Les Francs juges, ou les Temps de Barbarie

Les Francs juges, ou les Temps de Barbarie, mélodrame en quatre actes et en prose, de Jean-Henri-Ferdinand de Lamartelière, 17 juin 1807.

Théâtre de l'Ambigu-Comique.

Sur la page de titre de la brochure, à Paris, chez Barba :

Les Francs-Juges, ou les Tems de barbarie, mélodrame historique du XIIIe siècle, en quatre actes ; Par M. J. H. E. L. Musique de M. Quaoisain, Ballet de M. Richard, Pensionnaire de l'Académie royale de Musique ; Représenté pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre de l'Ambigu-Comique, le Mercredi 17 juin 1807.


 

PERSONNAGES.

ACTEURS.

ALBERT, Duc de Saxe.

M. Grévin.

CONRAD DE THURINGE, baron du St.-Empire.

M. Fresnoy.

HERMAN D'ALTORF, baron du St.-Empire.

M. Joigny.

ADOLPHE, fils d'Herman et de Mathilde, âgé de 10 ans.

Mlle. Adèle.

BERTHOLD, grand-veneur d'Albert et affidé du Tribunal secret.

M. Dufrêne.

LE PRESIDENT

UN FRANC JUGE

UN HUISSIER

du Tribunal secret.

M.

M.

M.

GUILLAUME, Concierge du château de Conrad.

M. Stoleit.

BERTRAND, Officier de Conrad.

M.

MATILDE, femme de Herman et soeur de Conrad.

Mlle. Lévêque.

MARGUERITE, fe. de Guilleaume.

Mad. Fresnoy.

BERTHE, chambrière de Mathilde.

Mlle. Eléonore.

Soldats et Vassaux de Conrad.

 

Quatre Francs-Juges et affidés du Tribunal secret

La scène se passe dans la Thuringe, vers le milieu du 15e. siècle.

OBSERVATION PRELIMINAIRE.

L'histoire n'offre aucun exemple d'une institution aussi inconcevable que celle des Francs-Juges de la Westphalie. Il n'est personne qui n'en ait entendu parler, qui n'ait frémi à la lecture ou au récit de leurs exécutions, et pourtant il est rare de rencontr er quelqu'un dans la société, qui se soit procuré des notions exactes sur un fait historique aussi intéressant. Cette reflexion m'a suggéré l'idée de rassembler dans un cadre dramatique, tout ce que les chroniques du tems nous ont laissé de renseignemens sur les statuts, les formules, les mœurs et les usages de cette association monstrueuse, qui, pendant plusieurs siècles, a tenu dans la stupeur et l'asservissement, la plus grande partie de la Germanie. Le tableau, pour être vrai, ne pouvait manquer d'être effrayant, et c'est pour cela précisément que je le crois propre à être offert au public, non-seulement comme un monument historique, mais comme un préservatif coutre le danger de toute innovation politique, et pour lui faire sentir plus vivement le bonheur d'exister dans un siècle éclairé et sous l'égide tutélaire des loix.

Cette observation préliminaire commence par une mise au point historique. Elle insiste sur la brutalité de cette justice d'autrefois, en Germanie. Mais la dernière phrase élargit la perspective : au-delà de la vérité historique, l'auteur veut mettre en garde « contre le danger de toute innovation politique », pour faire prendre conscience au bonheur du temps présent, marqué par le rétablissement des lois. Une dernière phrase politique, bien sûr.

Représentations :17, 18, 19, 20, 22, 23, 25, 26, 28juin 1807, 2, 4, 7, 8, 10, 17, 22, 30 juillet, 5 août. La liste des représentations en 1807 s'arrête là. Mais il faudrait poursuivre la recherche pour les années ultérieures.

Almanach des Muses 1808.

Bernard Franco, Le Despotisme du goût, Débats sur le modèle tragique allemand en France, 1797-1814, p. 229 : la pièce, de Lamartelière, reprend une pièce antérieure du même, le Tribunal redoutable, ou la Suite de Robert chef de Brigands (1793), inspirée de Michael Huber, traducteur des Brigands de Schiller.

Les Francs Juges sont les membres du tribunal secret de la Sainte-Vehme en Allemagne au XIVe siècle. La Sainte-Vehme est une institution judiciaire, implantée surtout en Westphalie à la fin du Moyen Âge. Les juges, membres de la petite noblesse et roturiers, étaient compétents pour les affaires religieuses et pour les délits de droit commun. Ils ne rendaient que deux sentences, l'absolution ou la mort, et cette sentence, communiquée à l'accusé par un placard sur sa porte, était exécutable par chacun. Un tel tribunal a inspiré la crainte dans de nombreux milieux ; le romantisme lui a conféré ses lettres de noblesse. Et il a resurgi après la Première Guerre mondiale, caractérisée par son rejet de la modernité et par sa violence sans limites.

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