cette pièce, dont voici la fable.

Les Espagnols pénètrent dans le temple du soleil, au moment ou l’on y célèbre le mariage de la fille d’un Incas avec son amant. Un combat s’engage, et l’incas resté seul à se battre centre un moine, parvient à le désarmer ; celui-ci tire une croix pour demander grâce, et au moment où son généreux ennemi lui tourne le dos, il le perce d’un poignard renfermé dans le bâton de la croix. Ziloa, c’est le nom de la jeune fille, est prisonnière avec son amant. On les enferme dans le même lieu, mais leurs fers ne leur permettent pas de s’approcher. L'inquisiteur, c’est le moine en question, arrive et veut forcer les deux jeunes gens à embrasser sa religion. Leur refus est un arrêt de mort contre le jeune homme qui est condamné à être brûlé. La malheureuse Ziloa refuse également d’écouter l’amour du criminel moine. Tourmentée par une religieuse qui l'obsède ; elle apperçoit en faction un Espagnol à qui son amant a sauvé la vie ; celui-ci lui remet un pistolet avec lequel elle se fait donner par la religieuse les clefs de sa prison. On amène l’amant de Ziloa au supplice, au moment où i1 va périr on attaque les Espagnols, Ziloa et le même qui lui avoit donné le pistolet, courent délivrer le jeune homme, le moine est tué, et la Floride est affranchie.

Rien de plus pitoyable que le style du prologue, quand à la pantomime, elle présente des tableaux vrais et bien saisis ; niais nous ne pouvons trop nous élever contre les danger d’un parei1 ouvrage, présenter le ministre d’une religion, employant son symbole caractéristique pour obtenir sa grâce et pour percer celui qui vient de la lui accorder; c’est supposer bien gratuitement au crime abominable, c’est n’avoir d’autre but que d’avilir la religion dans la personne de ses ministres. Nous ignorons si l’auteur s’est beaucoup applaudi de ses succès, mais du moins peut-il se flatter d’avoir contribué à détruire notre religion, destruction dont la suite a été si heureuse.

L. P.          

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