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La Fausse mère ou Une faute de l'amour

La Fausse mère ou Une faute de l'amour, drame en cinq actes, imitation du théâtre anglais, de Cammaille Saint-Aubin et Destival de Braban, musique de Le Blanc,16 floréal an 6 [5 mai 1798].

Théâtre de l'Ambigu-Comique.

Sur la page de titre de la brochure, à Paris, chez Barba, an 6 :

La Fausse mère, ou Une faute de l'amour, drame en cinq actes, Mêlé de Chants, de Pantomimes, Combats, Imitation du théâtre anglais. Représenté, pour la première fois, sur le Théâtre de l'Ambigu-Comique, le 16 floréal, an VI. Paroles des CC. Camaille et Destival. Musique du C. le Blanc.

D'après la base César, La Fausse mère ou Une faute de l'amour est un drame en 5 actes et en prose. Les auteurs : Destival de Braban et Cammaille Saint-Aubun, musique de Bernardo Mengozzi. Créé le 19 mai 1795 au Théâtre Feydeau, il y a été joué 20 fois jusqu'au 26 août 1796. Il a été repris 21 fois au Théâtre de l'Ambigu-Comique, du 5 mai au 15 juin 1798.

Il semble qu'il y ait là confusion entre deux pièces :

  • Une faute par amour, comédie en un acte, de Jean-Baptiste Vial, musique de Mengozzi, dont la base César ne connaît qu'une représentation (le 27 floréal an 3 [16 mai 1795]), tandis qu'André Tissier, Les spectacles à Paris pendant la Révolution, tome 2, p. 106, connaît 15 représentations avant la date à laquelle ses recherches s'arrêtent, le 26 octobre 1795, date de fin de la Convention. La première de la pièce est bien du 27 floréal an 3 [16 mai 1795], d'après le Journal de Paris, n° 237 du 27 floréal an 3.

  • La Fausse mère ou Une faute de l'amour, drame en cinq actes et en prose, mêlée d'ariettes, dont la carrière commence le 16 floréal an 6 [5 mai 1798], la date donnée par la brochure.

Il n'est pas facile de suivre la carrière de la pièce de Camaille et de Destival, le Courrier des Spectacles étant absent de Retronews du 20 avril au 18 juin 1798, tandis que le Journal de Paris ne donne pas le programme des théâtres à ce moment.

Je ne connais pas de compte rendu de la pièce.

Edmond-Denis de Manne, C. Ménétrier, Galerie historique des comédiens de la troupe de Nicolet (Lyon, 1869), p. 262-263, note 2 :

[Non pas un compte rendu de la pièce, mais deux documents qui permettent d'apprécier la signification de la pièce aux yeux des contemporains. D'abord une lettre de Cammaille Saint-Aubin du 18 prairial, an 6 [6 juin 1798] concernant un incident au cours d'une représentation de la pièce, dont Cammaille conteste la réalité. Puis une lettre envoyée à Cammaille par leMinistre général de la police du 14 floréal an 6 [13 mai 1798], soit quelques jours auparavant, et qui fait à l'auteur plusieurs reproches, soit de pure administration, soit portant sur le contenu de la pièce.

Ce drame, qu'il composa avec son camarade Destival, donna lieu, de la part de Cammaille Saint-Aubin, à une réclamation qu'il adressa au Ministre général de la police, au sujet d'un canard répandu à profusion dans Paris, le lendemain, & par lequel on contait l'événement arrivé la veille à l'Ambigu-Comique, dans le cours de la représentation de cette pièce. – « Citoyen ministre, la sottise, on pourrait dire la malveillance, vient de publier un accident arrivé hier au soir au théâtre de l'Ambigu-Comique. On assure que, dans la représentation de la Fausse Mère, un figurant (*) m'a coupé le poignet ; qu'un éclat du sabre blessa un homme au parterre ; que son épouse, dans sa frayeur, se creva l'œil, & qu'enfin la poignée du sabre tua un homme dans les coulisses. Rien de plus faux que cet événement : hier, la représentation a été, comme à l'ordinaire, calme & sans malheur. Il y a quelques jours seulement, un éclat de sabre frappa un citoyen; mais il est resté dans la salle, & lui-même a dissipé les inquiétudes que l'administration avait pu concevoir au premier abord, avec trop de précipitation.

« Le public & vous, citoyen Ministre, soyez en garde contre l'animadversion qu'on veut jeter contre le théâtre où j'exerce mon art. Si vous voulez remarquer que l'imprimé ci-joint qui contient de pareilles faussetés, est le même qui parlait de l'événement du théâtre Lazary ; que cet imprimé amalgame au milieu de l'incendie, le prétendu malheur de l’Ambigu-Comique avec des détails politiques; c'est, en un mot, une ancienne planche non brisée, à laquelle on a ajouté un titre nouveau pour abuser, en le débitant, de la crédulité publique.

Je suis avec respect,

Citoyen Ministre,

N. CAMMAILLE          ,
l'un des auteurs de la Fausse Mère
& acteur de l'Ambigu          .

18 prairial, an vi (6 juin 1798.)          

(Archives générales de l'Empire.)          

Cammaille, dans cette lettre, garde le silence sur celle que, le 24 floréal précédent (13 mai), le Ministre avait adressée, à propos de la Fausse Mère, au directeur de l'Ambigu-Comique, & que voici :

« Je suis étonné, citoyen, que vous vous soyez permis de donner à la représentation de la nouvelle pièce, intitulée : la Fausse Mère, avant d'avoir retiré de mes bureaux le manuscrit que vous y aviez fait déposer. Je vous reprocherai, en outre, d'avoir annoncé cette pièce sous un titre différent de celui que porte le manuscrit. Je vous enjoins de la remettre sous le titre de : Une Faute de l'Amour ou la Piété filiale. Vous voudrez bien suspendre toute représentation de cette pièce, jusqu'à ce que l'auteur ait retranché l'horrible spectacle sur la scène d'une femme morte de faim & les bras dévorés par elle-même. »

(Archives générales de l'Empire.)          

(*) Il se nommait Théodore.

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