Il Tamburno notturno

Il tamburno notturno, opéra italien en trois actes, musique de Paisiello et d’autres musiciens italiens (Cherubini, Ferrari, Megozzi), 7 avril 1791.

Théâtre de Monsieur.

Titre :

Tamburno notturno (Il)

Genre

opéra italien

Nombre d'actes :

3

Vers / prose

 

Musique :

oui

Date de création :

7 avril 1791

Théâtre :

Théâtre de Monsieur

Auteur(s) des paroles :

 

Compositeur(s) :

Paisiello (et d’autres musiciens italiens: Cherubini, Ferrari, Mengozzi, )

Le Spectateur national et le Modérateur, n° 130, du 9 avril 1791, p. 562 :

[Il est difficile d’être plus sévère que l’auteur de cet article, qui ne craint pas de mettre en garde les responsables du Théâtre de Monsieur contre le risque qu’ils font courir à leur entreprise. La pièce qu’ils ont fait jouer est d’une grande insuffisance, et il en dénonce la nullité de la contexture, l’absurdité des situations et la bassesse du comique. En plus, il y a tromperie sur la musique : annoncée comme étant « du célebre Paisiello », elle mêle « quelques morceaux […] de ce grand maître » « beaucoup d'autres de différens auteurs ». Dans ces morceaux ajoutés, le critique en a trouvé deux de Mengozzi qui méritent d’être distingués. Et les interprètes ont mérité « les nombreux applaudissemens qui leur ont été prodigués ».

De cet article, il y a bien des choses à retenir : sur la perception négative d’une habitude pourtant banale de mêler à une œuvre lyrique des morceaux d’autres compositeurs ; sur l’évaluation de la valeur de l’opéra italien (ce qui est dit du Tamburno notturno vaut pour toute une classe d’opéras, dont il n’est qu’un exemple) ; sur les moeurs des dirigeants du Théâtre de Monsieur, dont on évoque le goût pour les « petites charlataneries » ; sur le contraste entre le jugement porté sur l'œuvre représentée et la réaction du public (peu importe l'œuvre, ce que le public aime, c’est la prestation des chanteurs ?).]

THEATRE DE MONSIEUR.

Il Tamburno notturno, opéra bouffon en trois actes, joué, pour la premiere fois, avant-hier à ce théâtre, est un de ces ouvrages, qui, par la nullité de leur contexture, l'absurdité de leurs situations et la bassesse de leur comique, finiront par dégoûter les habitans de la capitale, de l'opéra purement italien. C'est à MM. les directeurs de ce spectacle à réfléchir sur cette observation qu'on leur a déja plusieurs fois adressée, et qu'ils sont très-sérieusement intéressés à ne pas dédaigner. Le Tambour nocturne, comédie de Destouches, imitée d'une autre comédie d'Adisson, est un ouvrage assez médiocre ; c'est pourtant un chef-d'œuvre, en comparaison de la rapsodie italienne qu'on nous a donnée avant-hier. On avoit annoncé que la musique étoit du célebre Paisiello. Pourquoi tromper inutilement le public ? pourquoi ne le point avertir qu'à quelques morceaux conservés de ce grand maître, on en a joint beaucoup d'autres de différens auteurs ? Ces petites charlataneries se découvrent toujours, elles alterent la confiance des amateurs, et elles finissent par nuire à une entreprise. Quoiqu'il en puisse être, parmi les morceaux ajoutés, nous en avons distingué deux qui sont de la composition de M. Mengozzi ; un rondeau plein de graces, et un duo rempli d'expression. Le public a fait répéter ce dernier. M. Mengozzi, Mlle Baletti et M. Mandini ont mérité, dans cette représentation, les nombreux applaudissemens qui leur ont été prodigués.

Journal de Paris, n° 100, du dimanche 10 avril 1791, p. 404 :

THÉATRE DE MONSIEUR.

