Les Femmes

Les Femmes, comédie en vers, en quatre, puis trois actes, de Demoustier, 19 avril 1793.

Théâtre de la nation.

Titre :

Femmes (les)

Genre

comédie

Nombre d'actes :

4, puis 3 actes

Vers / prose ?

en vers

Musique :

non

Date de création :

19 avril 1793

Théâtre :

Théâtre de la Nation

Auteur(s) des paroles :

Dumoustier

Sur la page de titre de la brochure, à Paris, chez Maradan, l’an troisième :

Les Femmes, comédie en trois actes et en vers, Représentée pour la première fois sur le Théâtre de la Nation, le 19 Avril 1793. Par C. A. Demoustier.

L’Esprit des journaux français et étrangers, 1793, volume 6 (juin 1793), p. 302-304 :

[Jugement sévère sur une pièce jugée invraisemblable (des femmes seules ne peuvent recueillir un homme) : « guere de vraisemblance, guere de fond, guere d'action ; mais une foule de détails excessivement spirituels », et cette richesse des détails est un défaut : le public ne dit pas de ce qu’il entend que c’est vrai, mais que c’est joli. Conclusion : « rien ne ressemble moins à une comédie, que cette comédie. » comédie (dont on sait qu’elle castigat ridendo mores... Le dernier paragraphe décrit l’auteur comme un homme plein d’esprit et de talent, mais qui veut trop montrer cet esprit, au point de détruire toute illusion et d’être d’une affectation « monotone & fatigante ».]

THÉATRE DE LA NATION.

Les Femmes, comédie en vers.

La premiere représentation de cette piece avoit éprouvé quelques improbations. La piece étoit alors en quatre actes, & l'on y trouvoit du vide & des longueurs : réduite en trois actes, elle a parfaitement réussi. Voici comme l'auteur a traité ce sujet, qui paroìt si riche.

Un jeune capitaine se trouve, on ne sait trop pourquoi ni comment, seul homme dans une maison de campagne près de Paris, laquelle est habitée par sept femmes. On dit que malade & tombant de foiblesse dans un bois, il a été accueilli, conduit dans la maison, & soigné à l'envi par ces dames. II faut convenir que dans les mœurs d'aucun pays, cette hospitalité féminine, envers un inconnu, n'est vraisemblable.

Le jeune homme ne peut pas moins faire pour ses bienfaitrices, que de les aimer toutes, jusqu'à la grand'mere ; & toutes l'aiment. De-là de petites gentillesses, de petits madrigaux, de petites jalousies, de petites médisances. Un oncle du jeune homme vient le chercher dans sa retraite, pour l'en faire sortir & l'envoyer à l'armée où il devoit être : cet oncle est, comme on disoit, un aimable roué ; il a été l'amant de plusieurs de ces dames, & entr'autres la premiere inclination de la maîtresse de la maison. Celle-ci, qui ne l'a pas vu depuis longues années, qui s'est mariée depuis leur liaison, qui a une grande fille de 17 ans, s'avise tout d'un coup de r'aimer son cher Lisidor ; & lui, à son tour, se reprend de passion pour elle. Il a perdu tout son bien au jeu, & son état par une disgrace ; mais tout cela n'embarrasse pas son amante, très-habile femme ; elle ne fait qu'un tour à Paris, & elle rapporte les quittances des créanciers qu'elle a payés, & un nouveau brevet qu'elle a obtenu du ministre ; elle rend son cœur à Lisidor qu'elle veut bien aimer, mais épouser non ; car elle a de l'expérience, & elle marie sa fille au jeune neveu.

II n'y a dans cette pìece guere de vraisemblance, guere de fond, guere d'action ; mais une foule de détails excessivement spirituels la soutiennent ; à tout moment, les spectateurs s'écrient : Ah, que cela est joli ! Ah, que cela est bien écrit ! Mais on n'y entendra jamais dire : Ah, que cela est vrai ! Ah, que cela est plaisant ! Aussi rien ne ressemble moins à une comédie, que cette comédie.

Elle est de Dumoustier, déjà connu par des ouvrages agréables, dans lesquels il y a, comme dans les Femmes, beaucoup de facilité & de talent; mais toujours un luxe d'esprit, une affectation d'en montrer, qui détruit toute illusion & finit par être monotone & fatigante.

D’après la base César, la première a eu lieu le 19 avril 1793. Il y a eu 16 représentations jusqu'au 6 juillet 1793. La pièce a ensuite été reprise, au théâtre Feydeau, à partir du 22 avril 1795, pour 3 représentations (jusqu'au 19 août 1795), puis 8 représentations en 1796, 9 représentations en 1797 et 5 en 1798. Enfin, il y a eu 3 représentations en 1798 au Théâtre français de la rue de Richelieu.

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