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L'Intendant

L'Intendant, comédie en deux actes mêlée de vaudevilles, du citoyen Desfontaines, 8 nivôse an 6 [28 décembre 1797].

Théâtre du Vaudeville

Titre :

Intendant (l’)

Genre

comédie mêlée de vaudevilles

Nombre d'actes :

2

Vers ou prose ,

en prose, avec des couplets en vers

Musique :

vaudevilles

Date de création :

8 nivôse an 6 [28 décembre 1797]

Théâtre :

Théâtre du Vaudeville

Auteur(s) des paroles :

Desfontaines

L’anecdote selon laquelle l’Intendant serait tombé le lendemain de la chute du Cabriolet jaune de Ségur ne tient pas, à cause de la date (première le 16 brumaire an VIII – 17 novembre 1799).

Almanach des Muses 1799.

Un jeune homme se ruine en l'absence de son père, qu'il n'a pas vu depuis vingt ans, et songe pourtant à se marier. Le père a reparu, et pour connaître la situation de son fils, se présente chez lui comme intendant. le jeune homme donne une fête à sa maîtresse, des huissiers viennent la troubler. Il leur propose d'y prendre part, les huissiers acceptent. Mais une querelle s'engage, et ceux-ci vont remplir leur ministère lorsque le père se fait connaître, paie pour son fils et consent à son mariage.

Pièce qui rappelle un peu le fonds des Dettes. Succès qui n'a été contesté qu'à la première représentation.

Courrier des spectacles, n° 311 du 9 nivôse an 6 [29 décembre 1797], p. 2 :

[Compte rendu d’un échec tranquille : l’analyse déroule paisiblement une intrigue sans une once d’originalité (encore un père qui revient des Isles et trouve un fils dissipé, mais qui a un cœur, qui a aussi des dettes et une maîtresse charmante : il paie les dettes et marie son fils). Conclusion : les couplets et « une assez jolie scène » ne peuvent faire oublier que la pièce est « sans intrigue, sans action, sans intérêt, et rempli de froid et de longueurs ». Beaucoup de défauts (on ajoute encore « fort peu de gaîté » et le peu de conformité des couplets avec ce qu’on attend au Vaudeville) qui font que l’auteur n’a pas été demandé.]

Théâtre du Vaudeville.

On a donné hier à ce théâtre une comédie sous le titre de l’Intendant ; elle n'a eu qu’un succès très-médiocre ; en voici l’analyse :

Fonrose, pendant l’absence de son père qu’il n’a point vu depuis son bas âge, a mené une vie un peu déréglée, et fait quelques dettes qu’il est hors d’état de pouvoir payer. Fonrose père est de retour des Isles, et ayant appris que son fils est très-dissipé, et qu'il a besoin d’un intendant, il se fait recevoir chez lui en cette qualité, afin de s’assurer si son cœur est aussi léger que son esprit. Fonrose voit avec plaisir que son fils n’est qu’étourdi, et que son cœur est toujours resté vertueux. Il en est encore bien plus convaincu, par un entretien qu’il a avec la maitresse de son fils ; le caractère de Julie séduit Fonrose, et lui fait desirer que son fils forme cette union. Cependant un huissier arrive avec des recors, et présente à Fonrose une obligation de mille écus, payables à l’instant même. Fonrose ne pouvant les lui payer, 1’huissier le menace de la prison. Fonrose père se fait reconnoitre, paye la somme demandée, et unit son fils à Julie.

Quelques couplets, une assez jolie scène entre le père et le fils, et deux caricatures plaisantes, ne pourront sauver de la médiocrité cet ouvrage sans intrigue, sans action, sans intérêt, et rempli de froid et de longueurs. Il y a fort peu de gaîté et peu de couplets analogues au genre du Vaudeville. L’auteur n’a pas été demandé.

Courrier des spectacles, n° 317 du 15 nivôse an 6 [4 janvier 1798], p. 2 :

[Pour confirmer son propre jugement, le Courrier des spectacles propose deux extraits de comptes rendus venant d’autres journaux, et qui dressent eux aussi un bilan peu flatteur de la pièce.]

Théâtre du Vaudeville.

L’Intendant, comédie donnée à ce théâtre le 8 de ce mois, a été analysée le lendemain dans le n. 311 de ce journal. Voici ce qu’en ont dit le journal de Paris et le journal d’Indication.

Journal de Paris, du 10 nivôse.

La première représentation de l’Intendant, n’a pas eu un succès marqué ; mais le cadre agréable et plusieurs situations comiques la relèveront peut-être aux représentations suivantes. Alors seulement nous eu donnerons les détails. Le public a indiqué à l’auteur, qui n’a pas été demandé, les coupures nécessaires. L’admission d’un intendant chez un jeune homme abandonné déjà par tous ses domestiques faute de paiement, est plus difficile, ainsi que le consentement libre d’une fille sensée, à son mariage avec un étourdi perdu de dette. Cependant dans ce genre de pièces, un couplet heureux peut lier en quelque sorte ces faits contradictoires, mais il nous paroît nécessaire de les amener autrement.

Journal d’Indication , du 9 nivôse.

