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La Rosière républicaine, ou la fête de la Vertu

La Rosière républicaine, ou la Fête de la Vertu, Opéra en 1 acte par le c. Sylvain Maréchal, musique de Grétry, 16 Fructidor an 2 [2 septembre 1794].

Opéra-National, ou Théâtre des Arts.

Titre

Rosière républicaine (la), ou la Fête de la Vertu

Genre

opéra

Nombre d'actes :

1

Vers / prose ?

en prose, avec des couplets en vers

Musique :

oui

Date de création :

16 fructidor an 2 (2 septembre 1794)

Théâtre :

Opéra-National, ou Théâtre des Arts

Auteur(s) des paroles :

Sylvain Maréchal

Compositeur(s) :

Grétry

Chorégraphe(s) :

 

Almanach des Muses 1795.

La Rosière républicaine aurait dû être jouée en 1793 sous le titre de la Raison.

Esprit des journaux français et étrangers, vingt-troisième année, tome IX (septembre 1794), p. 237-238 :

[La pièce a pour thème la critique de l’usage bien établi de confier aux autorités religieuses l’organisation de « fêtes publiques ». On y voit une église transformée en lieu de fête républicaine, remplaçant les « emblêmes lugubres » par « les attributs de la vertu & de la raison », et les ecclésiastiques deviennent de bons républicains. Le ballet final de la pièce (dont le fonds est « trop léger pour être jugé sérieusement ») a été très apprécié.]

La Rosiere républicaine, opéra.

On sait que jadis les prêtres étoient en possession de diriger les fêtes publiques ; interprêtes auprès de Dieu de tous les sentimens du peuple, ils présidoient à ses plaisirs, & exprimoient la joie à leur maniere, par des cérémonies mystiques & des cantiques insignifians ; ainsi ces arbitres des consciences eussent voulu l'être aussi des plaisirs, & ne laisser à l'homme d'autres ſentimens que ceux qu'ils lui dictoient eux-mêmes.

Cet abus ridicule est joué dans l'opéra nouveau donné sur ce théatre, sous le titre de la Rosiere républicaine. Le jour que la fête de la Rosiere doit être célébrée dans une petite commune, les femmes se rendent à la paroisse pour entendre la grand'messe, étonnées de la trouver fermée, elles appellent en vain leur curé, & leur surprise redouble, lorsque l'église en s'ouvrant leur présente tous les apprêts d'une fête républicaine ; plus d'emblêmes lugubres; les images des martyres ont disparu : à leur place sont les attributs de la vertu & de la raison. Cette nouveauté fait observer à une dévote, que jamais elle n'a connu de patrone de ce nom ; & son observation accueillie par ses compagnes, occasionne quelques murmures ; mais l'exemple du curé, qui se fait sans culotte, & la joie du plus grand nombre l'emportent bientôt, & la fête se termine par une danse générale,

Tel est le fonds de cet opéra, trop léger pour être jugé sérieusement, & qui n'est proprement qu'une introduction au ballet qui le termine ; mais ce ballet est agréable & rempli d'idées très-ingénieuses dont l'auteur a su tirer parti ; une scene très-gaie est celle des deux religieuses qui se rendent à l'église pour y entendre la messe, un citoyen les apperçoit, s'empresse à les retenir & y parvient, non sans peine ; peu à peu elles cedent à la joie publique ; se mêlent à la danse & finissent par danser la carmagnole.

Le pas de trois, qui est exécuté par Vestris & les citoyennes Duchemin & Perignon, a été très-vivement applaudi.

D'après la base César, la pièce a connu 7 représentations du 2 septembre au 9 novembre 1794.

 

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