La Chambre à coucher, ou Une demi-heure de Richelieu

La Chambre à coucher, ou Une demi-heure de Richelieu, opéra-comique en un acte, paroles de M. *** [Scribe], musique de M. Guénée. 29 avril 1813.

Théâtre de l'Opéra-Comique.

Titre :

La Chambre à coucher, ou Une demi-heure de Richelieu

Genre

opéra-comique

Nombre d'actes :

1

Vers / prose ?

en prose, avec des couplets en vers

Musique :

oui

Date de création :

29 avril 1813

Théâtre :

Théâtre de l’Opéra Comique

Auteur(s) des paroles :

Eugène Scribe

Compositeur(s) :

Guénée

Almanach des Muses 1814.

Richelieu a fait le pari d'épouser Mlle de Guise dans une demi-heure ; il se cache dans sa chambre à coucher, et paraît à minuit, au moment où Mlle de Guise est seule. On conçoit le parti qu'une femme prudente peut prendre en un cas pareil, lorsqu'à l'amour se joint la crainte de se compromettre : elle épouse Richelieu.

Sujet un peu leste, mais dont l'auteur s'est tiré plus décemment qu'on ne l'eût espéré ; musique agréable ; du succès.

Sur la page de titre de la brochure,Paris, chez Barba, 1813 :

La Chambre à coucher, ou une demi-heure de Richelieu, opéra comique en un acte et en prose ; Paroles de M***, Musique de M. Guénée, Artiste de l'Académie Impériale, et de la musique particulière de l'Empereur. Représenté pour le première fois, sur le théâtre Impérial de l'Opéra-Comique, le 29 avril 1813.

Magasin encyclopédique, ou Journal des sciences, des lettres et des arts, année 1813, tome III, p. 169-170 :

[Le compte rendu signale sans trop insister que le duc de Richelieu remplace dans l’intrigue... Alcibiade, qui aurait réussi l’exploit signalé dans la pièce. Après le récit de l’intrigue, le jugement porte d’abord sur le caractère de Richelieu (même s’il n’est qu’un masque derrière lequel se cache Alcibiade). Son portrait n’est pas conforme à celui de « l'homme séduisant du siécle où il vécut », il est « plus impertinent qu'aimable, plus fat qu'homme de cour, plus extravagant qu'étourdi ». Jugement inégal sur les interprètes (ce qui est dit de Huet n’est pas si élogieux), jugement mitigé sur la musique (une œuvre de débutant...), pas de jugement sur l’auteur des paroles, resté anonyme.].

La Chambre à coucher, ou une demi-heure de Richelieu, opéra-comique en un acte,

C'est dans un ouvrage intitulé les quatre Ages d'Alcibiade, que l'auteur de la Chambre à coucher a déclaré avoir emprunté son sujet ; c'est donc Alcibiade qui, en une demi-heure de temps, épouse sa maîtresse Glycerion, mais l'auteur a transformé Alcibiade en Richelieu.

Le voilà installé dans la chambre à coucher de Madame de Guise ; cette aimable veuve lui cache vainement l'amour secret dont elle est éprise pour lui ; le duc pénétrant l'a devinée : aussi parie-t-il avec l'oncle de sa belle, qu'avant une demi-heure il aura obtenu d'elle un baiser qui lui confirmera le plus doux aveu : le pari est accepté, Richelieu renvoye son valet de chambre revêtu de son surtout ; il se cache dans un cabinet, Madame de Guise arrive pour se coucher, quelques tendres souvenirs la surprennent en ce moment ; une romance où se peint la situation de son ame, sert de signal à Richelieu pour paroître ; on conçoit les frayeurs de la Dame, sa colère, ses menaces ; mais que faire ? le duc, en sortant à cette heure, la compromet évidemment ; sautera-t-il par la croisée ? le trajet est hasardeux. Il finit par mettre trois conditions à sa retraite ; le baiser est la principale ; Madame de Guise troublée, éperdue, mais surtout impatientée, s'échappe à lui dire : « Mettrez-vous pour dernière condition que je vous apporterai moi-même ce baiser ? » Ce mot sert de dénouement. L'oncle qui écoutoit, montre en main, s'avoue vaincu : il unit les denx amans.

Dans cette pièce, Richelieu n'est pas tout-à-fait l'homme séduisant du siécle où il vécut ; il est souvent plus impertinent qu'aimable, plus fat qu'homme de cour, plus extravagant qu'étourdi : mais Huet le représente de son mieux ; il a quelques réparties spirituelles. Mademoiselle Regnault joue le rôle de Madame de Guise avec tout l'esprit et toute la grâce qu'on lui connoît, et chante ce rôle avec un goût exquis. Enfin M. GUÉNÉE a orné cet ouvrage des premiers accords de sa lyre ; son coup d'essai a été un succès.

L'auteur des paroles ne s'est point fait nommer.

D'après la France littéraire de J. M. Quérard, tome 8 (1836), p. 584, l'auteur des paroles est Eugène Scribe. Le Catalogue général des œuvres dramatiques et lyriques de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (Paris, 1867) les attribue également à Scribe.

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