L'Officier suédois ou Indigence et grandeur d'ame

L'Officier suédois ou Indigence et grandeur d'ame, comédie en trois actes, imitée de l'allemand de Kotzebue, par le baron L. B. F. de Bilderbeck., 14 février 1807.

Théâtre des Variétés-étrangères.

La brochure, que je n'ai pas vue, est publiée chez Renouard en 1807.

Courrier des spectacles, n° 3658 du 16 février 1807, p. 2 :

[Après une courte présentation du sujet (en révélant un peu le dénouement), le critique souligne combien la pièce est dans le goût allemand (tenu en faible estime), qui se caractérise par une multitude d'incidents, qui tiennent lieu d'intrigue. Il résume ensuite les multiples incidents qui conduisent au mariage final , à grands coups de quiproquos, de malentendus. Une jeune fille qui refuse le mari qu'on lui propose, parce qu'elle aime un autre homme, généreux officier qui a tout fait pour empêcher le tuteur de la jeune fille de tromper un autre prétendent, officier qui devient son mari, après bien des surprises. La conclusion souligne combien il serait difficile de donner « tous les détails qui se lient à ce fonds », et avec quel exceptionnel ensemble la pièce est jouée.]

Théâtre Molière, Variétés Etrangères.

L'Officier Suédois, ou Indigence et grandeur d'ame.

On a voulu peindre ici le caractère franc et loyal d’un jeune Officier Suédois, qui plein d’honneur et de courage, mais sans fortune, parvient à obtenir la main d’une jeune personne à laquelle peut-être il n’auroit pas osé aspirer.

L’intrigue de cette pièce est chargée de beaucoup d’incidens. C’est un vrai roman dialogué ; mais l'auteur s’est assez bien tiré des difficultés dans lesquelles il a voulu s’engager. Les Allemands aiment beaucoup ces sortes de pièces ; il faut plus de talent et de génie dramatique que n’en ont leurs auteurs pour tirer d’un fonds simple une suite de situations intéressantes. Quand l’imagination ne fournit point, on a recours aux accessoires, on multiplie les épisodes, on embrouille un peu l’action principale, mais on arrive au dénouement, et c’est là le point essentiel.

L’Officier Suédois dont il s’agit se nomme Cédestrom. Il loge dans la maison d’un homme qui affecte l’humanité et la bienfaisance, mais qui, au fonds, n’est qu’un charlatan de générosité. Cet homme se nomme Gilbert. Sa maison se compose d’une fille jeune, aimable et jolie, nommée Joséphine, d'un major d’infanterie, frère de Gilbert, et d’une jeune personne nommée Louise, que Gilbert élève par bienfaisance, et dont il a fait la compagne et l’amie de Joséphine ; mais cette jeune Louise étant pour Gilbert un objet de soins et de dépenses, il se lasse de la garder et se propose de s’en délivrer en faveur d’un époux. L’Intendant se met sur les rangs ; Louise le refuse, car intérieurement son cœur soupire pour Cedestrom.

Gilbert cherche alors un autre mari pour sa pupille ; il écrit en Hollande pour qu’on lui en expédie un. Un jeune Hollandais arrive à Berlin, commence par quelques étourderies, et va, pour s'égayer, s’enfermer dans une maison de jeu. Le hazard y mène Cedestrom. Il s’apperçoit qu’on trompe ce jeune homme, qu'il ne conuoissoit pas. Il l’avertit ; traite le banquier comme il convenoit, et va se battre avec lui. Il est blessé. Louise en est instruite, et comme elle vient de recevoir un billet de banque du Major, elle le fait passer avec tant de précautions à Cedestrom, qu’il ne peut deviner de quelle main lui vient ce secours. Le Major veut aussi venir au secours de Cedestrom ; il découvre l’acte de générosité de Louise, et en est touché ; mais bientôt des mystères long-tems cachés se révèlent. Le Major reconnoit que Louise est sa fille. On apprend également que le jeune homme trompé par le banquier est l’epoux envoyé de Hollande pour Louise. Ces découvertes amènent un nouvel ordre de choses, et le Major unit sa fille à Cedestrorn.

Il seroit difficile de rapporter ici tous les détails qui se lient à ce fonds ; mais il a intéressé l’auditoire. Les acteurs ont sur-tout rempli leurs rôles avec beaucoup de talent ; c’est une des pièces qui, jusqu à ce jour, aient été jouées avec le plus d’ensemble.

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