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Panard

Panard, comédie en un acte mêlée de vaudevilles, de Boutard, Fontenille et Desfougerets, 8 floréal an 10 [28 avril 1802].

Théâtre du Vaudeville

Almanach des Muses 1803

Courrier des spectacles, n° 1880 du 9 floréal an 10 [29 avril 1802], p. 2 :

[Quelques auteurs secondaires ont osé tenter la difficile tâche de mettre Pannard sur la scène, tâche fort difficile, que les auteurs vedettes du Vaudeville auraient dû assumer. Le résultat, c’est une pièce mal accueillie. On ne reconnaît pas Pannard dans cet ouvrage. Il aurait fallu illustrer une anecdote, plutôt que de trahir la sacrosainte vérité historique en présentant « une pièce d’imagination, qui a de plus le défaut d’être fort longue et mal conduite ». Seuls ont émergé des couplets, qui étaient empruntés à Pannard. Petite pique aussi : la pièce se passe chez une femme « d’une vertu un peu suspecte ». L’intrigue est résumée sans être jugée : une histoire de couplets, qu’un vieux procureur s’attribue quand ils sont du tout jeune Pannard. Bien sûr, son larcin est découvert. Pas de nom d’auteur, rien sur l’interprétation.]

Théâtre du Vaudeville.

Première représentation de Pannard.

Comment nos auteurs de vaudevilles les plus renommés n’ont-ils pas eu l’idée de mettre en scène ce joyeux chansonnier ? Comment en ont-ils laissé le soin à des plumes moins exercées ? Comment ont-ils pu exposer le père du Vaudeville à être méconnu et hué au sein de sa famille ? Comment ?.... mais voilà trop de questions qui annoncent de notre part du mécontentement. Pannard lui-même doit se réjouir d’avoir reçu un mauvais accueil, car ce n’est pas lui qu’on a sifflé, c’est la mal-adresse de ceux qui l’ont présenté, froid, monotone et sans couleur. Le caractère d’un homme tel que Pannard prêtoit beaucoup aux développemens. On devroit davantage se faire un devoir de suivre la vérité historique, et l’histoire est l’arche sainte à laquelle il n’est pas permis de toucher sans le plus terrible châtiment. Les auteurs de Pannard ne l’ont que trop éprouvé hier ; ils ont été punis de leur témérité, et Pannard est encore à mettre en scène. Comment l’ont-ils peint à nos yeux ? comme un autre homme, et sans le nom qu’ils lui donnent. on ne se douteroit guères qu’on voit le père de ces couplets et de ces pièces où respirent à-la-fois l’esprit et la gaité. Nous nous attendions à voir une anecdocte sur cet aimable chansonnier ? Pas du tout, c’est une pièce d’imagination, qui a de plus le défaut d’être fort longue et mal conduite. On a bien applaudi quelques couplets, mais la gloire en revient à Pannard : ils sont à lui. Nous ne dirons rien du caractère de la personne chez qui se passe l’action. Elle nous a paru d’une vertu un peu suspecte. Passons au sujet : le voici, autant que le bruit du parterre nous a permis d’entendre.

Pannard encore jeune et clerc de M. Duret, procureur au Châtelet, a fait quelques couplets que le comédien Legrand a remis à une actrice nommée Rosine. Celle-ci croyant devoir encourager le jeune poëte se le fait amener par Legrand. Quelques instant après on annonce M. Duret qui vient pour une affaire contentieuse. Rosine feint de ressentir de l’amour pour ce vieux procureur qui, sachant que Pannard a laissé une pièce dans un de ses cartons, va la chercher et la présente comme de lui. Comme il s’est toujours opposé au goût du jeune poëte, Legrand et Lisette, suivante de Rosine, tous doux déguisés en vieillards, viennent plaider devant le procureur et veulent empêcher, disent-ils, leur enfant de se faire poëte. Duret pour complaire à Rosine, juge contr’eux, ils appellent Pannard, et le Procureur s’apperçoit qu’il est dupe et se retire.

F. J. B. P. G***.

Mercure de France, tome huitième (an 10, de Germinal à Prairial), n° XLVII (15 Floréal an 10), p. 256 :

Le public s'est montré beaucoup plus sévère envers une petite pièce donnée il y a quelques jours au Vaudeville, sous le nom de Panard. La Femme Avare et Un Tour de jeune Homme avaient épuisé son indulgence, et Panard n'en a pas été quitte pour trébucher, il est tombé tout-à-fait. On l'annonce avec des changements : nous en rendrons compte, s'il parvient à se relever et à éviter une seconde chute.

Mercure de France, tome huitième (an 10, de Germinal à Prairial), n° XLVIII (25 Floréal an 10), p. 301-302 :

Théâtre du Vaudeville.

Panard, clerc de Procureur, par les CC. Boutard, Fontenille et Desfougerest.

[...]

En huit jours, sur le même théâtre, trois nouvelles pièces, produit des veilles de huit auteurs ! Quelle effrayante fécondité ! Pour peu que cela continue, le Vaudeville sera en état, chaque année, de fournir à lui seul un almanach des grands hommes. On aurait bien mauvaise grace de se plaindre de la décadence des lettres. Les prosateurs, les poètes nous pleuvent de toutes parts ; nous sommes inondés de brochures de toute espèce, et le torrent, loin de se tarir à l'approche de l'été, grossit encore de jour en jour. Autrefois, du moins, on ne commençait guères à craindre ce débordement que vers l'arrière-saison ; aujourd'hui, c'est pendant l'année entière qu'il faut lutter contre les flots, et opposer une digue au mauvais goût.

Nous avons dit, dans notre dernier Numéro, que le public avait fait une justice un peu sévère de Panard. Cette pièce, reproduite quelques jours après avec de très-légers changements, a été fort applaudie. On a fait répéter des couplets, les auteurs ont été demandés et nommés : c'est ce qui s'appelle un succès dans toutes les règles. En voici l'analyse en deux mots. Panard, quoique son goût l'entraîne vers les Muses, hésite à renoncer à Thémis. Il est clerc chez M. Durey, procureur, qu'il croit un parfait honnête homme ; il s'agit de le détromper, et de l'engager à travailler pour le théâtre. C'est de quoi se charge une jeune et jolie actrice, qui commence la séduction en chantant une de ses romances. Un déjeûner, qu'animent la gaieté et le Bourgogne, tournent de plus en plus la tête à notre poète ; et, enfin, on trouve moyen de démasquer à ses yeux le vieux procureur, qui, pour faire sa cour à l'actrice, vient lui offrir, .comme étant de lui, une comédie qu'il a-soustraite à son clerc.

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