Les Pères créanciers

Les Pères créanciers, comédie en un acte et en prose, M. Planard, 3 octobre 1811.

Théâtre Français.

Titre

Pères créanciers (les)

Genre

comédie

Nombre d'actes :

1

Vers / prose ?

en vers

Musique :

non

Date de création :

3 octobre 1811

Théâtre :

Théâtre Français

Auteur(s) des paroles :

M. Planard

Sur la page de titre de la brochure, à Paris, chez M.me Masson, 1811 :

Les Pères créanciers, comédie, en un acte et en vers, Par M. E. P. Représentée au Théâtre Français, par les Comédiens ordinaires de S. M. l’Empereur et Roi, le 3 octobre 1811.

E. P., c’est Eugène de Planard.

Journal des arts, des sciences et de la littérature, septième volume (quatrième trimestre de 1811), n° 107 (deuxième année), 5 octobre 1811, p. 21-22 :

[Jugement sévère, mais argumenté : « Rien de neuf, point de vis comica, un style peu soigné, des scènes continuellement à contre-partie, qui, reproduisant toujours la répétition des mêmes intentions dramatiques, rendent l'action d'une lenteur et d’une monotonie insupportables », et une intrigue d’amour mal rattachée à l’intrigue.

A noter : le critique exonère la cabale de toute responsabilité dans la chute de la pièce.]

Théâtre-Français. — Première représentation des Pères Créanciers, comédie en un acte et en vers.

L'auteur de cette bluette a eu tort de croire, comme il le dit dans un endroit de sa pièce, que son sujet

Sur la scène pourrait être représenté.

L'événement ne lui a que trop prouvé le contraire. Ce sujet a le défaut capital d'être froid, insignifiant, et de n'offrir qu'un comique usé, qui rappelle trop souvent la jolie comédie des Étourdis.

Deux jeunes libertins, fils de deux négocians de Bruxelles, font des dettes. Dans un moment où leurs créanciers les poursuivent et les tiennent dans les derniers retranchemens, ils endossent réciproquement leurs billets, et, par cette ruse généreuse, font cesser, pour quelques instans, les poursuites des juifs qui les tourmentent. Ensuite chacun d'eux emprunte au père de son ami une somme de 1200 fr., qu'ils échangent pour alléger leur conscience. les Pères Créanciers, qui seraient mieux appelés les Pères niais et ridicules, découvrent bientôt cette fine espiéglerie, se fâchent d'abord, et pardonnent aussitôt. Voilà toute la pièce. Je ne parle pas d'une intrigue d'amour assez mal cousue à ce canevas, et qui se passe entre deux valets absolument inutiles à l'action. Rien de neuf, point de vis comica, un style peu soigné, des scènes continuellement à contre-partie, qui, reproduisant toujours la répétition des mêmes intentions dramatiques, rendent l'action d'une lenteur et d’une monotonie insupportables.

Telles sont, je pense, les causes de la chute naturelle de cet ouvrage ; je dis chute naturelle, parce que cette fois la cabale n'y était pour rien, et l'on s'est même aperçu qu'elle battait décidément en retraite; car on a entendu dans le lointain de petits sons de trompette, qui partaient des cinquièmes loges, vers la fin de la représentation, et qui ressemblaient à des soupirs de douleur.                           L. M.

Magasin encyclopédique, ou journal des sciences, des lettres et des arts, 16e année, 1811, tome V, p. 405 :

Théâtre français.

Les Pères créanciers, comédie en un acte et en prose, jouée le 3 octobre.

Cette pièce n’a point obtenu de succès.

L’Esprit des journaux français et étrangers, année 1811, tome XI (novembre 1811), p. 284-285 :

[Après le critique de Madame de Randan à l’Opéra-Comique, celle des Pères créanciers, le même soir, au Théâtre Français. Le critique a reconnu dans la pièce nouvelle « une anecdote arrivée en Allemagne » qui propose une situation plaisante (deux fils cherchant à se faire pardonner leurs dettes par leurs deux pères qui ont fourni chacun au fils de l’autre de l’argent), mais l’auteur n’a pas su en faire une situation comique (des valets agenouillés pour se faire pardonner, comme dans Crispin rival de son maître, de Lesage (pièce de 1707), c’est drôle, pas des fils de bonne famille dans la même position devant leur père, ce n’est pas convenable). Et la pièce a échoué...]

