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L'Officier Cosaque

L'Officier Cosaque, comédie en 1 acte, mêlée de chants, de G.-A. Cuvelier, musique de Dumonchau et Gianella, 19 germinal an 11 [9 avril 1803].

Théâtre de la Porte Saint-Martin

Almanach des Muses 1804

Sur la page de titre de la brochure, Paris, Barba, an XI (1803) :

L'Officier cosaque, comédie en un acte, mêlée de chants, Paroles de M. G. A. Cuvelier, associé correspondant de la Société Philotechnique. Musique de Dumouchau [sic] et Gianella. Représentée, pour la première fois, sur le théâtre de la Porte S.-Martin, le 19 germinal an XI.

Courrier des spectacles, n° 2226 du 20 germinal an 11 [10 avril 1803], p. 2 :

[Avant de faire le vrai compte rendu, remis au lendemain, le critique se limite à signaler le succès de la pièce, qui aurait pourtant été plus net encore si les acteurs avaient su leur rôle, reproche qui concerne surtout un acteur. Le critique citerait le nom des compositeurs s’il les avait entendus, mais il ne peut donner ce jour que celui de l’auteur du texte.]

Théâtre de la Porte St-Martin.

Première représentation de l’Officier Cosaque.

Cet opéra a obtenu beaucoup de succès ; il en auroit eu davantage si tous les rôles avoient été bien sçus ; mais il est ridicule de voir certains acteurs qui n’ont d’oreilles que pour le souffleur et qui mal-adroitement mutilent les mots qui leur sont transmis par le trou, si utile à leur mémoire en défaut ou à leur négligence. Ces reproches s’adressent sur-tout à l’acteur chargé du rôle de Tuteur. Les autres personnages ont mérité plusieurs fois d’ètre applaudis. L’auteur des paroles est le cit. Cuvelier ; les noms des auteurs de la musique nous sont échappés ; demain, en rendant un compte plus détaillé de cet ouvrage, nous nous ferons un plaisir de les nommer.

Courrier des spectacles, n° 2227 du 21 germinal an 11 [11 avril 1803], p. 2-3 :

[L’article promis la veille consiste largement en un résumé d'une intrigue romanesque, d’une jeune fille que son tuteur veut épouser alors qu’elle aime le neveu du tuteur, et qui finalement épouse, ô surprise ce jeune homme que le Csar lui donne comme mari du fait de sa vaillance au combat. Le jugement porté sur la pièce est mitigé : des scènes ingénieuses, de jolis détails (de bons moments), mais aussi une action qui « languit » au milieu, et un dénouement peu crédible (la comparaison avec le mélodrame n’est certes pas un compliment). La musique est mieux jugée : ce n’est pas « une de ces productions savantes qui frappent, étonnent et enlèvent, mais c'est une composition gracieuse », dont un des mérites est de faire peu de bruit et d’avoir des accompagnements « très agréables ». Le critique cite deux morceaux remarquables. Et il achève son article par une curieuse attaque contre le costume d’un chanteur, qui a risqué de faire échouer la pièce tant il était mal ajusté : beaucoup d’importance pour un fait bien peu important... Le public n’était pas tolérant, ni le critique. Il n’y a plus qu’à nommer les auteurs, et en particulier les compositeurs que le critique n’avait pas compris la veille (mais qu’il estropie un peu : Dumonchau devient pour lui Dumonchaud, et Gianella se trouve réduit à Ganella).]

Theâtre de la Porte St-Martin.

Le général-major de Rezikoff élève près de lui la fille de son ami, qui en mourant lui a remis ce dépôt précieux. Il croit ne pouvoir mieux répondre à la confiance de son ami qu’en épousant Elzinska, et en la faisant héritière de la moitié de son immense fortune dont il conserve l’autre moitié pour son neveu Féodor. Ce jeune homme élevé avec Elzinska lui a inspiré des sentimens secrets qu’il partage aussi pour elle, et il est parti pour l’armée de Pierre-le-Grand sans avoir osé déclarer son amour. Pendant ce tems le vieux Rezikoff consulte le cœur de sa pupille, et lorsqu’il est bien convaincu par ses aveux qu’elle a été jusqu’ici insensible au mérite de tout autre homme, et qu’en l’épousant elle ne suivra que son inclination, il donne les ordres nécessaires pour célébrer son prochain mariage. Tout-à-coup Féodor paroit : il revient de l’armée, porteur d’une lettre de Pierre-le-Grand, par laquele le prince mande au général-major que son neveu est tout entier livré à un amour romanesque, et qu’il le lui envoie pour opérer sa guérison. A ce mot d’amour romanesque, Rezikoff est irrité contre son neveu, et Elzinska se reproche d’aimer un volage ; mais Féodor lui avoue dans un entretien secret qu’il est toujours fidèle à son premier amour. Surpris par sou oncle, il est envoyé aux arrêts, mais il n’y reste pas long-tems. Un aide-de-camp du Czar arrive et remet au major-général des dépêches dans lesquelles il lui annonce qu’un officier Cosaque qui a reconquis le drapeau impérial des mains du Suédois à qui la trahison l’avoit livré, a été créé comte de Dolgoruski, et destiné par l’Empereur à être l’époux de la belle Elzinska , et que cet époux est Féodor. Ce jeune guerrier avoit fait part à l’Empereur de ses sentimens pour Elzinska, et lui avoit paru digne de la main de son amante. Rezikolf renonce à ses prétentions et confirme le bonheur des deux jeunes gens.

Cet opéra offre plusieurs scènes ingénieuses et de jolis détails ; l’action languit un peu vers le milieu, et le dénouement pourroit être réclamé par le mélodrame. La musique n’est pas une de ces productions savantes qui frappent, étonnent et enlèvent, mais c'est une composition gracieuse, où il y a peu de bruit, mais où les accompagemens sont purs et d’un effet très-agréables. On a distingué entr’autres morceaux, le duo entre Rezikoff et Elzinska, et le rondeau chanté avec infiniment de goût par Vigny, chargé du rôle de Féodor. Le costume de cet acteur quoique propre à son personnage étoit si large et si mal fait, que peu s’en est fallu que les murmures du public n’interrompissent la pièce. A la fin cependant il fallut bien s’y habituer ; il faut espérer qu’à la seconde représentation ce petit inconvénient n’existera plus.

Les auteurs sont pour les paroles, ainsi que nous l’avons dit, M. Cuvelier, et pour la musique, MM. Ganella et Dumonchaud.

F. J. B. P. G***.

Le Dictionnaire lyrique ou histoire des opéras de Félix Clément et Pierre Larousse, p. 492, associe à Cuvelier Barouillet pour l'écriture des paroles.

Commentaires

  • Grange

    1 Grange Le 14/09/2022

    Bonjour,

    Je signale à toutes fins utiles que l'un des deux compositeurs de l'Officier cosaque est Charles François Dumonchau, et non pas Dumouchau. Merci par avance de rectifier
    soleinne

    soleinne Le 16/09/2022

    Effectivement, même si la brochure publiant l'Officier cosaque indique Dumouchau : il s'agit bien de Charles-François Dumonchau.

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