Cassandre aveugle, ou le Concert d'Arlequin

Cassandre aveugle, ou le Concert d'Arlequin, comédie-parade en un acte, de Chazet et Moreau. 26 messidor an 11 (15 juillet 1803).

Théâtre du Vaudeville.

Dumersan est considéré comme coauteur.

Titre :

Cassandre aveugle, ou le Concert d'Arlequin

Genre

comédie-parade

Nombre d'actes :

1

Vers / prose ?

en prose, avec des couplets en vers

Musique :

vaudevilles

Date de création :

26 messidor an 11 (15 juillet 1803)

Théâtre :

Théâtre du Vaudeville

Auteur(s) des paroles :

Chazet et Moreau (et Dumersan)

Almanach des Muses 1804

Sur la page de titre de la brochure, Paris, chez Huet, Charron, an XI, 1803 :

Cassandre aveugle, ou le Concert d'Arlequin, comédie-parade en un acte, mêlée de vaudevilles, Par MM. Chazet et Moreau ; Représentée, pour la première fois, sur le Théâtre du Vaudeville, le 27 messidor an 11.

Magasin encyclopédique, ou journal des sciences, des lettres et des arts, IXe année (an XI-1803), tome II, p. 260-262 :

[Alors qu’il constate que les arlequinades sont passées de mode (elles ne survivent que par « les travestissemens, les décorations et la féerie »), le critique relate le succès de ce Cassandre aveugle, dont la magie est « infiniment plus naturelle et plus agréable », « l'esprit et la gaieté réunis à une critique fine et mordante » (que de qualités !). Le résumé de l’intrigue permet de voir qu’elle est bien ancrée dans la tradition des arlequinades (c’est bien Arlequin qui finit par épouser Colombine). Mais tout ce qui est indispensable au Vaudeville se trouve bien dans la pièce : intrigue légère certes, mais la fausse scène de l’opéra est « d’un bon comique », « dialogue […] semé de traits piquans », « couplets pleins d'esprit et parfaitement écrits », en particulier dans le vaudeville final, où des couplets comparent France et Russie (est-ce d’actualité ?). L’interprétation de Laporte est signalée comme remarquable.]

Les arlequinades sont un peu passées de mode, et depuis quelque temps il est rare d'en voir réussir, à moins que ce ne soit au boulevard, où les travestissemens, les décorations et la féerie rajeunissent ce genre usé. Mais une magie infiniment plus naturelle et plus agréable a procuré un grand succès à celle qui a été jouée au Vaudeville le 26 messidor ; c'est l'esprit et la gaieté réunis à une critique fine et mordante.

Cassandre grand amateur de musique, doit donner à Gilles sa fille Colombine, s'il le conduit au concert de l'Opéra, qu'il a grande envie d'entendre, et pour lequel toutes les places sont retenues d'avance depuis longtemps. Gilles ne peut pas avoir de billets, Cassandre s'emporte ; mais Arlequin arrive à propos de Russie pour arranger tout cela. Il promene en fiacre M. Cassandre, le ramène chez lui, où l'on a entouré son fauteuil d'un petit paravent qui imite assez bien le devant d'une loge. On lui donne un concert assez agréable, et Cassandre se croit à l'Opéra. Gilles, d'après le conseil d'Arlequin, prend ce temps pour déclarer à Colombine qu'il ne veut tenir sa main que d'elle-même, et qu'il se moque de M. Cassandre. Celui-ci les entend ; Arlequin lui dit qu'ils sont dans une loge voisine, et le bonhomme retient sa colère. Jusque-là, tout va bien : mais un ami de Cassandre, qui sort du concert, vient tout gâter, en découvrant le mystère : Cassandre d'abord lui impose silence, et Arlequin et ses amis, imitant un parterre de mauvaise humeur, crient contre les gens qui interrompent le spectacle. Bientôt Cassandre est désabusé, et apprenant la maladresse de Gilles et la ruse d'Arlequin, il donne sa fille à ce dernier.

Cette intrigue est légère, mais la scène où Cassandre se croit à l'Opéra, est d'un bon comique, et jouée en perfection par Chapelle. Le dialogue est semé de traits piquans, et les couplets pleins d'esprit et parfaitement écrits ; ils ont tous été applaudis, surtout le vaudeville final et des couplets sur la différence entre la France et la Russie. Une scène fort jolie est encore celle où Arlequin fait une lecture à Cassandre. Entre autres ouvrages, il lui lit quelques morceaux d'Hippolyte, tragédie en trois actes, qui n'est autre chose que Phèdre refaite, Refaite ! dit avec naïveté le bonhomme Cassandre : mais Phèdre n'étoit pas mal. Enfin, ce vaudeville mérite son grand succès. Il est de MM. MOREAU, CHAZET et d'un anonyme.

Laporte a joué le rôle d'Arlequin avec sa gentillesse ordinaire. On a redemandé le couplet suivant : Gilles demande à Arlequin s'il fait froid en Russie dans les salles de spectacle : Arlequin répond que cela dépend des ouvrages que l'on y donne.

AIR de Sterne.

Mon cher, le thermomètre étoit,
Pendant Phaedor, au froid durable ;
Et le baromètre marquoit,
Pour Helena, le variable ;
Pour Alhamar le vent siffla ;
Pour Isule, tempête entière :
Et le beau temps ne se fixa
Qu'au Misanthrope de Molière.

Le Nouvel Esprit des journaux français et étrangers, tome premier, vendémiaire an XII [septembre 1803], p. 232 :

[Le critique n’est guère convaincu par cette « parade », même s’il la juge gaie. Les couplets paraissent peu en rapport avec le sujet, mais « ils sont piquans », et l’esprit dont ils sont remplis séduit le public...]

Théâtre du Vaudeville.

[...]

Cassandre aveugle est une parade, mais une parade fort gaie ; rien ne l'est plus que de voir Cassandre, se croyant à l'opéra, parce qu'on lui donne un mauvais concert dans sa chambre. Les auteurs, à l'ordinaire, ont plaqué par-ci par-là des couplets qui n'ont aucun rapport à leur sujet : mais ils sont piquans, et le public pardonne en faveur de l'esprit.

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