Encore un Ballon, ou Florelle et Jactas

Encore un Ballon, ou Florelle et Jactas, amphigouri en un acte, en prose, et vaudeville, de Marc-Antoine Désaugiers, 4 thermidor an 9 [23 juillet 1801].

Théâtre du Vaudeville

[Attribution à Désaugiers dans The Parisian Stage: 1800-1815 de Charles Beaumont Wicks, où la pièce porte le numéro 878.]

Titre :

Encore un ballon, ou Florelle et Jactas

Genre

amphigouri en prose et vaudeville

Nombre d'actes :

1

Vers / prose ?

en prose, avec des couplets en vers

Musique :

vaudevilles

Date de création :

4 thermidor an 9 (23 juillet 1801)

Théâtre :

Théâtre du Vaudeville

Auteur(s) des paroles :

Désaugiers ?

Almanach des Muses 1802

Parodie d'Atala de Chateaubriand.

Autre parodie d'AtalaAh ! la ! la !

Ghislain de Diesbach, Chateaubriand : Paris, Perrin 1998 :

« Malgré la virulence des critiques, ou peut-être en raison de cette véhémence, Atala s'impose en cette année 1801 comme un des événements du jour, occupant non seulement les salons et les journaux mais les théâtres et la mode. Tout est placé sous le signe d'Atala. Dès le 2 juillet, le théâtre des Jeunes Artistes donne Le Vœu de Virginie ou le Solitaire du Canada, et le 24 juillet, le Vaudeville propose, lui, une parodie, Encore un ballon, ou Florelle et Jactas. Le 3 août, le théâtre des Variétés joue Ah ! là ! la !, « imitation champenoise d'un roman canadien », et l'année suivante, au théâtre de la Gaîté, on donnera Ima ou les Deux Mondes, autre parodie d'Atala. »

Courrier des spectacles, n° 1607 du 5 thermidor an 9 [24 juillet 1801], p. 2 :

[Le critique commence par souligner le manque de clarté de la pièce, qui a plongé le public dans la léthargie, jusqu'à la fin de la pièce où il s'est réveillé pour protester violemment. C'est en effet « une mauvaise parodie d'Atala », une suite de scènes interminables que le critique ne peut que résumer l'une après l'autre, transposant dans le parc de Saint-Cloud les amours exotiques d'un couple d'enfants qui s'est enfui de l'école. Un Arlequin venu du ciel emmène le jeune garçon chercher de la nourriture, tandis que la jeune fille revêt des vêtements masculins, ce que sa mère lui interdit formellement. Chacun des deux enfants obtient le pardon, et la série des couplets qui termine la pièce chante la paix. Les auteurs ont-ils été nommés ? Le critique pense que non, car ils étaient faiblement demandés, et plus abondamment sifflés (il est parti avant la fin de la « cérémonie » de la nomination des auteurs, qui a sans doute duré longtemps).]

Théâtre du Vaudeville.

La bonne idée qu’ont eue les auteurs d'Encore un Ballon, ou Florella et Jactas, en nommant leur pièce un emphigouri ! Car c’en étoit un véritable pour le public, qui endormi au commencement, se réveilla un peu vers le milieu, et à la fin fit éclater son mécontentement par les témoignages les moins équivoques. Bref, c’est une mauvaise parodie d’Atala Ce n’est pas que l’ouvrage n’offre de tems en tems des saillies heureuses, des allusions comiques, mais le tout est perdu dans une foule de riens, de minuties, dans des scènes d'une longueur... Pour en juger il suffit de les indiquer. Il n’y en a que six, sauf erreur.

Première scène. Jactas encore enfant, fuyant l'école, les pinsums [sic] et les férules, s’est sauvé dans le parc de St Cloud avec Fiorella, fille de son maître de pension. Il s’endort sous un arbre, elle s’y endort aussi. À leur réveil ils se couvrent de guirlandes de fleurs.

Deuxième scène. l’Aéronaute Arlequin, Juif-errant des nuages, grand Hermite des airs, descend dans un ballon : les deux enfans n’osent approcher ; il les prend pour des Canadiens ou des Lapons, au langage de Fiorella reconnoit qu’elle est française, mais à celui de Jactas, s’écrie qu’il est Lapon. Il demande à celui-ci s’il y a long-tems qu’il a mangé, et sur sa réponse affirmative, va chercher avec lui des provisions qu'il a jetées du haut des airs. Dans leur absence (troisième scène), Fiorella qui jusqu’alors, d’après la défense de sa mère, n’avoit pas voulu essayer d’habits d’homme, met ceux que lui a laissés Jactas, qui en revenant (quatrième scène) avec Arlequin, la voit ainsi déguisée s’élever tout-à-coup de terre avec le ballon.

Cinquième scène. Le maître de pension arrive et pardonne à Jactas, qui ne veut retourner chez lui qu’à cette condition.

Scène sixième. La mère de Fiorella, que la fuite de sa fille inquiète, accourt, et la voyant habillée en homme se fâche et crie. Mais le tout se termine par un pardon, et la pîece par des couplets sur la paix.

Nous ne croyons pas que les auteurs aient été nommés ; lorsque nous sommes sortis, peu de voix les demandaient, mais quelques sifflets aussi leur commandaient de ne point se faire connoitre.

F. J. B. P. G***           

Magasin encyclopédique, ou journal des sciences, des lettres et des arts, 7e année, 1801, tome II, p. 409-410 :

[Il s’agit d’abord d’expliquer l’insuccès de la pièce : sa nature parodique a échappé à tous, par méconnaissance d’Atala, qu’elle parodie, ou par ignorance du caractère parodique de la pièce. On a seulement applaudi «  quelques traits piquans et à plusieurs critiques assez adroites du roman nouveau », alors que le dénouement (qui n’est pas raconté) n’a pas été du goût du public. Le résumé de l’intrigue permet de qualifier, avec les auteurs d’ailleurs, la pièce d’amphigouri.]

THÉATRE DU VAUDEVILLE.

Encore un Ballon, ou Florella et Jactas.

On a joué cette pièce, sans succès, le 4 thermidor. La moitié du public ne connoissant pas le roman d'Atala, qui fait tant de bruit depuis quelque temps ; et l'autre moitié ne sachant pas que Florella et Jactas en étoit la parodie. La pièce n'a pas eu tout l'effet qu'on en attendoit. On a cependant applaudi à quelques traits piquans et à plusieurs critiques assez adroites du roman nouveau ; mais le dénouement pitoyable a excité les sifflets et les murmures. Voici tout le fond de l'ouvrage. Florella, petite fille de Saint-Cloud, et le petit Jactas, son bon ami, se sont sauvés dans le bois, le jour de la fête du Quatorze-Juillet. Arlequin, parti de Paris le même jour, en ballon, descend à Saint-Cloud, et se croit en Laponie ou au Canada. Pendant qu'il est allé avec le petit Jactas chercher des provisions, la jeune Florella, malgré le serment qu'elle en avoit fait à sa. mère, se déguise en homme dans la nacelle du ballon d'Arlequin. Le père de Jactas, son précepteur et la mère de Florella, qui cherchent depuis la veille, les deux petits fugitifs, les rencontrent enfin et leur promettent de les unir quand ils seront grands. Voilà à peu près l'analyse de cet amfigouri, comme les auteurs l'ont très- bien intitulé.                          T. D.

 

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