Jean La Fontaine (Jacquelin, 1799)

Jean La Fontaine, comédie anecdotique en un acte et en prose, mêlée de vaudevilles, de J.-A. Jacquelin, 2 vendémiaire an 7 [23 septembre 1798].

Théâtre des Jeunes Artistes.

Sur la page de titre de la brochure, à Paris, chez Jacquelin et Jourdain, ventôse an 7 :

Jean La Fontaine, comédie anecdotique, en un acte et en prose, Mêlée de Vaudevilles. Par J. A. Jacquelin. Représentée, pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre des Jeunes Artistes, le 2 Vendémiaire de l'an VII.

La liste des personnages est suivie de la présentation du décor. Et une ,préface en vers précède ensuite le traditionnel couplet d'annonce.

PERSONNAGES.

ARTISTES.

JEAN LA FONTAINE, fameux Poëte du siècle de Louis XIV.

Delorge.

LA FONTAINE fils, Cornette de Dragons.

Jolivet.

POIGNAN, vieux capitaine de Dragons.

Rivoille.

JASMIN, Domestique de Jean la Fontaine.

Armand.

BOILEAU DESPRÉAUX, Poëte satyrique du même siècle.

Delpech.

BOYER, mauvais Poëte du même tems.

Duprin.

HERVARD, Conseiller au Parlement, ami de Jean la Fontaine.

Huet.

Le Théâtre représente une chambre dite de Molière. A droite, un secrétaire sur lequel sont rangés confusément plusieurs papiers. A gauche, une cheminée ; au fond, un portrait caché par un rideau.

Costumes à la Louis XIV.

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PRÉFACE.

Air : du vaudeville d'Abuzar.

Quelqu'un va dire : c'est bien froid ;
Voir Boileau près de la Fontaine !
Ce Calembourg, de bonne-foi,
Ne saurait me causer de peine.
Ce qui, pour moi, sera piquant,
C'est en Public si l'on répète :
La Fontaine vient récemment
De faire parler une bête.....                 (
bis.)

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ANNONCE.

On va vous donner une première Représentation de Jean la Fontaine.... Jean ! dira-t-on ?

AIR : du vaudeville d'Arlequin afficheur.

Quoique ce nom ne soit pas beau,
Des Jeans fameux grande est la liste ;
Nous avons
Jean-Jacques Rousseau,
Nous avons Rousseau
Jean-Baptiste,
Regnard, Molière, sont des
Jeans
Toujours applaudis sur la Scène,
Applaudissez aussi long-tems
      Notre
Jean la Fontaine.

A défaut de l'annonce de la première de la pièce (le Courrier des spectacles du 2 vendémiaire an 7 [23 septembre 1798] ne donne pas ce jour-là le programme du Théâtre des Jeunes Artistes), le Courrier des spectacles du 4 vendémiaire [25 septembre] signale la seconde représentation et en fait le compte rendu.

Courrier des spectacles, n° 581 du 4 vendémiaire an 7 [25 septembre 1798, p. 2-3 :

[Pour l'essentiel, le compte rendu raconte les épisodes de la biographie de La Fontaine : sa distraction qui lui fait oublier son argent dans un fiacre, ses amis qui font tout pour retrouver cet argent, l'ingratitude de Furetière, les bruits concernant la fidélité de madame La Fontaine, le fils qu'il ne reconnaît pas, et le dénouement qui innocente tout le monde, femme et amant supposé. Le bilan critique est rapide : la pièce a bien sûr des longueurs (c'est bien rare que le critique n'en trouve pas dans une pièce), mais son charme vient de ce qu'elle montre « quelques passages saillans de la vie de notre plus célèbre fabuliste » et que ses couplets sont bien faits (la formule employée est plutôt alambiquée...). L'auteur est nommé.]

Théâtre des Jeunes Artistes.

Jean Lafontaine, pièce anecdotique, donnée avant-hier à ce théâtre, y a réussi.

Lafontaine est allé à la cour présenter ses œuvres à Louis XIV , et il en a reçu une récompense de mille pistoles. Mais tout occupé à composer une de ses fables les plus belles, le Chêne et le Roseau, il rentre dans sa maison sans rapporter le sac qui contient cette somme. Boileau, Boyer, Hervard, ses amis, et Jasmin, son domestique, après mille questions pour savoir ce qu’est devenu cet argent, en obtiennent enfin la réponse, qu’il se doute que le sac est resté dans le fiacre. Aussitôt on y court. Lafontaine reçoit deux lettres, dont l’une lui annonce l’ingratitude de Furetière, autrefois son ami ; et l’autre l’espèce de familiarité intime avec laquelle sa femme et un officier, nommé Poignant, vivent à Château-Thierry. Tandis qu'il se livre à de tristes réflexions, un jeune officier vient chez lui, et remet entre ses mains l’argent qu’il a trouvé dans le fiacre. Lafontaine veut savoir le nom de ce jeune homme. Ce dernier qui ne s'est avancé dans le militaire que sous la protection de Poignant, prend ce dernier nom ; mais à peine le poëte l’a-t-il entendu qu’il met l’épée à la main, et veut se battre. Le véritable Poignant arrive, et fait rougir Lafontaine de son emportement, en lui nommant le jeune homme qui est son fils. Alors il lui explique qu’il s’est intéressé à son avancement, et que si on l'a pu accuser de quelques visites à Madame Lafontaine à Château-Thierry, elles n'avoient pour but que le bien et les intérêts du jeune Lafontaine.

Notre poëte, désarmé par cette déclaration, se félicite d’avoir retrouvé un fils et un ami, et prend la résolution de se réconcilier avec sa femme.

Malgré les longueurs qui entravent la marche de cet ouvrage, on a su gré à l’auteur de nous avoir présenté quelques passages saillans de la vie de notre plus célèbre fabuliste, et on a applaudi avec raison quelques couplets qui annoncent des dispositions dans ce genre de travail. L'auteur a été demandé ; on a nommé le citoyen Jacquelin.

D'après la base César, Jean La Fontaine a été créé le 23 septembre 1798 au Théâtre des Jeunes Artistes. Il y a eu 12 représentations en 1798 et 6 en 1799.

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