La Pauvre femme

La pauvre femme, opéra en un acte, de Marsollier, musique de Daleyrac. 19 Germinal an 3 [8 avril 1795].

Opéra comique national

Titre :

Pauvre Femme (la)

Genre

opéra

Nombre d'actes :

1

Vers / prose ?

en prose, avec des couplets en vers

Musique :

oui

Date de création :

19 germinal an 3 (8 avril 1795)

Théâtre :

Opéra Comique National

Auteur(s) des paroles :

Marsollier

Compositeur(s) :

Dalayrac

Almanach des Muses 1796.

Pièce fort accueillie. La pauvre femme court un grand danger en donnant retraite au frère, à la femme et au petit enfant d'un détenu avant le 9 thermidor ; elle remet fidèlement un porte-feuille garni d'une forte somme en assignats qui lui a été confiée du vivant de son mari. Il se trouve que celui qui vient les revendiquer est l'époux de la jeune mère et frère du proscrit.

Pièce de circonstance. Quelques scènes invraisemblables ou languissantes ; de l'intérêt ; de charmans détails.

Sur la page de titre de la brochure, Paris, chez Barba, 1796 :

La pauvre Femme, comédie en un acte, en prose, mêlée de musique ; Représentée pour la première fois sur le théâtre de l'Opéra-Comique National, le 19 Germinal, an troisième de la République. Paroles du citoyen Marsolier, musique du citoyen Dalayrac.

Gazette nationale ou le Moniteur universel, n° 222 (12 floréal an III, 1er mai 1795), p. 902 :

[Le compte rendu débute par le rapprochement de la pièce nouvelle avec une pièce antérieure des mêmes auteurs, les Détenus, ou Cange, commissionnaire de Lazare. Elle en a les qualités (« la même grâce de style, la même sensibilité ») et la force (« la même horreur pour les mesures arbitraires et sanguinaires »). Le résumé de l’intrigue met en avant la générosité de la pauvre femme. Une scène la montre hésitant à prendre un peu d’argent dans le portefeuille confié à sa garde, mais elle résiste à la tentation. Cette scène a paru un peu longue à la première représentation. Sinon, « un grand succès », une musique « pleine de chant et de facilité », et une interprète remarquable pour la pauvre femme.]

THÉÂTRE DE L'OPÉRA-COMIQUE NATIONAL.

La Pauvre femme est une espèce de pendant de l'opéra, intitulé les Détenus, qu'on doit aux mêmes auteurs, les citoyens Marsollier et Dalayrac ; on y retrouve la même grâce de style, la même sensibilité, la même horreur pour les mesures arbitraires et sanguinaires, qui y sont combattues avec courage et vouées au ridicule en même temps qu'à l'exécration.

Cette pauvre femme a recueilli dans son grenier une jeune femme avec son enfant, malheureuse, séparée de son mari dont elle ignore le sort, et qui fuit pour ne pas être arrêté. Avec elle est le frère de son mari, et tous deux, ou plutôt tous trois, puisqu'il y a un enfant au berceau, n'existent que par les soins soutenus de la pauvre femme. Elle a, au surplus, l'habitude de pareilles actions. Du vivant de son mari, un inconnu sur le point d'être arrêté déposa entre ses mains un portefeuille rempli d'une somme considérable. Il la prévient aujourd'hui qu'il viendra le reprendre. Il vient en effet, et la difficulté qu'on a d'abord à le retrouver répand sur celle scène un très-vif intérêt. Enfin il se retrouve. La pauvre femme, qui déjà manque de moyens de pourvoir à l'entretien de ses hôtes, est un moment tentée d'emprunter à ce portefeuille un assignat de 50 liv. Elle le pouvait d'autant mieux que le propriétaire avoue qu'il en ignore le compte ; mais il s'en fiait à sa probité. Ce seul mot l'éclaire et rappelle toute sa délicatesse. Ce propriétaire est précisément le mari, le père, le frère des trois hôtes de la pauvre femme, qui trouve la récompense de son bon cœur et de ses procédés généreux.

Cet ouvrage a eu un grand succès. Seulement, à la première représentation on a trouvé la tentation un peu trop prolongée. La musique est à l'ordinaire pleine de chant et de facilité. Le rôle de la pauvre femme est joué par la citoyenne Lefèvre, ci-devant Dugazon ; et elle y a prouvé que son talent est encore dans toute sa force.

L’Esprit des journaux français et étrangers, 1795, volume 2 (mars-avril 1795), p. 278-279 :

[Une pièce d’actualité : elle joue sur la condamnation de la tyrannie de Robespierre, et elle reçoit dans un rapide compte rendu l’approbation du critique : « le charme de l'intérêt & des détails les plus piquans » ; la musique est « remplie de chant & d'effets dramatiques », puisqu’elle est de Dalyarac. Et « La piece est très-bien jouée ».]

THÉATRE DE L'OPÉRA COMIQUE NATIONAL, RUE FAVART.

La pauvre femme, opéra en un acte ; par Marsolier.

