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Les Noms supposés

Les Noms supposés, opéra-comique en 2 actes, par Jean-Baptiste Pujoulx, musique de Pierre Gaveaux, 21 frimaire an 7 (11 décembre 1798).

Théâtre Feydeau.

Titre :

Noms supposés (les)

Genre

opéra-comique

Nombre d'actes :

2

Vers / prose ?

prose, avec couplets en vers

Musique :

oui

Date de création :

21 frimaire an 7 (11 décembre 1798)

Théâtre :

Théâtre Feydeau

Auteur(s) des paroles :

Jean-Baptiste Pujoulx

Compositeur(s) :

Pierre Gaveaux

Courrier des spectacles, n° 654 du 17 frimaire an 7 [7 décembre 1798], p. 2 :

[La création a eu lieu finalement le 21 frimaire an 7 [11 décembre 1798].]

Une indisposition survenue à la citoyenne Augustine Lesage a empêché que l’on ne donnât hier au théâtre Feydeau la première représentation qui y avoit été annoncée d’un opéra intitulé : les Noms supposés.

Courrier des spectacles, n° 659 du 22 frimaire an 7 [12 décembre 1798], p. 2 :

[Le premier paragraphe dit tout : le critique considère que la pièce nouvelle est manquée. Et il le montre en résumant son intrigue, une histoire de neveu qui veut épouser celle que son oncle convoite, avec toutes les ruses habituelles (l’oncle obtient une lettre de cachet contre son neveu – on est en 1798, et le procédé fleure bon l’ancien régime ; les deux hommes se cachent dans le même cabinet ; l’oncle est arrêté, parce qu’il est pris pour le neveu, qui se déguise en femme ; une lettre révèle tout à l’espèce de duègne qui veille sur la jeune femme ; et le dénouement est d’une simplicité extrême : le neveu a fait libérer son oncle prisonnier à sa place, ce qui lui vaut pardon et mariage). Une fois cette intrigue racontée, le critique n’a plus qu’à énumérer les grands défauts d ela pièce : le style, la pauvreté des détails, les invraisemblances et même absurdités qui les caractérisent, le ridicule des caractère. Inutile d’en dire plus : la pièce ne devrait pas reparaître, et les murmures qui ont accompagné la première représentation rendent improbable une seconde représentation (sur ce point, le critique se trompe  la pièce a eu 10 représentations d’après la base César). Quant à la musique, « elle a quelques beautés, surtout en parties imitatives », mais dans l’ensemble elle est jugée « foible, hors de nature » : elle est « presque toujours taillée sur de trop vieux patrons ». Les auteurs ont été faiblement demandés, en vain, et le critique suggère que ce n’était pas pour de bons motifs : « plu de curiosité que d’interêt ».]

Théâtre Feydeau.

En donnant une idée de la comédie en deux actes, mêlée d’ariettes, qui fut jouée hier pour la première fois à ce théâtre, sous le titre des Noms supposés, on prouvera suffisamment quelle [sic] ne pouvoit obtenir de succès.

Sous le nom de Félix, le jeune Valesco que son oncle a envoyé à Madrid pour y perfectionner son éducation, est devenu épris d’Alphonsine, élevée par les soins de Dona Sylva, femme d’un certain âge, dont le vieux Valesco a été amoureux autrefois. Le vieillard instruit de la passion de son neveu, devient tellement furieux, qu’il va jusqu’à user de son crédit pour obtenir une lettre-de-cachet contre le jeune homme, porté d’ailleurs à cette démarche cruelle par une sorte de jalousie, car il prétend aussi à la main d’Alphonsine. Il arrive même pour s’unir à elle ; mais peu sûr d’un sentiment de réciprocité, il se rend à l’avis que lui donne Dona Sylva, de se tenir caché dans un appartement voisin, tandis qu’elle essayera d’obtenir d’Alphonsine tous les aveux possibles sur la véritable situation de son cœur. L’oncle entre donc dans un cabinet où l’instant d’avant vient déjà de se cacher le jeune Valesco. Arrive inopinément l’Alcade, chargé de faire perquisition chez Dona Sylva, pour y saisir un individu nommé Valesco. La première personne qui se présente à cet Alcade, est l’oncle qui a expédié l’ordre, et qui, à raison de la conformité de nom, est emmené en prison sans avoir eu le tems de s’expliquer. Voilà ce qui constitue le premier acte.

Cependant le jeune Valesco, pour sortir d’embarras, prend des vêtemens de femme, et il écrit un mot pour prévenir Alphonsine que le projet formé de l’enlever subsiste toujours, malgré les obstacles imprévus : il est surpris avec cette lettre par Dona Sylva, et ne voit d’autre parti à prendre que de la dire adressée à Suzanne, en prenant le nom de Felicia, et se faisant passer pour parente de la femme-de-chambre. Cette lettre, par ce moyeu, est lue, et n’est comprise que de Suzanne, qui doit avertir Alphonsine du plan d’évasion.

Mais par une nouvelle fatalité, Dona Sylva veut que Suzanne l’accompagne à la promenade. Le jeune Valesco, en leur absence , revient aux pieds d’Alphonsine, et bientôt Dona Sylva rentre avec Suzanne, après avoir échappé, comme par miracle, à des hommes masqués qui ont voulu les enlever. On découvre que le vieux Valesco a été mis en liberté par les soins de son neveu ; cet acte de générosité fait tout pardonner, et le jeune homme obtient la main d’Alphonsine.

Relever les nombreux défauts de cet opéra, principalement ceux du style, faire remarquer l’insignifiant des incidens, leur peu de vraisemblance ou leur absurdité, faire sentir ce que les caractères ont de ridicule au lieu de ce qu’ils devroient avoir de comique, seroit un ouvrage très-long, mais qui devient absolumentt inutile, dans la persuasion où nous sommes que cette pièce ne peut jamais supporter une seconde représentation ; les fréquens murmures du public et l’ironie de certains applaudissemens nous en ont à-peu-près donné le pronostic. Nous ne parlerons pas de la musique : elle a quelques beautés, sur-tout en parties imitatives ; mais elle est généralement foible, hors de nature, et presque toujours taillée sur de trop vieux patrons. Cette pièce s’est terminée avec beaucoup de peine. Quelques voix ont bien demandé les auteurs, mais il y avoit certainement , dans leur fait, plus de curiosité que d’interêt.

Magasin encyclopédique, ou Journal des sciences, des lettres et des arts, 4e année, 1798, tome IV, p. 544

Les Noms Supposés, Opéra.

L'Opéra donné au théâtre Faydeau sous le titre des Noms Supposés, n'a pas été accueilli favorablement. Il offre une intrigue fort embrouillée, des déguisemens et des quiproquos usés et peu comiques : la musique seule l'a un peu soutenu. L'auteur y a fait quelques changemens, et la seconde représentation a été un peu plus favorablement écoutée.

Une analyse des Noms supposés figure dans la Gazette nationale ou le Moniteur universel du 3 nivôse an VIII (23 décembre 1798), mais je n’ai pas su la trouver.

D’après la base César, la pièce est l'œuvre de Jean-Baptiste Pujoulx pour le texte et de Pierre Gaveaux pour la musique. Elle a été jouée 10 fois au Théâtre feydeau, du 6 décembre 1798 (en fait le 11 décembre) au 4 janvier 1799.

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