La Partie carrée ou Chacun de son côté

La Partie carrée, ou Chacun de son côté, vaudeville en un acte, de Théaulon, Armand Dartois et Dumersan, 11 juillet 1810.

Théâtre du Vaudeville.

Titre :

Partie carrée (le), ou Chacun de son côté

Genre

comédie mêlée de vaudevilles

Nombre d'actes :

1

Vers ou prose ?

en prose, avec des vers

Musique :

vaudevilles

Date de création :

11 juillet 1810

Théâtre :

Théâtre du Vaudeville

Auteur(s) des paroles :

Théaulon, Armand Dartois et Dumersan

Almanach des Muses 1811.

Sur la page de titre de la brochure, à Paris, chez Martinet, 1810 :

Partie carrée, ou Chacun de son côté, comédie-vaudeville en un acte, Par MM. Théaulon, Ar. Dart. et D***. Représentée pour la première fois à Paris, sur le Théâtre du Vaudeville, le 11 juillet 1810.

Sur la page de titre de la brochure, à Paris, chez Martinet, 1822 (nouvelle édition) :

Partie carrée, ou Chacun de son côté, comédie-vaudeville en un acte, Par MM. Théaulon, Ar. Dart. et D***. Représentée pour la première fois à Paris, sur le Théâtre du Vaudeville, le 11 juillet 1810.

Sur l'exemplaire mis en ligne dans Gallica, ajout manuscrit : Armand Dartois pour Ar. Dart., Dumersan pour D***.

L’Esprit des journaux français et étrangers, tome IX, septembre 1810, p. 289-292 :

[Après une phrase d’introduction pleine de restrictions (« assez gai », « assez piquant »), le résumé de l’intrigue permet de découvrir une intrigue très convenue, avec oncle et neveu, tante et nièce, qui constituent la base d’une « partie carrée », avec pavillons dans le jardin pour cacher ces messieurs, avec contrat tout prêt qui permet au neveu d'épouser la nièce, l’oncle épousant comme il le souhaitait la tante. Tout est bien qui finit bien. Les quelques lignes du dernier paragraphe permettent de dire que cette pièce est pleine d’invraisemblances, mais que des couplets « assez jolis » (on retrouve les « assez » du début) ont permis d’accepter « la faiblesse de l’intrigue ».]

Partie carrée ou Chacun de son côté, comédie en un acte, de MM. Théaulon et Arm. Dartois.

Il y a quelque chose d'assez gai et d'assez piquant dans la conception de ce vaudeville. Un oncle et son neveu, une tante et sa nièce en sont les seuls personnages. L’oncle, M. de Valmont, a cinquante ans ; la tante, Mlle. de Gernance , en a quarante : assortis par l'âge et possédant deux terres qui se touchent, ils ont formé le projet de se marier ; mais ils ont également résolu de cacher ce projet au neveu et à la nièce. Valmont, obligé de faire venir Armand à sa terre, lui fait croire qu'il est brouillé avec sa voisine, et lui défend d'approcher du château où elle vit. Mlle. de Gernance, de son côté, se plaint à Camille des mauvais procédés de Valmont, et ne la laisse jamais sortir seule. Mais les choses se passent ici comme à l'ordinaire. La défense de l'oncle n'a servi qu'à exciter la curiosité d'Armand. Il s'est mis aux aguets sous les murs du château de Mlle. de Gernance ; il a entendu chanter Camille ; il l'a vue, il lui a parlé à travers la grille du jardin ; et , dix jours après son arrivée au château de son oncle, il est déjà parvenu à s'introduire dans celui de la tante ; non pas précisément de concert avec la nièce, mais sans qu'elle l'ait trouvé mauvais. C'est alors aussi que Valmont arrive chez Mlle. de Gernance tout aussi furtivement que son neveu, car il ne craint pas moins que lui d'être découvert. Camille, pour empêcher qu'Armand ne soit vu de sa tante, vient de l'enfermer dans un pavillon du jardin ; Mlle. de Gernance enferme Valmont dans un autre, de peur qu'il ne soit vu de sa nièce, et c'est-là ce qui produit la partie carrée dont la pièce a tiré son nom. En effet, la tante a vainement renvoyé sa nièce pour causer librement avec son futur ; Camille revient avec un carton, pour dessiner, dit-elle, une fleur sur son vase, mais réellement pour se rapprocher d'Armand. La tante lui conseille d'emporter le vase, mais Camille insiste ; elle s'assied près du pavillon dont Armand ouvre la fenêtre, et Mlle. de Gernance n'a plus d'autre ressource que de s'emparer du même poste auprès du pavillon où M. de Valmont est enfermé.

