La Bouquetière anglaise

La Bouquetière anglaise, comédie-anecdote en un acte, mêlée de vaudevilles, de M. Brazier, 11 mai 1815.

Théâtre du Vaudeville.

Sans doute avec la collaboration de Moreau de Commagny et Jean-Baptiste Dubois.

Titre :

Bouquetière anglaise (la)

Genre

comédie-anecdote mêlée de vaudevilles

Nombre d'actes :

1

Vers / prose ?

en prose, avec des couplets en vers

Musique :

vaudevilles

Date de création :

11 mai 1815

Théâtre :

Théâtre du Vaudeville

Auteur(s) des paroles :

Brazier, avec Moreau de Commagny et Jean-Baptiste Dubois.

Sur la page de titre de la brochure, à Paris, chez Mme. Masson, 1815 :

La Bouquetière anglaise, comédie-anecdote en un acte, en prose, mêlée de vaudevilles, Par M. Brasier, Représentée pour la première fois sur le théâtre du Vaudeville, le 11 mai 1815.

La brochure ne nomme que Brazier, mais les critiques des journaux lui prêtent des collaborateurs, qui pourraient bien être Moreau de Commagny et Jean-Baptiste Dubois (leur nom a été ajouté à la main sur l'exemplaire du British Museum présent dans Google Books).

Le Nain jaune, cinquième année, n° 367, 15 mai 1815, p. 181-182 :

[Le Nain jaune est un journal satirique, et on le constate facilement en lisant le compte rendu de la pièce : l’article s’ouvre par des considérations sur le changement, pas très positif à ses yeux, des théâtre de boulevard, dont la gaieté a disparu. Puis on en vient à la Bouquetière anglaise, dont le sujet aurait été volé à Bouilly (mais sans préciser la nature du vol : est-ce seulement à la « sensiblerie » de Bouilly qu’il est fait allusion ?). Le résumé de l’intrigue est suivi d’un jugement équilibré : si la pièce a « quelques idées ingénieuses et de jolis couplets » dans les scènes de l’intrigue sentimentale secondaire, elle manque de gaieté. Le public a suivi le conseil donné dans le couplet d'annonce, et il a fait preuve d’indulgence. Une surprise, on attendait trois auteurs, un seul a été nommé (un auteur véritable, et des collaborateurs ?). Pour les acteurs, tous ne sont pas loués, loin de là : « lourd, glacial » voilà des appréciations peu aimables, même si d’autres sont mieux traités.]

Vaudeville. — Un choriste de l'Opéra-Comique qui, à l'exemple de l'abbé Pellegrin,

Déjeune de l'église et soupe du théâtre ;

un homme enfin, qui, en sa double qualité de chantre à Saint-Roch et de coryphée à Feydeau, assiste quelquefois à un enterrement le matin et à un autre enterrement le soir, ne manque jamais de dire, quand l'hiver un peu rude promet aux médecins de nombreux malades : le vent est au requiem.

Les amateurs de spectacles, en observant depuis quelques jours l'horizon dramatique, ont dû se dire aussi : le vent est au drame.

Une petite servante fait pleurer tout Paris au théâtre de la Porte Saint-Martin ; une bouquetière anglaise a la prétention d'intéresser en sa faveur les habitués du Vaudeville ; et une laitière suisse veut faire fondre en larmes, aux Variétés, tous ceux que Brunet et Potier ont fait pâmer de rire. Cela doit faire plaisir à M. Martainville, obligé par état d'observer ces météores dramatiques, et qui s'est donné la peine de nous apprendre qu'il n'est plus gai. Nous avons vu un temps où les théâtres du boulevart lui fournissaient plus de quoi rire. Quantum mutatus ab illo !

Le sujet de la Bouquetière anglaise est un vol manifeste fait à M. Bouilly. Il n'y aurait certainement pas mis plus de sensiblerie; mais il y aurait peut-être mis encore moins d'esprit.

Une noce se prépare dans l'hôtel du lord Seymour : c'est celle de Sidney, son fils, et de Jenny, petite Anglaise qui ne veut épouser que son cousin Williams. Tout à coup le retour imprévu de Clara, nièce de Seymour, et qui avait suivi son père dans l'exil où il est mort, dérange les projets de mariage entre Williams et Jenny.

