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Le Voisinage

Le Voisinage, opéra en un acte de Pujoulx, musique de Quinebeau, Dubua, Dugazon fils, Bertaud et Pradère. 4 Pluviôse an 8 [24 janvier 1800].

Théâtre de l'Opéra Comique national, rue Favart

Titre :

Voisinage (le)

Genre

opéra

Nombre d'actes :

1

Vers / prose

prose, couplets en vers

Musique :

oui

Date de création :

4 pluviôse an 8 (24 janvier 1800)

Théâtre :

Théâtre de l’Opéra-Comique national, rue Favart

Auteur(s) des paroles :

Pujoulx

Compositeur(s) :

Quinebeau, Dubua, Dugazon fils, Bertaud et Pradère

Almanach des Muses 1801

Intrigue qui a produit peu d'effet à la première représentation, et qui en a produit davantage à la seconde. De jolis détails.

Musique qui a réussi.

Courrier des spectacles, n° 1657 du 5 pluviôse an 8 [25 janvier 1800], p. 2 :

[Un ouvrage faible, « des invraisemblances choquantes » : la pièce ne pouvait qu’échouer, même si elle est allée jusqu’à sa fin. L’intrigue met en scène un jeune homme qui a sauvé une jeune fille de la noyade et s’arrange pour occuper l'appartement voisin dans l’auberge où elle est descendue avec son père (d’où le titre : ce voisinage sera décisif pour qu’il arrive à épouser). Quand celui-ci apprend que le fiancé qu’il avait choisi est mort, le sauveteur sait qu’il peut devenir l’époux de celle qu'il a sauvée. Quelques quiproquos plus tard (et le critique semble penser que ces quiproquos sont mal venus), il réussit à faire comprendre au père qu’il est le mari qu’il cherche pour sa fille, et obtient sa main. La pièce a été bien jouée, la musique a bien des qualités et les couplets sont jolis, mais il y a eu plus de sifflets que d’applaudissements, et l’auteur de la musique n’a que faiblement été demandé, ce que le critique regrette.]

Théâtre Favart.

Un ouvrage foible se soutient avec une bonne musique, mais la plus jolie composition ne peut préserver de la chute celui qui non-seulement est foible. mais qui offre encore des invraisemblances choquantes. C’est le sort qu’eut hier le Voisinage, opéra en un acte, donné pour la première fois à ce théâtre. Comme cette pièce a été jouée jusqu’à la fin, nous en donnerons ici l’analyse :

Valcour, qui a fait une partie du voyage de Marseille à Lyon avec Céline et son père, capitaine d’un corsaire, a eu le bonheur de sauver la vie de la demoiselle au passage du bacq. De bienfaiteur il est devenu amant ; mais sans déclarer sa flamme, il s’informe en secret du but du voyage du capitaine, et apprend qu’il va à Paris pour y marier sa fille, et qu’il doit descendre à l’hôtel des Indes.

Valcour, suivi de son domestique, prend les devants, arrive, se fait donner un logement dans le même hôtel ; un second appartement voisin du sien reste vacant, le capitaine et sa fille arrivent à leur tour et s’en emparent. Le père sorti pour prévenir de son arrivée son gendre futur Dorsange, rencontre un des cousins de ce dernier qui lui apprend sa mort. Dans sa vivacité, il envoie à sa fille ce parent en deuil qu’elle prend pour celui qu’on lui destine.

Valcour le croit également ; de-là quelques quiproquo qui n’ont point paru faire grand plaisir. Bref, le capitaine rentre, Valcour s’empresse de s’enfermer dans son appartement, mais le bruit qu’il fait éveille les soupçons du père, qui naturellement brusque, veut faire enfoncer la porte. Valcour sorti par un escalier dérobé, est rencontré par le capitaine qui le cherche, et qui, par reconnoissance, lui propose la main de sa fille ; il s’agit d’ouvrir la porte de l’appartement et de savoir qui l’occupe : le jeune homme en remet la clef au capitaine, qui devine et approuve la cause de ce voisinage.

Malgré le chant et le jeu des citoyens Chenard , Martin et Dozainville, et de la citoyenne Bouvier ; malgré un duo très-agréable entre elle et le citoyen Martin ; malgré les jolis couplets de la fin, dont un entr’autres chanté par le citoyen Chenard fut très-applaudi, les sifflets couvrirent les applaudissemens, et l’on ne demanda que faiblement l’auteur de la musique, qui, selon nous , méritoit d’être nommé.

G * * *          

Magasin encyclopédique, ou journal des sciences, des lettres et des arts, V. année (an viii. – 1799), tome sixième, p. 121 :

[Dans ce très court compte rendu, le critique parle de chute, causée par les invraisemblances de l'intrigue et le manque d'intérêt. L'auteur du texte n'a pas été nommé lors de cette première, par contre il donne une liste de compositeurs : ils se sont mis à cinq pour créer la musique d'un opéra comique en un acte. Et la pièce a survécu grâce à « beaucoup de coupures et de corrections » effectuées par l'auteur des paroles (dont on apprend finalement le nom) : la seconde représentation a été plus heureuse que la première...]

Théâtre Favart.

Le Voisinage.

Ce petit opéra a été joué le 4 pluviôse. Malgré l'agrément de la musique, des invraisemblances choquantes et peu d'intérêt en ont déterminé la chûte.

L'auteur de la musique a seul été demandé ; on en a nommé cinq : les CC. Quinebeau, Dubua, Dugazon fils, Bertaud, et Pradère.

Le C. Pujoux a fait à sa pièce beaucoup de coupures et de corrections, et la seconde représentation a eu plus de succès que la première.

Parmi les auteurs :

Gustave Dugazon est le fils de Rosalie Dugazon, la célèbre actrice ; il a fait carrière comme professeur de piano, mais aussi comme compositeur d'opéras-comiques (dont le Voisinage) et de ballets, qui n'ont guère réussi.

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