Le Jeune Alphonse, ou la Présence d'esprit

Le Jeune Alphonse, ou la Présence d'esprit, comédie en un acte, 19 vendémiaire an 12 [12 octobre 1803].

Théâtre Montansier-Variétés.

Almanach des Muses 1805

Courrier des spectacles, n° 2412 (Jeudi, 20 Vendémiaire, an XII, 13 Octobre 1803), p. 2 :

Théâtre Montansier.

Première Représentation du Jeune Alphonse, ou la Présence d'esprit.

Vivent les anecdotes ! elles sont utiles à bien des gens. L'un encore tout occupé de celle qu'il a lue la veille dans les feuilles publiques, la rappelle en société, la raconte, l'embellit, en augmente les circonstances ; bref, à l'aide de l'anecdote, il passe pour un agréable conteur, et souvent se fait délivrer in petto un brevet d'esprit. Un autre s'en empare aussi de son côté, la copie , l'emporte chez lui et y trouve un sujet de comédie ou de vaudeville.

Mais bien souvent il faut étendre et délayer le sujet qui perd à la scène le sel qu'on a cru y trouver à une première lecture. L'essentiel est de faire un choix heureux. Celui d'Alphonse, ou la Présence d'esprit ne l'étoit guères ; il pouvoit tout au plus fournir une ou deux scènes. Il n'est donc pas étonnant que la pièce nouvelle qui en porte le titre, offrant plusieurs scènes longues et de remplissage, ait été accueillie d'abord froidement et ait fini par essuyer de nombreuses marques d'improbation. Voici le sujet :

Alphonse a plusieurs fois mécontenté son père par sa négligence à remplir ses devoirs ; et par la légèreté avec laquelle il se moque de M. Longinet son précepteur. Un commissionnaire qui vient d'apporter un sac d'argent en paiemant d'une lettre-de-change, apprend que l'on attend dans la journée un oncle de Beauvais, que l'on n'a jamais vu, et il forme le projet de s'emparer de ce sac. Il est instruit que la maison va être gardée seulement par Alphonse, par sa sœur et par son jeune frère, le père, la mère, le domestique et le précepteur se disposant à sortir pour affaires. En conséquence il va revêtir des habits de paysan, et se présente à la porte de la maison. Il a été défendu aux enfans d'ouvrir à qui que ce fût ; mais l'oncle supposé s'annonce, et parvient à se faire ouvrir.

A peine est-il entré, qu'il demande impérieusement le sac qu'il a déposé le matin sur le bureau. Les enfans sont interdits. Alphonse seul, conservant sa présence d'esprit, lui indique un cabinet où il devra trouver le sac. Mais à peine le fripon y est-il entré, qu'il y est enfermé par un triple verrou, qui ne s'ouvre que par un secret inconnu à tout étranger. Bientôt le père et la mère revienent ; ils ont appris le danger qu'avoit couru Alphonse, et sa présence d'esprit le réconcilie avec son père.

L'auteur n'a pas été demandé. Dans cette pièce le rôle du père est dur, celui du domestique, joué par Brunet, presqu'inutile, mais ils ont été bien rendus, ainsi que le petit tôle d'Alphonse par Mlle. Caroline, et celui de M. Longinet par Vauxdoré

F. J. B. P. G***.

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