Clara, repoussée par son oncle, prend les habits d'une bouquetière, établit son magasin de fleurs vis-à-vis l'hôtel du fier milord, avec une inscription qui apprend à toute la ville de Londres que la nièce de lord Seymour n'est plus qu'une pauvre bouquetière. L'oncle se fâche d'abord ; mais la grâce de Clara, obtenue de la bonté du roi, par Saint-Évremont et madame de Mazarin, met fin à sa colère.

On a égayé ce petit fond sentimental par les amours de Williams et de Jenny, qui forment le projet de se tuer. Il y a quelques idées ingénieuses et de jolis couplets dans les scènes de ces petits amoureux à l'anglaise ; mais l'ouvrage manque de gaieté ; et quoiqu'on n'en exige pas beaucoup au théâtre de la rue de Chartres, encore en veut-on plus qu'on en trouve dans la Bouquetière anglaise.

Un fort joli couplet d'annonce, qui invitait le parterre à ne point commencer au Vaudeville les hostilités, avait disposé le public à l'indulgence. Il a conservé cette heureuse disposition pendant toute la pièce, dont il a voulu connaître l'auteur. Plusieurs journaux avaient annoncé d'avance que ce vaudeville était l'ouvrage de trois hommes d'esprit:  on a été bien étonné d'entendre nommer M. Brazier..... tout seul.

Le régisseur Saint-Léger n'est pas encore tout-à-fait aussi lourd dans le rôle de Saint-Evreuiont que dans celui de l'Attaignant. Le glacial Isambert ne chante pas mal quelques airs agréables, et madame Hervey remplit le personnage de Clara avec beaucoup de grâce et de sensibilité. Les deux petits Anglais sont bien joués par Guénée et mademoiselle Minette, qui serait charmante, si elle ne chantait pas comme chantaient nos pères. Hippolyte est assez plaisant dans le rôle d'un énorme jockey.

Magasin encyclopédique, ou journal des sciences, des lettres et des arts, 20e année, 1815, tome III, p. 164-165 :

[Le compte rendu s’ouvre par l’habituel résumé de l’intrigue, que suit une série de détails censés être drôles, mais dont le critique affirme qu’ils n’ont pas fait rire. L’intervention dans la pièce de personnages illustres paraît mal venue, et c'est d’ailleurs pour le critique l’occasion de défendre Saint-Evremond, réduit à n’être qu’un personnage sans consistance, et qu'il s'attache à réhabiliter : « Si c'est là sa morale, à coup sûr ce n'est pas son esprit ». On finit par le nom de l’auteur (mais on n’a pas celui de ses hypothétiques collaborateurs).]

THÉATRE DU VAUDEVILLE.

La Bouquetière anglaise, comédie-vaudeville en un acte, jouée le 11 Mai.

Lord Seymours, royaliste aussi ardent que son frère Sydney étoit républicain exalté, refuse de recevoir chez lui Clara, sa nièce, qui vient, dans son malheur, y chercher un asyle. Il lui offre cependant un sort agréable, si elle consent à en aller jouir en France ; mais Jenny ne veut pas quitter l'Angleterre ; et, après avoir inutilement essayé d'attendrir le cœur de son oncle, elle attaque son orgueil.

Elle établit précisément vis-à-vis de son hôtel une boutique de fleurs, et on lit sur l'enseigne : Clara, nièce de lord Seymours, bouquetière. Ce moyen lui réussit ; la honte et la vanité font ce que n'avoient pu le sentiment et le devoir ; mais la généreuse clémence du Roi, qui rend à Clara ses titres et ses biens, contribue aussi à changer les rigoureuses résolutions de Seymours. Il y a encore, dans la pièce, deux amans plus que naïfs, qui veulent se brûler la cervelle, parce qu'on prétend les séparer ; quelques mots de tendresse leur font tomber des mains les pistolets qu'enlève un énorme valet, grotesquement vêtu en jokey. On avoit sans doute compté que cette caricature produiroit un effet plaisant ; on s'est trompé comme dans celui qu'on attendoït de l'intervention du nom de la duchesse de Mazarin et de la personne de Saint-Evremond. Ce dernier n'est pas tout-à-fait représenté comme il devrait l'être. Les auteurs en ont fait un personnage jovial, un chanteur de flonflons. Ils lui font chanter un couplet dans lequel il dit :

D'une table ovale
Sortir assez rond,
Voilà la morale
De Saint-Evremond.

Si c'est là sa morale, à coup sûr ce n'est pas son esprit. La pièce a été écoutée avec patience. Elle n'a fait ni rire ni pleurer. On a nommé comme auteur M. BRAZIER, à qui on prête deux collaborateurs.

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