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Roderic et Cunégonde

Roderic et Cunégonde, ou l’Hermite de Montmartre, ou la Forteresse de Molinos, ou le Revenant de la Galerie de l’Ouest, galimathias burlesco-mélo-patho-dramatique en quatre actes sans entractes, orné de costumes analogues., soutenu par quatre changemens de décors, lardé de combats et - d'enlèvemens, enjolivé de cavernes et de voleurs, égayé par un fantôme et réchauffé par un incendie, de Martainville, 11 thermidor an 13 [30 juillet 1805]

Théâtre de la Gaîté.

Sur la page de titre de la brochure, à Paris, chez Barba, an 14 [1805] (seconde édition) :

RODERIC ET CUNEGONDE, ou L'HERMITE DE MONTMARTRE, ou LA FORTERESSE DE MOULINOS, ou LE REVENANT DE LA GALERIE DE L'OUEST, Galimathias burlesco-mélo-patho-dramatique, EN QUATRE ACTES SANS ENTR'ACTES, Orné de costumes analogues., soutenu par quatre changemens de décors, lardé de combats et d'enlèvemens, enjolivé de cavernes et de voleurs) égayé par un fantôme et réchauffé par un incendie. PAR M. MARTAINVILLE, Auteur de la Banqueroute du Savetier, etc. etc. Représenté, pour la première fois, sur le théâtre de la Gaieté, le 11 thermidor an XIII.

Courrier des spectacles, n° 3088 du 12 thermidor an 13 [31 juillet 1805], p. 2-3 :

[La pièce de Martainville est une parodie des mélodrames qui, à ses yeux, encombrent les théâtres du Boulevard. Annoncé par une affiche caricaturale, reprenant tous les poncifs du mélodrame (l’ermite, la forteresse, le revenant, les incendies, cavernes et explosions, etc., le faux mélodrame, que le critique certifie conforme aux vrais (l’intrigue est « sérieuse par elle-même ») reprend les rebondissements sans lesquels il n’y a pas de mélodrame : le mariage secret, l’enfant enlevé, la femme enfermée dans un château, et qu’on délivre, les combats, où le bon triomphe du scélérat, l’usurpateur qu’on confronte à celui qu’il a dépouillé, avant de le tuer en combat singulier. Le critique se contente de dire que la pièce a « mérité de nombreux applaudissemens à l’auteur » (qu’il nomme). Il aurait pu aller plus loin, et mieux décrire la réaction du public.]

Théâtre de la Gaîté.

Roderic et Cunégonde.

Il faut lire l’affiche de ce spectacle, où sont détaillés tous les titres de la pièce nouvelle à la bienveillance du public. L’auteur embarassé dans le choix du nom de son ouvrage, lui en a donné quatre ou cinq ; il l’a appelé l’Hermite de Montmartre, ou Roderic et Cunégonde, ou la forteresse de Moulinos, ou le Revenant de la Galerie de l’Ouest ; il y en a pour tous les goûts. A la suite est exposé en quatre grandes lignes le genre qu’il a traité ; puis viennent les noms des personnages ; puis les annonces d’incendies, de cavernes, d’explosions, etc., etc. La lecture de cette affiche fait rire, et prépare adroitement le spectateur à la plaisanterie dont on veut le rendre témoin.

Ce mélo-tragico-burlesco drame est une parodie de la plupart des pièces à spectacle, qui tour à-tour font pâmer de frayeur et de plaisir les bons habitués des Boulevards. Otez de cet ouvrage le vernis comique, c’est alors un drame dans toute la force du terme ; mais l’auteur avoit pris à tâche de ridiculiser le mélodrame, et il n’a épargné ni sarcasmes, ni malice, ni épigrammes ; son but a été parfaitement rempli, puisque les plus grands fauteurs du mélodrame ont été forcés de rire avec lui de leur idole, et jusque» dans un de ses temples.

La scène est au château de Moulinos, près Montmartre. Le Comte Childebrand a été chassé de son château par le tyran Sacripandos, qui garde près de lui et se propose d’épouser Cunégonde, fille du Comte, et mère d’un fils qu’elle a eu d’un hymen secret avec son cousin Roderic. Childebrand, échappé à la mort, vit sous des habits d’hermite près de ses possessions ; Roderic son neveu y vient déguisé en pèlerin, et tous deux se concertent sur les moyens de sauver Cunégond.

Que faire sans soldats ? Sacripandos leur facilite l'entrée dans son château Cunégonde reconnoît son père et son époux, mais on lui enlève son enfant, on le livre à un brigand nommé Détroussando, qui emporte sa victime sous son manteau et charge ses compagnons de le tuer. Mais l’enfant désarme ses assassins ; Detroussando va pour le frapper, lorsque Roderic arrive, renverse le scélérat, et vient avec son fils au château, où il est surpris par Sacripandos à l'instant où il facilite l’évasion de Cunégondc de la forteresse de Moulinos.

Childebrand survient, se découvre à l’usurpateur que Roderic défie à un combat .singulier : les deux champions se battent, Sacripandos est tué et le rideau tombe.

L’esprit et la gaîté qui font de cette intrigue, sérieuse par elle-même, un sujet très-plaisant, ont mérité de nombreux applaudissemeus à l’auteur, M. Martainville.

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