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Une demi-heure de cabaret

Une demi-heure de cabaret, scènes épisodiques en prose, de Martainville, 5 pluviôse an 12 [26 janvier 1804].

Théâtre Montansier.

Sur la page de titre de la brochure, à Paris, chez Barba, an 12 [1804] :

Une demi-heure de cabaret, scènes épisodiques en prose, de M. A. Martainville. Représentées, pour la première fois, sur le théâtre Montansier le premier pluviôse an 12 [22 janvier 1804].

La date de la première représentation est inexacte : elle a eu lieu le 5 pluviôse, soit le 26 janvier.

Liste des personnages :

PERSONNAGES.

ACTEURS.

GARGOTIN, cabaretier.

M. Duval.

Mad. l'ENCHÈRE, ravaudeuse, sa sœur.

Mme Baroyer.

JAVOTTE, leur nièce.

Mme Drouville.

PHILISTIN, garçon tailleur.

M. Brunet.

CENTIME, percepteur du droit de passe.

M. Guibert.

JEROME, ivrogne.

M. Tiercelin.

FAUSSET, marchand de chansons.

M. Monrose.

LA RIMAILLE, faiseur de chansons des rues.

M. Bonioli.

LA VALEUR, sergent.

M. Alphonse.

Mad. JÉROME, poissarde.

Mme Bonioli.

LA ROSSE, conducteur de petites voitures.

M. Hugot.

La scène se passe chez Gargotin.

Courrier des spectacles, n° 2527 du 7 pluviôse an 12 [28 janvier 1804], p. 2 :

[Après avoir souligné l'éventuelle valeur morale de la pièce (donner un exemple des dangers des cabarets...), le critique montre qu'elle est une série de « scènes épisodiques » de la vie des cabarets. Mais tout cela ne fait pas une pièce, selon lui, et « il a donc fallu trouver une petite intrigue d'amour », celle d'un « percepteur du droit de passe » (un impôt sur le transport des marchandises, entre péage et octroi, établi sous le directoire) qui veut épouser la nièce du cabaretier et de sa sœur (dont le critique fait la mère de Javotte, à tort). Sa tentative de faire passer un message à la jeune personne par ami interposé se passe mal, puisqu'il revient après avoir reçu des claques de l'amant de Javotte. Et quand celui-ci arrive au cabaret (il porte un beau nom de soldat), c'est lui qui est choisi comme époux de Javotte (c'est un peu le dénouement inverse de celui de la plupart des pièces de ce genre). L'article s'achève par la révélation du nom de l'auteur, signe que la pièce n'a pas échoué.]

Théâtre Montansier.

Première représentation d'Une demi-heure de Cabaret.

Les Lacédémoniens faisoient énivrer leurs es claves, afin que le spectacle des extravagances qu’il[s] se permettoient dans cet état détournât leurs enfans de cette passion brutale et avilissante. Si tel est le but que l’on s’est proposé dans cette bluette , on ne peut pas en vouloir à l’auteur d’avoir tracé avec vérité des désordres dont les tavernes sont chaque jour les témoins ; car rien ne seroit plus capable qu’un pareil tableau de dégoûter d’y mettre jamais le pied. Ici c’est un menuisier qui depuis trois jouis voyage. Parti de la Courtille, il a passé déjà deux nuits hors de sa maison , et il vient chez M. Gargotin pour s’achever. Plus loin, c’est un faiseur de chansons qui vient rimer près d’une chopine, qu’il partage avec le chanteur du Pont-au-Change. D’un autre côté, Centime, percepteur du droit de passe, cherche à éblouir par sa dépense le marchand de vin, dont il se propose d’épouser la niece, nommée Javotte. De tous les personnages, le plus plaisant est sans contredit le menuisier, que sa femme vient rejoindre au cabaret. Mais tout ce la ne forme pas une piece ; il a donc fallu trouver une petite intrigue d'amour. Centime charge Philistin, son commensal, garçon tailleur sans ouvrage et sans expérience, de porter un billet doux à la niece. Il trouve celle-ci avec sa mere et son amant Lavaleur, qui pour payer le port lui applique quelques soufflets. Philistin à son retour, pretend que ce n’est pas lui qui a été battu, mais bien Centime lui-même, puisqu’il n’étoit que le fondé de pouvoir, et que les sooufflets lui étoient destinés. Centime ne se sent pas trop en état d’aller en demander raison à Lavaleur ; mais enfin, poussé à bout par Philistin , il part pour venger l'outrage qu’il a reçu par procuration. Lavaleur vient lui-même avec son amante et sa mere au cabaret, et là il obtient la main de Javotte en dépit de Centime, qui avoit voulu persuader au marchand de vin qu’il étoit toujours en place, tandis qu’il en avoit été chasse honteusement.

L'auteur de cette petite pièce est M. Martinville.

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