La pauvre femme est un ouvrage plein de détails charmans, & d'un intérêt doux. Le fonds en est simple : une femme indigente a sauvé, des poursuites des terroristes, deux infortunés qu'elle a cachés chez elle. Elle leur prodigue les soins les plus tendres ; mais elle est sur le point de les laisser manquer de tout, attendu qu'elle a épuisé toutes ses ressources pour les nourrir. Un inconnu vient réclamer un porte-feuille qu'il a confié à la pauvre femme & à son défunt mari : la pauvre femme le lui rend, & en reçoit une somme qu'elle veut faire accepter à ses hôtes. C'est au milieu des témoignages de reconnoissance de ces derniers, que l'inconnu, qui revient sur ses pas, reconnoît son épouse dans l'une des deux victimes que la pauvre femme a soustraites à la proscription des hommes de sang. Tel est le fonds léger sur lequel l'auteur de Nina, de Cange, &c. a su répandre le charme de l'intérêt & des détails les plus piquans. La musique, qui est de Dalayrac, porte le cachet de ce compositeur fécond : elle est remplie de chant & d'effets dramatiques, comme tous ses ouvrages. La piece est très-bien jouée.

Magasin encyclopédique, ou journal des sciences, des lettres et des arts, 1e année, 1795, tome I, p. 422-423 :

[L’intrigue de cette pièce est fort émouvante, et fort peu vraisemblable (des gens qui se sont perdus de vue depuis fort longtemps se retrouvent miraculeusement au même endroit), mais le critique n’y trouve pas à redire. Elle est aussi une condamnation du « terrorisme », puisque les personnages qui se retrouvent ont pour caractéristique commune d’être des proscrits. « Tel est le fond très-simple de cette pièce ». Il a fallu l’enrichir de scènes épisodiques, ce que Marsollier a très bien fait. Et la musique est «  en harmonie avec le sujet ».

Nina est un opéra comique en un acte de Marsollier, musique de Dalayrac, datant de 1786.]

THÉATRE DE LA RUE FAV ART.

Première représentation de la PAUVRE FEMME.

La Pauvre Femme, pièce en un acte et en musique, jouée pour la première fois le 19 germinal, a eu beaucoup de succès. Les paroles sont du citoyen Marsollier, la musique est du citoyen d'Aleyrac , auteur de Nina

Une Pauvre Femme a caché dans sa demeure un homme de lettres et une jeune femme mère d'un enfant au berceau, proscrits l'un et l'autre. Un homme qui a été proscrit lui-même, avoit remis en dépôt au mari de la Pauvre Femme, lequel est mort depuis, un porte-feuille renfermant une somme considérable. Rendu à la liberté, il vient le redemander. Il se trouve que cet homme est l'époux de la jeune mère, et frère du proscrit, également recueilli par la Pauvre Femme. Son retour et son porte-feuille éloignent enfin de ces infortunés la douleur et le besoin. Tel est le fond très-simple de cette pièce. Ces petits drames, même avec le secours de la musique, ont besoin d'être animés par des scènes épisodiques. C'est ce que le citoyen Marsollier a fait avec beaucoup de naturel et de connoissance des effets propres à ce genre. La musique est en harmonie avec le sujet ; elle est digne du talent ingénieux et facile de son auteur.

Annales dramatiques ou dictionnaire général des théâtres, tome 7 (Paris, 1811), p. 262 :

PAUVRE FEMME (la), opéra en un acte, par M. Marsolier, 1794.

Une femme indigente a sauvé de la rage des terroristes deux infortunées qu'elle a cachées ; elle leur prodigue les soins les plus tendres ; mais ses ressources sont bientôt épuisées, et elle est à la veille de les laisser manquer de tout. Cependant un inconnu vient réclamer un porte-feuille qu'il à confié à cette pauvre femme et à son défunt mari ; elle le lui rend, et en reçoit une somme qu'elle veut faire accepter à ses hôtes. Au milieu des témoignages de reconnaissance de celles-ci, l'inconnu revient et retrouve sa femme dans l'une des deux victimes que cette pauvre femme a soustraites à la proscription.

On trouve dans cet ouvrage, dont le fond est léger, de l’intérêt et des détails très-touchans.

D'après la base César, la pièce, attribuée au seule Marsollier, a été jouée 41 fois au Théâtre Italien, du 10 avril 1795 au 16 juin 1797 (23 fois en 1795, 12 fois en 1796, 6 fois en 1797). César ajoute 10 représentation à ce qu'il appelle encore Académie royale de Musique (du 22 septembre 1795 au 21 septembre 1796), 2 représentation au Théâtre du Marais (le 25 septembre et le 11 décembre 1796), 1 représentation au théâtre de Gand (le 22 octobre 1796), 1 représentation au Théâtre Feydeau (le 6 décembre 1796) 1 représentation au Théâtre de la rue Martin (le 2 janvier 1797) et 1 représentation aux Variétés Amusantes, Comiques et Lyriques (le 16 juin 1797).

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