L'un pour l'autre (an 10-1802)

L'un pour l'autre, comédie en un acte mêlée de vaudevilles, de Maurice [Séguier] et Thesigny, 28 messidor an 10 [17 juillet 1802].

Théâtre du Vaudeville

Titre :

L’un pour l’autre

Genre :

comédie-vaudeville

Nombre d'actes :

1

Vers / prose

prose, couplets en vers

Musique :

vaudevilles

Date de création :

28 messidor an 10 (17 juillet 1802)

Théâtre :

Théâtre du Vaudeville

Auteur(s) des paroles :

Maurice [Séguier]et Thesigny

Almanach des Muses 1803.

Sur la page de titre de la brochure, Paris, chez Madame Masson, an x-1802 :

L'Un pour l'autre, comédie-vaudeville en un acte. Par les Cens Maurice et Thesigny. Représentée au Théâtre du Vaudeville, le 28 Messidor an 10.

Couplet d’annonce :

Air d’Arlequin afficheur.

Qu’un ouvrage soit sans défauts,
A peine en voit-on un sur mille ;
Que le bien, le al soient égaux,
C’est encore assez difficile :
Souvent l’ouvrage ne vaut rien,
C’est fâcheux...... Ah ! si dans le nôtre
Le mal l’emportait sur le bien,
    Passez-nous l’un pour l’autre.

Courrier des spectacles, n° 1960 du 29 messidor an 10 [18 juillet 1802], p. 2 :

[La première représentation a été houleuse, les « amis » des auteurs ayant exagéré leur enthousiasme, au point de risquer de provoquer des sifflets. Mais les auteurs ont été nommés, signe du succès de la pièce. La pièce pourtant manque de gaîté  froideur du début, faiblesse des couplets, elle ne vaut finalement par une intrigue assez agréable, mais dont il était possible de « tirer un meilleur parti ». Le critique ne relève qu’« une scène neuve et assez jolie » (celle où les domestiques donnent sans le vouloir des informations capitales à « amant éconduit »). Après ce jugement, l’article donne le résumé de l’intrigue, assez classique : une femme entre deux amants, dont l’un est suspect d’infidélité. Par son activité, c’est lui qui réussit à capter la confiance du notaire, qui signe le contrat de mariage qu’on soumet ensuite à celle qu’il aime, et qui finit par comprendre qu’elle a été trompée, mais qui s’en console : cet amant suspecté « n’est point coupable des torts qu’on lui a imputés (le critique ne donne guère d’informations sur ce point...).]

Théâtre du Vaudeville.

Première Représentation de L’un pour l’autre.

Des amis ont eu part au succès de cette pièce, mais ils ont manqué par leur indiscrétion de lui procurer l’un pour l’autre. Nous avons vu le moment où le sifflet éveillé par des applaudissemens outrés alloit étouffer le témoignage de bienveillance que le public se plaisoit à accorder aux auteurs. Ils ont été nommés : ce sont les citoyens Thésigny et Maurice.

Ce vaudeville n’a pas cette gaîté qui est une partie essentielle du genre. Il est assez généralement froid, sur-tout dans la première moitié ; il est foible en couplets, et même si l’on en excepte deux de facture et un troisième qu’on a fait répéter, il n’en est pas que l’on puisse citer. I1 ne reste donc que l’intrigue : le fonds de celle-ci est assez agréable, et nous croyons que les auteurs auroient pu en tirer un meilleur parti. I1 y a une scène neuve et assez jolie ; c’est celle où, tandis qu’un valet et une suivante rangent l’un une bibliothèque et l’autre un cabinet de toilette, un amant éconduit entre et apprend d’eux-mêmes, sans en être vu, le rôle qu’il doit jouer pour s’introduire, et leur persuader qu’il est celui qu’ils doivent recevoir. Passons à l’analyse :

Madame de Rozelle est aimée de Gernance et de Florville. Celui-ci a su toucher son cœur, mais sa fidélité est suspectée. Gernance, par l’appas d’une bourse, a su tirer des mains de Tom, valet de Florville, un paquet de lettres écrites par madame de Rozelle ; il a fait entendre à cette dernière qu’il les tenoit d’une femme à qui elle est sacrifiée. Le dépit a étouffé l’amour. Florville est banni, et les valets même qui jusqu’alors l’ont bien servi auprès de mad. de Rozelle, viennent d’être renvoyés. Julien et Julienne ne sont chez elle que de la veille, aussi ne connoissent-ils ni Gernance ni Florville. La consigne leur est donnée de laisser entrer le premier, et de congédier le second s’il vient se présenter. Chacun d’eux se livre à l’ouvrage, l’un dans la bibliothèque, l’autre dans le cabinet de toilette ; mais tout en travaillant ils se consultent sur les signes auxquels ils peuvent reconnoître l’amant favorisé. Le prudent Julien prétend qu’il doit se présenter d’un air aisé, et que son assurance doit être la preuve de son triomphe. Florville qui vient d’entrer entend l’avis de Julien, et en fait son profit. La manière libre dont il s’annonce, une bourse donnée à- propos à Julien, des complimens prodigués à Julienne, et accompagnés d’une bague, les disposent merveilleusement, Envain Gernance se nomme-t-il à la porte, rien ne peut la lui faire ouvrir. On l’enferme dans le jardin ; Florville est dans la bibliothèque avec le notaire, quand madame de Rozelle revient. On l’instruit des efforts inutiles qu’a faits le prétendu Florville pour entrer, elle lui écrit pour l’accabler de reproches ; le notaire vient lui présenter son contrat de mariage déjà revêtu du seing du futur ; elle hésite d’abord à le signer, mais apprenant que celui qu’on croit Florville persiste dans le projet de lui parler pour lui ôter tout espoir, elle signe le contrat , et est fort étonnée, mais non moins satisfaite, d’apprendre qu’elle vient de s'unir à Florville qui n’est point coupable des torts qu’on lui a imputés.

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