Ce tableau a d'autant mieux réussi; qu'il semblait en annoncer d'autres ; mais c'est ici que les auteurs ont commencé à rester au-dessous de ce qu'ils avaient promis. Pressés de finir, comme on l'est trop souvent à ce théâtre, ils ont fait disparaître la tante et la nièce ; ils ont mis en présence l'oncle et le neveu, et la scène qui se passe entr'eux, n'est pas aussi piquante qu'elle pouvait l'être. Valmont veut d'abord interroger Armand, et bientôt c'est Armand qui l'interroge. Valmont cherche à le dérouter, en lui disant, que c'est pour la nièce qu'il est là, et que c'est elle qu'il épouse. Armand répond malignement que pour lui il n'en veut qu'à la tante ; la plaisanterie était bonne, mais le mal est que l'oncle la prend pour argent comptant, et que c'est de cette erreur impardonnable à un homme comme lui et de la jalousie encore plus ridicule qu'elle lui inspire, qu'est tiré le dénouement. Valmont entend venir Mlle. de Gernance ; il ordonne à son neveu, pour le punir, de lui demander sa nièce en mariage, et rentre dans son cabinet. Armand paraît d'abord embarrassé ; mais il est bien vîte éclairé par l'une de ces illuminations comiques qui viennent si à propos au secours des auteurs. Il feint de parler à Mlle. de Gernance, qui n'est point encore à portée de l'entendre, et l'avertit que la demande qu'il va lui faire de sa nièce, n'est qu'une ruse qu'il emploie pour détourner les soupçons jaloux de M. de Valmont. Mlle. de Gernance arrive ; Armand lui parle comme son oncle l'a désiré, et pendant que la tante hésite, Valmont, toujours jaloux et vindicatif, sort de sa cachette avec un contrat tout prêt à signer, force la main à Mlle. de Gernance, fait signer Armand, et ensuite, Camille qui arrive tout-à-propos ; et lorsqu'il croit avoir consommé sa vengeance, Armand lui découvre la vérité. On devine bien que suivant l'usage, Valmont ne s'apperçoit pas plutôt qu'on l'a trompé, qu'il devient le meilleur homme du monde, qu'il pardonne aux jeunes gens, et que, pour rendre le dénouement complet, il finit par épouser Mlle. de Gernance.

Nous ne nous amuserons point à relever les invraisemblances de ce petit ouvrage. C'est un point sur lequel le genre nous oblige d'être indulgens. D'assez jolis couplets ont d'ailleurs demandé grace pour la faiblesse de l'intrigue.

Mémorial dramatique, ou almanach théâtral pour l'année 1811, p. 153 :

[Isabelle et Gertrude ou les Sylphes supposés est une comédie en un acte mêlée d’ariettes de Favart, musique de Blaise, jouée par les Comédiens Italiens Ordinaires du Roi le 14 août 1765.]

La Partie carrée, ou Chacun de son Côté, vaud. en un acte, par MM. Theaulon et Dartois. (11 juillet.)

Le sujet de ce vaudeville est à-peu-près le même que celui d'Isabelle et Gertrude, opéra-comique ; mais les auteurs sont loin d'avoir atteint la délicatesse et la grace de leur modèle.

 

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