Analyse de la pièce. Tel est le sujet de l’Intendant, pièce en deux actes , donnée avant-hier sur ce théâtre. Malgré le peu d’intérêt, de comique et de vraisemblance du sujet, le public a écouté tranquillement, grâces à quelques intentions de gaieté, et dans l’espoir d’entendre toujours quelques jolis couplets ; mais la pièce finissant, sans en trouver un seul saillant ou comique, quelques murmures et sifflets se sont fait entendre. L’auteur n’a été ni demandé ni nommé.

L’Esprit des journaux français et étrangers, 1798 (vingt-septième année), tome II (février 1798, pluviôse, an VI), p. 199-201 :

[Le compte rendu commence par gémir sur la baisse de niveau du vaudeville, dont cette pièce est un bon exemple, l’accueil du public ayant été assez mitigé. Le résumé de l’intrigue permet de classer la pièce dans la longue série des pièces où un père parti depuis vingt ans revient pour arranger les affaires de son fils et lui permettre de se marier. La pièce n’est pas originale (elle est comparée aux Dettes), et exploite une situation riche en éléments comiques. En particulier, elle offre de nombreuses oppositions, qui offraient de nombreux moyens comiques (« tableaux piquans et couplets ingénieux »). Mais l’auteur n’en a pas tiré tout ce qu’il aurait pu en faire. Et le public est devenu plus exigeant dans ce domaine. Heureusement, les représentations qui ont suivi la première sont mieux accueillies. Quant à l’auteur, il est désigné de façon énigmatique.]

THÉATRE DU VAUDEVILLE.

L'Intendant.

Plus les nouveautés se succèdent dans ce genre, plus la carrière se retrécit, le cercle en étant plus borné ; alors le public plus facilement blasé se montre plus sévère ; alors aussi doit redoubler le travail de celui qui s'y consacre.

La pièce de l'Intendant en fournit une preuve. La première représentation en a été assez froidement accueillie ; il s'est même manifesté quelques signes de mécontentement. Voici le sujet de l'ouvrage :

Un jeune dissipateur se trouve accablé de dettes & tourmenté par les huissiers : sa légéreté, son insouciante gaieté, l'empêchent d'attacher une grande importance à sa situation, parce qu'il compte sur la fortune de son père, absent depuis vingt ans ; il songe même à se marier : son père, qu'il ne reconnoît point, arrive heureusement pour lui. Afin de se mettre mieux au fait de ce qui se passe, il se présente chez son fils pour lui servir d intendant, il ne tarde pas à être instruit & de la position malheureuse de ses affaires, & de ses projets ; mais comme il découvre dans le jeune homme un fonds de sensibilité vraie & de piété filiale ; comme la future de son fils lui fait voir aussi une raison capable de ramener une jeune tête à des principes de conduite moins légers, il commence à se rassurer. Bientôt cependant les huissiers viennent troubler une fête assez splendide que le jeune homme donne à sa maîtresse : celui-ci, par un expédient fort gai, propose à ces tristes troubles-fêtes, de la partager au lieu de l’interrompre, & parvient à les y engager ; mais une mauvaise humeur assez déplacée du père de Julie contre ces huissiers, que le jeune homme avoit fait revêtir de ses habits de livrée; & qui, par ce moyen, passoient pour ses domestiques, change tout à coup le lieu des plaisirs en lieu des douleurs ; la risible dignité de ces messieurs se croyant compromise, ils reprennent leurs fonctions, & veulent exécuter sur le champ la sentence de prise de corps dont ils sont chargés ; c’est alors que le père se fait connoître, paye pour son fils, consent à son mariage, & ramène la gaieté.

Malgré la ressemblance de ce fonds avec celui des Dettes, il est aisé de voir qu’il s’y trouvoit des idées assez heureuses en comédie, surtout pour le vaudeville. La situation du jeune homme avec son père, l’opposition des violons avec des huissiers, & d’une fête avec uen sentence d’emprisonnement, sembloient promettre des tableaux piquans & des couplets ingénieux ; peut-être l’auteur n’a-t-il pas donné à son cannevas les vrais développemens dont il étoit susceptible ; peut-être aussi a-t-il un peu trop économisé les détails spirituels, seul aliment des pièces en vaudevilles, & sur lesquels le public devient & plus exigeant & plus difficile, parce qu’on l’a depuis quelque temps accoutumé à trouver, à ce théâtre, ce qu'on peut appeler véritablement un grenier à sel.

Quoi qu'il en soit, les représentations qui ont suivi la première ont été mieux goûtées, & l’auteur est un de ceux qui ont souvent coopéré, avec nos modernes chansonniers, au succès des ouvrages qu'on voit avec tant de plaisir à ce théâtre.

D'après la base César, une pièce d'auteur inconnu portant ce titre a été joué au Vaudeville en 1798-1799 : 19 représentations du 1er janvier 1798 au 28 octobre 1799. L’examen du Courrier des spectacles montre en faut que la pièce a été créée le 8 nivôse an 6 [28 décembre 1797], que la deuxième représentation a été donnée le 10 nivôse [30 décembre], et que la représentation du 1er janvier 1798 était en fait la troisième.

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