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Fontenelle

Fontenelle, comédie anecdote en un acte et en prose, mêlée de vaudevilles, de Petit aîné [Petit d'Auterive] et Servières, 15 brumaire an 11 [6 novembre 1802].

Théâtre des Jeunes Artistes.

Sur la page de titre de la brochure, à Paris, chez Madame Masson, an 11, 1802 :

Fontenelle, comédie anecdote, en un acte et en prose, mêlée de vaudevilles, par Petit, aîné, et Servières. Représentée pour la prmeière fois, à Paris, le samedi 15 brumaire an XI de la République.

Dans l'exemplaire de cette brochure que possède la collection Marandet (Warwick Digital Collections), le texte de la pièce est précédé d'un court poème de Voltaire :

RÉPONSE A LA CRITIQUE.

L'abbé T ...... alors avait la rage
D'être à Paris un petit personnage ;
Au peu d'esprit que le bonhomme avait
L'esprit d'autrui par supplément servait ;
Il entassait adage sur adage ;
Il compilait, compilait, compilait ;
On le voyait sans cesse écrire, écrire,
Ce qu'il avait jadis entendu dire :
Il nous lassait, sans jamais se lasser.
Il me choisit pour l'aider à penser ;
Trois mois entiers ensemble nous pensâmes,
Lûmes beaucoup, et rien n'imaginâmes.

Voltaire. (Pauvre Diable).

Courrier des spectacles, n° 2071 du 16 brumaire an 11 [7 novembre 1802], p. 2 :

[Le début de l'article est significatif de l'irritation du critique devant une pièce nécessairement froide, puisque le personnage mis sur la scène n'est vraiment pas un homme d'action. Il n'y voit «  de jolis détails, [...] des couplets agréables » et juge habile le contraste entre « le caractère tranquille [du] héros » et « le caractère fougueux d’un jeune homme ». On y voit madame Geoffrin, et l'abbé Trublet, « sous le nom de Rolet », hélas tourné en ridicule (le critique s'offusque de ce traitement). L'intrigue est une étrange affaire de tentative de mariage entre une nièce de madame Geoffrin et Fontenelle, dont un neveu est le rival. Tout tourne mal pour Fontenelle : la nièce lui préfère son neveu, la pièce de madame Geoffrin qu'il a fait jouer sous son nom échoue, tout comme la candidature de Rolet à l'Académie. Mais Fontenelle le console en lui donnant « de la part du Ministre une abbaye ». Faute de place ou d'enthousiasme, le critique se contente de donner ensuite le nom des auteurs.]

Théâtre des Jeunes Artistes.

Première Représentation de Fontenelle.

Encore un grand homme en scène ! encore une pièce froide. Mais aussi comment pouvoir mettre d’une manière intéressante Fontenelle sur le théâtre ? ce n’étoit pas facile. Le savant auteur des Mondes, des Dialogues des Morts, etc., n’offroit que quelques traits bien foibles à saisir, et les auteurs de la pièce nouvelle ne les ont pas négligés. Ils ont sçu dumoins suppléer au défaut d’action par de jolis détails, par des couplets agréables, et ont fait ressortir le caractère tranquille de leur héros, en lui opposant le caractère fougueux d’un jeune homme. Ils ont aussi mis eu scène la célèbre madame Geoffrin et l’estimable abbé Trublet. Ce dernier, sous le nom de Rolet, est tourné en ridicule, et c’est avec regret que nous avons vu présenter sous un jour si défavorable un homme qui a rendu des services signalés à la littérature.

On le fait amoureux de la nièce de madame Geoffrin. Celle-ci lui a bien promis d’appuyer sa demande, sur-tout s’il lui garde le secret sur une pièce dont elle est l’auteur et qu’il fait jouer sous son nom. Charles, neveu de Fontenelle est son rival préféré, mais son caractère jaloux et impétueux le brouille souvent avec son amie, ce qui donne lieu à quelques scènes assez agréables. Enfin la nièce doit choisir ; elle se décide pour Charles ; Rolet est refusé à l’Académie, et pour comble de maux la pièce de madame Geoffrin a été sifflée. Fontenelle pour consoler Rolet, lui donne de la part du Ministre une abbaye avec neuf mille flancs de revenu.

Les auteurs de ce vaudeville sont les citoyens Servières et Petit.

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