Paris en miniature

Paris en miniature, bluette épisodique en vaudeville, en 8 actes, de Bizet et Chaussier, 4 vendémiaire an 8 [26 septembre 1799].

Théâtre de la Cité-Variétés et de la Pantomime Nationale

Autant le nom de Bizet est certain, autant les sources hésitent sur celui de l’autre auteur, Chaussier, Sauteret, Sautray. Je me rallie à L.-H. Lecomte qui l’attribue à Hector Chaussier.

Almanach des Muses 1801

Courrier des spectacles, n° 948 du 5 vendémiaire an 8 [27 septembre 1799], p. 2 :

[La principale caractéristique de cette pièce est d’être un monstre : elle a huit actes ! Mais cette monstruosité s’explique par son sujet : montrer à un époux oublieux de ses devoirs conjugaux et paternels « tous les lieux ouverts aux plaisirs, aux friponneries, au libertinage, etc. ». La pièce emmène donc les spectateurs dans ces divers lieux sous la conduite d’un ami de l’épouse éplorée qui tente ainsi de le faire rentrer dans le droit chemin. Bien entendu, la morale triomphe à la fin. La pièce a eu du succès, mais le critique ne peut que protester contre la mise sur la scène de prostituées à l’acte 3 : c’est pêcher « contre la bienséance théâtrale ». Les couplets, nombreux, ont été applaudis, et les auteurs ont été demandés et nommés.

Théâtre de la Cité-Variétés et de la Pantomime Nationale.

Une pièce en huit actes ! quelle monstruosité dramatique ! Un instant, s’il vous plaît, ne jugez pas si vite : c'est Paris en Miniature ; et, pour le bien peindre dans toutes ses parties, huit actes ne sont pas trop. Voyons un peu ce Paris en miniature ; comment a-t-on traité ce sujet vaste et curieux ?

Julien s’est marié à Cécile, en province, et en a un enfant ; mais à son arrivée à Paris, les charmes de cette capitale ont étourdi au point notre provincial, qu’il abandonne sa femme et sa fille pour se livrer à tous les plaisirs futiles que présentent aux jeunes gens mille endroits délicieux. Un ami reste encore à Cécile : c’est son frère Belval, jeune homme rempli des principes les plus purs, et qui, quoique dans l'âge des passions, pense et agit avec sagesse et maturité.

Il voit la froideur de Julien pour Cécile et son goût pour les plaisirs. Pour le guérir, il se propose de lui faire voir, dans cette grande ville, tous les lieux ouverts aux plaisirs, aux friponneries, au libertinage, etc.

D’abord il le conduit au Palais Egalité, où il a lieu de contrôler les différentes caricatures qui s’y rencontrent ; de-là ils se rendent chez une femme que Julien a vue la veille aux Italiens et qu’il a trouvée charmante. Belval y conduit Julien à l’heure de la toilette, et l’art n’aidant plus, ou plutôt ne cachant plus la nature, le charme disparoît et Julien teconnoit son erreur.

Ils descendent ensemble à la Bourse ; nouveau sujet de déclamer contre ceux qui aujourd’hui la fréquentent habituellement. Julien ne sait que dire de toutes ces circonstances ; Belval, que tout cela n’étonne pas, conduit son frère au faubourg Antoine, et là il lui fait voir une jeune personne mère d’un enfant bien intéressant, qui ne subsiste que des secours qu’elle doit à sa générosité. Ensuite Belval l’amène sur la place de Grêve, emplacement perpétuel de charlatans qui ne cherchent qu’à escroquer. Ici ce sont des animaux, là ce sont des chanteurs. Enfin las de tout ce qu'il a vu, Julien veut jouer : il joue et perd trois mille francs. Hors de lui-même, et embarrassé sur la manière dont il doit se présenter à son épouse, il rentre chez lui, et s’empresse de jurer à sa femme qu’il renonce à tous les plaisirs trompeurs dont il a failli être la victime.

Cette pièce a eu un certain succès, mais nous ne pouvons nous empêcher de blâmer le troisième acte qui pêche contre la bienséance théâtrale. En effet, depuis quand est-il permis de mettre en scène de ces filles prostituées qui se vendent au premier venu ? c’est pourtant chez elles que se passe cet acte.

Il y a eu quelques couplets bien applaudis dans la multitude, car cet ouvrage n’est que couplets d'un bout à l’autre, et il y en a de bons.

Les auteurs ont été vivement demandés, on est venu annoncer les citoyens Bizet et Sauteret, déjà connus par plusieurs autres ouvrages.

G      .

L.-Henry Lecompte, Histoire des Théâtres de Paris, le Théâtre de la Cité (1792-1807) (Paris, 1910), p. 191-192 :

4 vendémiaire an VIII (26 septembre) : Paris en miniature, bluette épisodique en 8 actes, par Bizet et Chaussier.

Un jeune époux, séduit par les plaisirs de la capitale, abandonne sa femme et sa fille. Un ami prudent et estimable entreprend d ele rendre à sa famille en lui faisant voir le vice dans toute sa nudité. Il le conduit d'abord au Palais-Egalité, puis chez des filles galantes, à la Bourse, au faubourg Antoine, à la place de Grève, enfin dans une maison de jeu où on lui rafle mille écus. Corrigé par cette expérience, il retourne auprès de son épouse, en jurant de ne se livrer désormais qu'aux joies d'un amour pur et durable.

Tableau mouvant des mœurs parisiennes, cette pièce, sifflée par quelques spectateurs, plut au plus grand nombre par d'amusants détails. – Non imprimée.

La base César donne Paris en miniature pour une pièce d'auteur inconnu. Elle aurait eu 9 représentation d'un 26 septembre au 31 octobre 1799, au Théâtre de la Cité.

Ne pas confondre avec Les Fêtes Françaises, ou Paris en Miniature (vaudeville, juin 1811).

Ajouter un commentaire

Anti-spam