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L'Hermite de Saverne

L'Hermite de Saverne, mélodrame en trois actes, de Dumaniant et du G.al Thuring ; musique d'Alexandre Piccinni fils ; divertissement d'Aumer, 27 prairial an 11 [16 juin 1803].

Théâtre de la Porte Saint-Martin.

Sur la page de titre de la brochure, la pièce est décrite comme un « tableau en mélodrame des mœurs du XIV.me siècle ».

Almanach des Muses 1804

Sur la page de titre de la brochure, Paris, chez Dondey-Dupré, an XI – 1803 :

L'Hermite de Saverne, tableau en mélodrame des mœurs du XIV.me siècle, en trois actes, en prose, Représenté pour la première fois, sur le Théâtre de la Porte-St.-Martin, le 27 prairial an XI ; Par MM. Dumaniant et le G.al Thuring ; Musique de M. Alexandre Piccinni fils ; Divertissement de M. Aumer, Artiste de l'Opéra.

La liste des personnages est précédée d'un avant-propos :

La donnée principale de ce Mélodrame est empruntée d'une pièce allemande (Jeanne de Montfaucon), dont Kotzebue est l'Auteur. Il paroît en faire un très-grand cas ; mais il s'est si fort éloigné de ce que nous appelons les règles du théâtre, que, pour traiter ce sujet d'après lui, il a fallu créer une intrigue, des incidens et des caractères nouveaux. Ceux à qui la littérature allemande est familière, reconnoîtront facilement la source où l'on a puisé pour composer l'Hermite de Saverne, et l'on n'a jamais eu le projet de n'en pas convenir.

Courrier des spectacles, n° 2294 du 28 prairial an 11 [17 juin 1803], p. 2-3 :

[L’article s’ouvre directement par le résumé de l’intrigue, une histoire d’une assez grande complexité, avec tous les rebondissements attendus dans un mélodrame : personnage qu’on croit mort, mais qui se déguise en ermite avant de tenter de reprendre ce dont il a été privé, traître, déguisements, batailles, avant bien sûr qu’au dernier moment, et de façon inattendue, le bien triomphe, ceux que le traître veut tuer soient libérés, et que chacun retrouve sa juste place (le mélodrame est au service de l’ordre social, finalement : le souverain légitime retrouve son bien et peut récompenser ceux qui l’ont servi de façon désintéressée). Bilan : la pièce a réussi, malgré une intrigue « embarassée » et un trop grand nombre de « personnages principaux », ce qui divise l’intérêt. Un « caractère neuf », celui du mercenaire fidèle à celui qu’il sert. Les interprètes individuellement sont bien traités, mais « un peu plus d’ensemble entre les acteurs n’auroit pas nui à la représentation » (comprendre : les acteurs jouent sans aucun ensemble !). Si l’acte II est plein d’intérêt (au sens que ce mot a dans le vocabulaire du théâtre du temps), les deux autres comportent des longueurs nuisibles au succès de la pièce. Les auteurs sont nommés.]

Théâtre de la Porte St-Martin.

Première Représentation de l’Hermite de Saverne.

Frédéric s’est emparé de Saverne avec le secours du chevalier Ramberg qui croit avoir fait tomber le Comte sous ses coups ; mais ce Prince est parvenu à s’échapper, et ce n’est qu’après avoir couru les plus grands dangers, qu’il revient dans son héritage. Un déguisement grossier, une barbe vénérable, l’empèchent d’être reconnu. Il ne se fait remarquer que sous le nom du bon Hermite. Cependant Frédéric a cessé de vivre, et Léopold son fils gouverne l’état usurpé par son père. Un rival vient le lui disputer : c’est Lazara jadis amant de Béatrix, que la victoire mit entre les bras de Léopold. Lazara est plus proche parent du Comte de Saverne, que Léopold, et comme il aime toujours Béatrix, il a fait annuller son mariage par les Barons de l’Empire. Il s’est associé dans ses projets de vengeance le fameux Ramberg qui a aussi ses desseins secrets, car il sait que l’héritière de Saverne existe sous le nom d’Agathe, et il se propose en l’épousant de se rendre maître de cet immense héritage, dont il consent néanmoins à laisser une partie à Lazara. La haine que l’Hermite porte à Léopold, l’engage à unir ses intérêts à ceux de Lazara et de Ramberg ; mais, mandé par Léopold , il trouve dans ce Prince tant de générosité, un désir si sincère de réparer les torts de Frédéric, qu’il abjure tout son ressentiment, et qu’il forme le dessein d’arracher Léopold et sa famille à la fureur de Lazara. Mais avant qu’il puisse réussir le château est attaqué ; Léopold environné d’ennemis est traîné en prison. Lazara déclare alors à Béatrix la passion qu’il ressent pour elle. Repoussé par cette femme fidele, confondu par les réponses du jeune Ulric, fils de Léopold ; il les remet à la garde de Ramberg en jurant que l’époux de Béatrix et son fils recevront bientôt la mort, si elle ne consent pas à son divorce avec Léopold. Cependant l’Hermite a appris avec indignation les projets de Ramberg sur Agathe, il a vu aussi Béatrix qui d’abord l’a cru son ennemi, il l’a désabusée, et il a concerté avec elle les moyens de la sauver.

Lazara et Ramberg se préparent à repousser les attaques de ce nouvel ennemi ; Ramberg laissant Lazara renfermé dans Saverne, fait une sortie, et rencontre Raymond, guerrier qui est venu au secours du comte de Saverne, et qui est aimé d’Agathe ; il rappelle à Ramberg la reconnoissanc qu’il lui a vouée pour lui avoir sauvé la vie, et la promesse qu’il lui a faite de lui accorder tout ce qui dépendrait de lui. Raymond demande que Ramberg fasse mettre Léopold en liberté ; le Chevalier le lui promet ; il retourne au château, mais Lazara lui en fait refuser l’entrée.

Furieux, il fait donner l’assaut ; Lazara paroît sur le rempart, et en y faisant conduire ses prisonniers Léopold, UIric et Agathe, il déclare qu’il va les faire périr à l’instant si Béatrix ne veut point signer l'acte de son divorce. Béatrix consent à ce cruel sacrifice ; elle est sur le point de signer, lorsque Raymond pénètre sur la plate forme et délivre les prisonniers. Le Comte reprend son héritage, mais il veut le partager avec Léopold ; il donne à Ramberg un poste digne de son courage, et Raymond épouse l’héritière de Saverne.

Tel est le fonds de ce mélodrame qui a réussi. L’intrigue en a paru ernbarassée. Il y a trop de personnages principaux qui divisent et par conséquent affoiblissent l’intérêt. On y a remarqué un caractère neuf, celui de Ramberg, soldat mercenaire mais brave et servant bien le parti qu’il a embrassé. Ce caractère est assez bien saisi par M Revalard.

Madame Pelletier et M. Dugrand ont été applaudis dans leurs rôles. Un peu plus d’ensemble entre les acteurs n’auroit pas nui à la représentation. Le second acte ne manque pas d’intérêt. Les deux autres offrent du spectacle, et quelques coupures y sont nécessaires pour le succès des autres représentations. Les auteurs sont MM. Dumaniant et Thuring ; celui de la musique est M. Alexandre Piccini.

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