La représentation un peu courte finissait avant dix heures ; il n'y avait qu'un pas du château de madame de Randan au logis des Pères créanciers ; il nous a été facile de reconnaître qu'une anecdote arrivée en Allemagne, a fourni le sujet de ce dernier ouvrage : deux fils poursuivis par leurs créanciers, et plus pressés encore par le besoin et l'habitude de dépenser de l'argent, empruntent l'un au père de l'autre ; chacun des pères, persuadé que le fils de son ami est un excellent sujet, prête avec confiance, et tous deux se trouvant créanciers l'un de l'autre, ou plutôt de leurs fils, échangent mutuellement leurs billets. La situation pouvait être plaisante, et la leçon due aux jeunes gens, amenée par des moyens et des scènes comiques ; l'auteur n'y a pas réussi, car on ne peut nommer une scène comique, celle où les deux fils découverts à-la-fois dans leur retraite par leurs pères et par d'autres créanciers, s'avancent en tremblant, et s'agenouillent pour demander grace. Crispin et la Branche sont fort plaisans aux genoux de M. et de Mme. Oronte, mais MM. Dorval et Favières aux pieds de leurs pères le sont beaucoup moins : si c'est repentir, la position est triste, si c'est dérision, elle n'est pas convenable. Le parterre a paru sentir la force de ce dilème, et a refusé à l'ouvrage, même les marques extérieures du succès.                  S....

Mémorial dramatique, ou Almanach théâtral pour l’an 1812, VIe année, p. 48-50 :

[Après avoir résumé une intrigue peu originale (des enfants qui font des dettes, il y en a beaucoup au théâtre, tout comme il y a beaucoup de pères qui pardonnent les frasques de leurs enfants), c’est par l’indication de quelques sources de la pièce, devenue « pitoyable imitation », « si mesquine par l'intrigue, si mal conduite et surtout si mal versifiée » qu’elle n’est pas allée à son terme. Petit conseil aux Comédiens Français : mieux choisir leurs pièces et « revenir aux talens modestes que 1'on dédaigne quelquefois ».]

Les Pères Créanciers, comédie en un acte et en vers, par M. ***. (3 octobre.)

La scène se passe à Bruxelles, chez M. Valmont, riche négociant : Dorval son fils, et Valcourt, fils de M. Flavières, autre négociant, ont fait des dettes pendant l'absence de leurs pères que leur commerce oblige à voyager, et sont vivement poursuivis, notamment par les usuriers Dupré et Bertrand ; ces derniers ont même obtenu contre eux des sentences par corps. M. Valmont est déjà de retour depuis quelque tems, et refuse de payer les dettes de son fils ; mais M. Favières n'est arrivé que de la veille. Les deux pères ne se sont. pas encore revus. Nos étourdis imaginent de profiter de cette situation pour tirer d'eux de l'argent ; ils vont emprunter, l’un au père de l'autre, une somme de cent louis, en disant chacun leur père absent, et font leur billet. A peine ont-ils la bourse garnie, qu'ils voient pleurer une petite servante de Valmont, appelée Rosette,et Gervais, son amoureux, parce qu'on ne veut point les marier ensemble, Rosette étant sans dot. En récompense de l'adresse avec laquelle cette fille a su écarter leurs créanciers, ils la dotent à l'instant, et se proposent de se bien divertir avec le reste de leur emprunt.

Mais les pères se rencontrent. Explication entre eux. Ils se paient réciproquement avec les obligations de leurs enfans, se fâchent un peu, cherchent Derval et Valcour, les trouvent, et leur demandent 1'emploi de leur argent. Rosette alors s'avance avec ses rouleaux à la main. Les usuriers Dupré et Bertrand, témoins de cette scène, et desirant que les pères pardonnent à leurs fils, afin qu'ils se chargent de leurs dettes, s’écrient : ils sont charmans ! Les jeunes gens promettent de mieux se conduire, et obtiennent leur grace.

Cet ouvrage, qui n’est autre chose qu'une pitoyable imitation des Dettes et de la charmante comédie des Etourdis, était si mesquine par l'intrigue, si mal conduite et surtout si mal versifiée, que le parterre, quoiqu'indulgent ce jour là, n'a pu s'empêcher de siffler la piece et de faire tomber l'ouvrage avec le rideau. Le Théâtre français n’a pas été heureux cette année, et la mise en scène d'un pareil ouvrage ne fait point honneur au goût de ceux qui en ont entendu la lecture ; les Comédiens français devraient être plus avare de leur tems, et ne s'occuper que d'ouvrages dignes d'eux ; ils devraient sur-tout renoncer aux faiseurs qui les éblouissent par de misérables rapsodies, pour revenir aux talens modestes que 1'on dédaigne quelquefois.

D’après la base la Grange de la Comédie Française, les Pères créanciers, de François-Antoine-Eugène de Planard n’a connu qu’une représentation, le 3 octobre 1811.

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