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Flaminius à Corinthe

Flaminius à Corinthe, opéra en un acte, de Lambert et Guilbert de Pixerécourt, musique de Nicolò Isouard et Kreutzer, 8 ventôse an 9 [27 février 1801].

Théâtre de la République et des Arts

Titre :

Flaminius à Corinthe

Genre

opéra

Nombre d'actes :

1

Vers ou prose ,

en vers

Musique :

oui

Date de création :

8 ventôse an 9 [27 février 1801]

Théâtre :

Théâtre de la République et des Arts

Auteur(s) des paroles :

Lambert et Pixérecourt

Compositeur(s) 

Nicolò Isouard et Kreutzer

Almanach des Muses 1802

Triomphe du consul romain libérateur de la Grèce.

Peu d'intérêt. Ouvrage de circonstance, qui n'a pas obtenu de succès.

Courrier des spectacles, n° 1461 du 9 ventôse an 9 [28 février 1801], p. 2 :

[Ce premier compte rendu manque d’enthousiasme : le sujet de l’opéra était très adapté aux circonstances, mais les auteurs n’ont pas su y lier une action à un trait historique qui se prêtait mal à sa mise en scène. La pièce a des qualités, son style, mais aussi quelques morceaux de musique, en particulier l’ouverture et le premier chœur. Mais la première représentation a été gâtée par le rhume dont a été victime le chanteur du rôle principal, qui a tenu à chanter malgré tout. Une dernière phrase annonce un autre article, mais aussi laisse planer un sérieux doute sur le mérite de l'œuvre qui « ne consiste pas uniquement dans une intention respectable à tant d’égards » (pas très rassurante, cette formule).]

Théâtre de la République et des Arts.

Flaminius, vainqueur des Macédoniens, et proclamant à Corinthe la liberté de la Grèce, que Philippe tenoit asservie, étoit pour la circonstance glorieuse où nous place la certitude de la paix, l’un des sujets les plus heureux à mettre sur la scène ; mais il devenoit extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, d’y nouer une action. Aussi n’a-t-on que foiblement goûté celle que les auteurs de Flaminius à Corinthe ont liée au trait historique qui, à son tour, souffre peut-être de cet incident.

Si quelque chose pallie ces inévitables défauts c’est une versification assez pure, un style correct et quelquefois orné, ce sont, aussi quelques bons morceaux de musique, notamment l’ouverture, qui abonde en idées riches et variées, dont les motifs presque tous marquants, reviennent avec facilité, et dont toutes les parties sont liées avec art, écrites avec chaleur et énergie, et le premier chœur, dont les effets sont conduits avec habileté.

Le succès de cet ouvrage auroit sans doute été moins foible, si le cit. Lainez, qui remplissoit le rôle de Flaminius, n’avoit été contraint par un rhume violent, de dissimuler sa voix au point d’ôter à son rôle tout le caractère convenable. Le zèle de cet acteur qui n’a pas voulu différer la représentation, n’en mérite que plus d’éloges.

Nous donnerons incessamment plus de détails de cet ouvrage, dont le mérite ne consiste pas uniquement dans une intention respectable à tant d’égards. B * * *

Les détails promis ne semblent pas être venus... L’opéra n’a, semble-t-il, été joué qu’une fois.

La Décade philosophique, littéraire et politique, an 9 de la République, IIme trimestre (Nivôse, Pluviôse, Ventôse), n° 17 (20 Ventôse), p. 492-493 :

Théâtre National des Arts.

Flaminius à Corinthe.

LE danger des faux pas, inclusivement réservés jusqu'alors aux danseuses et aux actrices de ce théâtre, semblait du moins ne pas atteindre les auteurs ; ceux de l'opéra de Flaminius n'ont pourtant pas pu l'éviter.

On se doutait d'avance que le Consul romain, libérateur de la Grèce, devait, sous son costume, avoir quelque rapport de physionomie avec un personnage moderne plus grand que lui, et, ce qui devait ramener l'intérêt sur Flaminius est précisément ce qui l'a détruit. Une comparaison est toujours froide et fausse quand l'objet comparé est au-dessous de l'objet présent. Il faut surtout quand on fonde son succès sur des allusions, qu'elles soient amenées avec art et piquantes de nouveauté ; sans cela leur effet est manqué.

La paix que nous a conquise le génie et le courage, est bien faite pour la trompette héroïque : mais il faut que ses chants s'élèvent au ton de grandeur des événemens et des caractères, et c'est par l'absence de majesté que l'opéra de Flaminius à Corinthe, pêche principalement. On doit convenir aussi qu'il est des modèles que l'imagination se représente si parfaits, qu'il est impossible à l'art d'ajouter à l'enthousiasme général. La beauté d'Hélène, les chants d'Orphée ou d'Apollon, le courage d'Achille, la gloire d'Alexandre et d'un autre encore, seront éternellement au-dessus du talent qui voudra les peindre.

La musique de Flaminius présente bien quelques beautés, mais pèche plus souvent par la couleur et par l'expression.

On a beaucoup applaudi dans l'ouvrage, à la représentation des quatre chevaux fameux, qui effectivement originaires de Corinthe , sont venus, grace à Bonaparte, décorer le Temple de Mars, ou plutôt l'hospice militaire de Paris, consacré par la reconnaissance à la vieillesse et aux honorables blessures de nos braves défenseurs.                   L. C.