On a donné jeudi der, à ce Théâtre, la 1re représentation d’Il Tamburno notturno, Opéra Italien en trois actes. le titre seul annonce une comédie de Destouches que l’on a arrangée pour la musique. Le fonds de l’Ouvrage est à-peu près conservé, mais les accessoires sont différens. On ne retrouve pas le méthodique M. Pincé dans la Pièce du Théâtre de Monsieur : en revanche on y a fait entrer deux rôles épisodiques qui ne sont admissibles que dans des farces italiennes : c’est un Poëte plus imbécille que fou ; c’est son oncle qui l’admire lui & ses plattes productions. On se moque de ces deux personnages, ce qui amène une scène de l’invraisemblance & du burlesque les plus outrés. La musique est de Paisiello & digne de la réputation de ce grand Compositeur. On y a applaudi une foule d’airs de différens genres, que les Acteurs ont chanté avec la perfection qu’on est accoutumé de trouver à ce spectacle.

Gazette nationale, ou le Moniteur universel, n° 110 du vendredi 22 avril 1791 p. 462 :

THÉATRE DE MONSIEUR.

Il tamburno notturno, le tambour nocturne, dont on a donné le jeudi 7 de ce mois la premiere représentation, est un des premiers ouvrages de M. Paisiello, dans lequel on apperçoit déjà ce qu'il devait être un jour : on a conservé peu de morceaux de sa musique. Il n'y en a même qu'un qui soit capital et qui est parfaitement chanté par M. Mandini. Les autres airs remarquables sont un petit rondeau de M. Ferrari, connu dans les sociétés ; un rondeau et un duo charmant de M. Mengozzi. Il y a aussi plusieurs morceaux de M. Cherubini.

Le comique de la piece consiste dans le sonnet d'un poëte ridicule, qu'il répete dans le final au milieu de beaucoup d’éternuemens ; dans quelques coups de bâton que les deux bouffons se donnent, et dans la peur que leur fait le revenant. L'intrigue du tambour interrompt quelquefois les détails de bouffonnerie. Mademoiselle Baletti a chanté parfaitement plusieurs airs. La piece en général est exécutée avec la précision ordinaire à ce théatre, et sans avoir eu le succès brillant de quelques ouvrages distingués, elle a fait cependant beaucoup de plaisir.

L’Esprit des journaux français et étrangers, 1791, volume 5 (mai 1791), p. 321 :

[Sous une apparente objectivité, on sent des réticences : un opéra composé de toutes sortes d’airs (quid de l’unité de l'œuvre ?) une interprétation qui a besoin de travailler : savoir son rôle et jouer ensemble.]

II tambumo notturno , opéra italien en trois actes, donné pour la premiere fois le 7 avril, est le même sujet que le tambour nocturne de Destouches ; on a substitué seulement au rôle de M. Pincé, un oncle & un neveu imbéciles qui, par leur peur, amenent des scenes qui ont fait rire. L'ouvrage est gai, & a eu du succès. La musique est un des premiers ouvrages de Paisiello. On a ajouté & substitué douze à quinze morceaux de différens auteurs. Les plus applaudis sont un air de M. Ferrari chanté par M. Scalzi, un rondeau de M. Chérubini chanté par M. Mengozzi, & un duo de ce dernier chanté au troisieme acte par lui; & Mlle. Baletti. En général l'ouvrage a fait plaisir, & a été très-bien rendu. Il sera mieux su à la seconde représentation, & aura plus d'ensemble.

Dans la base César pas de notice pour cet opéra qui semble être confondu avec le Tambour nocturne de Destouches : joué en divers théâtre depuis 1761, puis en 1789 au Théâtre de la Nation, la base César cite des représentations au Théâtre Feydeau, à partir du 7 avril 1791 : on dirait bien que c’est l’opéra italien qui est en cause. Les deux pièces sont alors jouées 16 fois dans divers théâtres, jusqu’au 21 février 1796. Mais comment distinguer les deux ?

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