Le Faux frère, ou A trompeur trompeur et demi

Le faux Frère, ou A trompeur trompeur et demi, comédie-proverbe mêlée de vaudevilles, de Jouy et Théo Pein, 21 pluviôse an 8 [10 février 1800].

Théâtre Montansier-Variétés

Titre :

Faux Frère (le), ou A trompeur trompeur et demi

Genre

comédie-proverbe mêlée de vaudevilles

Nombre d'actes :

un acte

Vers / prose

en prose, avec des couplets en vers

Musique :

vaudevilles

Date de création :

21 pluviôse an 8 [10 février 1800]

Théâtre :

Théâtre Montansier-Variétés

Auteur(s) des paroles :

Jouy et Théo Pein

Almanach des Muses 1801

Sur la page de titre de la brochure, Paris, chez le Libraire au Théâtre du Vaudeville, an VIII :

Le faux Frère, ou A trompeur Trompeur et demi, comédie-proverbe, mêlée de vaudevilles, Par les citoyens Jouy et Théo Pein. Représentée, pour la première fois, sur le Théâtre Montancier [sic], le 22 pluviose, an 8.

Date légèrement inexacte sur la brochure : la première a eu lieu le 21 pluviôse.

Courrier des spectacles, n° 1074 du 22 pluviôse an 8 [11 février 1800], p. 2 :

[Le critique reconnaît un grand mérite à ce qu’il appelle une bluette : spirituelle, gaie, elle se démarque de bien des vaudevilles par l’absence de trivialités; de bassesses, et ses couplets sont jolis. Une pièce convenable donc, contrairement à tous les vaudevilles que le public a « marqué du sceau de la réprobation en raison de leur immoralité ». Il cite ensuite deux couplets chantés dans le vaudeville de fin. Il nous donne le nom d’un auteur, là où la brochure en donne deux.]

Théâtre Montansier.

Le Faux Frère, ou à Trompeur Trompeur et demi, dont la première représentation eut hier lieu à ce théâtre, y obtint un succès mérité. On y remarque de l’esprit, de la gaieté, des saillies sans trivialités, des naïvetés sans bassesses, et sur-tout de jolis couplets. Pourquoi faut-il qu’auprès de ces enfants avoués du Vaudeville il se soit trouvé de faux frères ! Le public, choqué de leur immoralité, les a marqués du sceau de la réprobation, et ils ne repaîtront sans doute plus. Nous nous réservons d’en donner demain une légère analyse. Qu’il nous suffise de citer deux couplets chantés, l’un par la citoyenne Mengozzy, et l’autre par le citoyen Brunet, qui y joue le rôle du faux frere.

C’est au citoyen Jouy que l’on doit cette bluette.

Vaudeville de la fin.

Marinette.

Chez l’Hymen, dit-on, chez l'Amour,
Une même origine brille ;
Il est vrai que le premier jour
On leur trouve un air de famille :
Mais après un mûr examen
L’illusion ne dure guère,
De l’aveu même de l’Hymen,
L’Amour n’est pour lui qu’un faux frère.

Blinval ou Gillot in (ivre).

Je me mets quelquefois en train,
Mais j’ai raison et je le prouve,
Car, messieurs, si j’aime le vin
C’est que la vérité s’y trouve :
Les vrais partisans du tonneau
Sont francs, joyeux, amis sincères,
Et, croyez moi, les buveurs d’eau
Ne sont jamais que de faux frères.

G.

Courrier des spectacles, n° 1075 du 23 pluviôse an 8 [12 février 1800], p. 2 :

[La courte analyse promise la veille. Un simple résumé d’une intrigue d’une pièce à tuteur voulant épouser sa pupille; qui préférerait visiblement son jeune cousin. La ruse employée par le tuteur pour tenter de la convaincre de se marier avec lui se retourne finalement contre lui, et c’est le bon mariage qui a lieu. Les tuteurs perdent souvent à la fin des vaudevilles. L’article s’achève sur deux couplets où on nous prie de reconnaître « la touche aimable d’un auteur du Vaudeville ».]

Théâtre Montansier.

Voici l’analyse de la pièce donnée avant-hier sur ce théâtre, sous le titre du Faux Frère , ou : A trompeur trompeur et demi.

Amalie Blinval a perdu son père et son frère, morts dans un naufrage au Cap Français, et Dormond, son tuteur, afin de la détourner de son amour pour le jeune Sainville, son cousin, ressuscite le frère d’Amalie, et il confie ce rôle à Gillotin, imbécille venu naguères de Bourges. Le faux Blinval se dit porteur des volontés d’un père, et Amalie consent enfin à renoncer à son amour et à épouser Dormond. Marinette, sa suivante, a sçu tellement tromper et Sainville et son valet Lespérance, qu’ils croyent aussi à la résurrection du jeune Blinval : mais le ton grossier de celui-ci et le refus qu’il fait d’accepter un cartel que lui propose Sainville, éveillent les soupçons de Lespérance : il interroge, le faux Blinval se coupe dans ses réponses ; c’est un fripon, la frayeur lui fait demander pardon à Lespérance, qui l’emmène au cabaret, et qui ayant tiré de lui tous les éclaircissemens nécessaires, s’habille en marin, et en qualité de père d’Amalie, vient avec un notaire faire signer adroitement à Dormond un contrat de mariage entre Sainville et son amante.

On reconnoitra dans les deux couplets suivans la touche aimable d’un auteur du Vaudeville.

Dormond.

Air : Qu'on soit Jaloux.

Qu'on attende dans la jeunesse,
C'est fort bien fait , on a le tems,
Mais quand on touche à la vieillesse,
Il faut compter tous les instans.
Un vieillard doit, quand il est sage,
Saisir l’espoir le plus prochain :
Le jour du plaisir, à notre âge,
Souvent n’a pas de lendemain :

Marinette.

Air : Vous êtes le fanal céleste.

De l’amour l’active existence
A besoin de crainte et d’espoir :
C’est au sein de la résistance
Qu’il acquiert un si grand pouvoir.
Alors il produit des miracles ;
L’enfant devient un Dieu puissant,
Mais ne trouve-t-il plus d’obstacles,
Ce Dieu n’est plus qu’un foible enfant.

G.

Magasin encyclopédique, ou journal des sciences, des lettres et des arts, 6e année, 1800, tome III, p. 561 (simple annonce de la publication de la brochure).

Porte-feuille français Pour l'An IX (1801), deuxième année, p. 256 :

Le faux Frère, ou à Trompeur, Trompeur et demi, vaudeville en un acte, de Jouy, représenté le 21 Pluviôse.

De l'esprit, de la gaîté, et sur-tout de jolis couplets, mais un peu libres.... – Succès.

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