Les quatre chevaux de Corinthe sont en fait les chevaux de Saint-Marc à Venise, pris par les Français et transportés à Paris en 1798. Leur origine corinthienne est une fantaisie des antiquisants du temps : en fait, ils ont été pris par les Vénitiens à Constantinople en 1204 et sont de facture romaine (pas avant le IIe siècle). Ils ont séjourné à Paris de 1798 à 1815, avant de regagner Venise. En 1800, ils sont disposés sur quatre piliers de la grille qui entoure la cour des Tuileries. En 1808, ils viendront couronner l'arc de triomphe du Carrousel édifié à la gloire des armées napoléoniennes par Percier et Fontaine.

Très beau dossier sur cette présence des chevaux de Venise à Paris sur le site de l’Histoire par l'image :

https://www.histoire-image.org/etudes/presence-chevaux-venise-paris-1798-1815

L’Esprit des journaux français et étrangers, trentième année, tome VIII, floréal an IX [mai 1801], p. 197-198 :

[Compte rendu qui ne dit pas grand chose (le résumé du sujet est minimaliste), sinon que la pièce permet de fréquentes allusions et applications au temps présent, et bien sûr avant tout à la carrière du premier consul. Il contient même une erreur factuelle, puisqu’il fait deux musiciens d’un seul (Nicolò Isouard).]

THÉATRE DES ARTS.

Flaminius à Corinthe.

La première représentation de Flaminius avoit attiré beaucoup de monde.

Titus Quintus Flaminius, jeune consul romain, est chargé de faire la guerre à Philippe, roi de Macédoine, qui a envahi une grande partie de la Grèce. Il le force à lui demander la paix, & ne la lui accorde qu'à condition qu'il rendra la liberté à la Grèce. Une petite intrigue d'amour, jointe à ce fonds un peu foible, fit tout le sujet de la pièce. Les allusions & les applications ont été vivement applaudies ; mais, en général, cet opéra n'a pas eu de succès.

Les paroles sont des CC. Lambert & Pixérecourt, & la musique des CC. Nicolo, Isoire & Kreutzer.

B. Babault, Annales dramatiques, ou Dictionnaire général des théâtres, tome 4 (1809), p. 124-125 :

[D'une pièce qui n'a connu qu'une représentation, les Annales dramatiques donnent un compte rendu réduit à un résumé de l'intrigue, sans oser porter un jugement, sans évoquer le lien possible entre Flaminius et un autre héros vainqueur...]

FLAMINIUS A CORINTHE, opéra en un acte, par MM. Guilbert Pixérécourt et Lambert, musique de MM. Kreutzer et Nicolo, à l'Opéra, 1800.

Chariclès, magistrat de Corinthe, a répandu l'allégresse dans tous les cœurs, en annonçant aux peuples allarmés que Flaminius, loin de vouloir les asservir, vient leur apporter la paix, et présider lui-même aux jeux Isthmiques. C'est dans ces jeux que Chariclès, au mépris de la promesse qu'il a faite à Anténor, héros que la Grèce et Flaminius admirent, déclare qu'Anaïs, sa fille, sera le prix du vainqueur : c'est envain que sa fille lui rappelle sa promesse ; il est sourd à ses prières ; il est insensible à ses larmes. Bientôt, Anténor lui-même arrive, et vient déplorer auprès d'Anaïs la fatalité du sort, qui l'a fait succomber sous les coups de Flaminius. Mais ce n'est pas-là le seul revers que le destin lui prépare ; Anaïs doit être le prix de la victoire ; et Anténor blessé ne peut disputer à ses rivaux la main de sa maîtresse. Ces deux amans vont donc être séparés ? Non, plutôt la mort ! Telle est leur résolution, tel est leur serment, quand Flaminius, précédé de ses troupes, des habitans de Corinthe, et des Grecs destinés à la célébration des jeux, paraît sur un char magnifique. Le peuple se prosterne aux pieds du héros: mais il s'empresse de le faire relever, en disant :

« Cet hommage n'est dû qu'à la Divinité ».

Il ne veut, ajoute-t-il, qu'assurer le bonheur du peuple et l'affranchir du joug odieux d'un monarque inhumain. Cependant les jeux vont commencer. Alors Chariclès rappelle sa promesse à sa fille, et la somme de l'accomplir : Anaïs ne peut s'y résoudre ; elle tombe aux genoux de son père, et Anténor lui-même vient se joindre à son amante, pour faire révoquer cette fatale promesse. Pour mieux le fléchir, il lui montre ses blessures : « accorde-moi, lui dit-il enfin, la main d'Anaïs ».

Ou plonge ce poignard dans le sein d'Anténor !

Anténor ! répète Flaminius ; et, surpris d'apprendre que l'amant d'Anaïs est ce jeune héros, dont l'audace et le courage ont fait trembler les aigles romaines, Flaminius prend sa défense : Chariclès lui accorde la main de sa fille, et le héros unit les deux amans. La pièce se termine par les jeux, que l'on célèbre en présence de Flaminius, qui pose une couronne sur la tête du vainqueur. Tel est le fonds de cet opéra ; la marche en est simple : et les fêtes et les jeux, qui en font l'ornement et le principal mérite, sont heureusement amenés.

 

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