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La Nuit d'auberge

La Nuit d'auberge ; comédie en un acte et en prose, mêlée de vaudevilles, de Lafortelle, Moreau et Coster, 24 mars 1806.

Théâtre Montansier.

Le Catalogue général des œuvres dramatiques et lyriques faisant partie du répertoire de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (Paris, 1863), p. 256, attribue la pièce à trois auteurs : Lafortelle, Moreau et Coster.

Almanach des Muses 1807.

Sur la page de titre de la brochure, Paris, Barba, 1806 :

La Nuit d'auberge, comédie en un acte et en prose, mêlée de vaudevilles, Par MM. Moreau et Auguste. Représentée, pour la première fois, à Paris, sur le théâtre Montansier-Variétés, le lundi 24 mars 1806.

L'Opinion du Parterre, quatrième année (février 1807), p. 239 donne le nom de M. Auguste : Auguste Creuzé. Même attribution dans les Annales dramatiques de Babault, tome 3, p. 44.

Par contre, Joseph-Marie Quérard, Les supercheries littéraires dévoilées, Volume 1 (1869), p. 399, donne pour coauteur Mario Coster. Même attribution dans la Bibliothèque de M. de Soleinne, tome 3, p. 202. Et c'est bien Coster le troisième auteur.

Courrier des spectacles, n° 3336 du 25 mars 1806, p. 2 :

[Bien qu’inférieure aux Chevilles de Maître Adam, la pièce nouvelle a bien des mérites : elle est pleine « de jolis détails, de mots heureux, de scènes spirituelles », et l’esprit qui s’y déploie est celui d’auteurs « de bonne compagnie ». Après avoir résumé une intrigue convenue (encore un quiproquo, une tante qui croit qu’un message pour sa nièce lui est destiné, et qui est finalement déçue), un jugement positif : « des scènes fort gaies », des calembours, mais « d’une couleur et d’un ton mieux choisis qu’à l’ordinaire ». Les auteurs ont été nommés (mais il faut décrypter le pseudonyme d'Auguste, et ajouter un  troisième auteur), et le lecteur est invité à lire « quelques-uns des couplets répétés ».]

ThéâtreMontansier.

La Nuit d'auberge.

Ce vaudeville n’a pas le mérite des Chevilles de Maître Adam, mais il est animé de jolis détails, de mots heureux, de scènes spirituelles. Si c’est une débauche d’esprit, c’est au moins celle d'auteurs de bonne compagnie. Leur ouvrage a eu un très-grand succès ; plusieurs couplets ont été redemandés, et Brunet s’est encore créé un nouveau titre de gloire.

Brunet joue ici le rôle d’un Adonis de Château-Vilain. Cet Adonis apprend qu’il existe à Beaugency une charmante Rose Després, à laquelle il se hâte d’adresser des hommages et une déclaration. Ses lettres tombent entre les mains d’une Tante de la jolie Rose, qui imagine aussi-tôt que l’Adonis est amoureux d’elle. Elle consent à un enlèvement ; elle part dans la diligence. Elle arrive à l’auberge de l’Epée de bois Adonis arrive après elle ; M. Després, avocat bel-esprit, arrive aussi pour courir après sa sœur. Un Officier, amant de Rose, se trouve encore dans l'Hôtellerie. Ces rencontres, les surprîtes qu’elles amènent, la terreur d’Adonis à la vue de sa Dulcinée ; celle que lui inspire l’Officier qui veut lui faire mettre l’épée à la main ; la colère de Mlle Després la tante, quand elle se voit indignement abandonnée, tout cela amène des scènes fort gaies, où l’on n’a pas épargné l'assaisonnement ordinaire, c’est-à-dire les calembourgs et les rébus ; mais ces calembourgs sont d’une couleur et d’un ton mieux choisis qu’à l’ordinaire. L’intrigue se débrouille à la fin. l’Officier épouse Rose Després ; et l’Adonis, tremblant devant son rival, et sa déité surannée, finit par se condamner lui-même au mariage. Les auteurs de cette pièce sont MM. Moreau et Auguste.

Voici quelques-uns des couplets répétés :

Air : de Marianne.

      On prétend que dans la jeunesse
      Se marier est un plaisir ;
      Je soutiens que c'est la vieillesse
      Que pour l’hymen il faut choisir.
            L’avis est bon,
            Car un barbon
A besoin qu’on soutienne sa foiblesse,
            Puisqu’en marchant,
            Le plus souvent,
Il tomberoit sans un guide prudent
      Oui, c’est sur le déclin de 1’âge
      Que l’on a besoin d’être deux ;
      Car le soir il est dangereux
          D’être seul en voyage.

Air : Avec vous sous le même toit.

On prétend que dans ce pays,
Par une méthode agréable,
Ceux que la haine a désunis
Sont bientôt réunis à table.
Grâce à l’attrait d’un bon repas,
Jamais aucuns malheurs n’arrivent ;
Les combattans n’en meurent pas ;
Et les restaurateurs en vivent.

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