Les Empiriques ou Tout pour sa liberté

Les Empiriques, ou Tout pour sa liberté, comédie en trois actes, en prose, d Pigault-Lebrun. premier nivôse an 3 [21 décembre 1794].

Théâtre de la Cité-Variétés, Maison Égalité.

Titre :

Les Empiriques, ou Tout pour sa liberté

Genre

comédie

Nombre d'actes :

3

Vers / prose

en prose

Musique :

non

Date de création :

1er nivôse an 3 [21 décembre 1794]

Théâtre :

Variétés, Maison Égalité

Auteur(s) des paroles :

Pigault-Lebrun

Almanach des Muses 1796.

Sur la page de titre de la brochure, Paris, chez Barba, an III :

Les Empiriques, comédie en trois actes et en prose. Représentée, pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre de la Cité-Variétés, le premier nivose, l'an troisième de la République, par le citoyen Pigault-Lebrun.

L'Esprit des journaux françois et étrangers janvier-février 1795, p. 297-299 :

[Le fonds « plus comique que vraisemblable » : la formule initiale décrit bien la pièce, une intrigue bien compliquée pour peu de choses. Le critique regrette bien sûr que les soldats révolutionnaires s’abaissent à utiliser pour fuir la captivité des procédés peu glorieux. Mais « il s'agissoit de fuir les cachots des despotes & de reconquérir sa liberté ». Le nom de l’auteur est donné comme une garantie de sa valeur : « elle est. écrite avec beaucoup d'esprit & de comique. Elle est aussi très-bien jouée ». Tout est dit.]

Les Empyriques ou Tout pour sa liberté, comédie: en trois actes, en prose.

Le fonds en est plus comique que vraisemblable. Des soldats françois, prisonniers sur les frontieres d'Espagne, ont brisé leurs fers, & cherchent, à travers les montagnes, les moyens de regagner l'armée républicaine. Ils rencontrent d'abord un jeune homme qui vient d'enlever sa maîtresse, fille du Corrégidor d'Urgel : on a fait accroire au pere que sa fille étoit morte, & il a suivi son cercueil, où l'on avoir mis seulement ses vieilles bottes-fortes. Nos François s'emparent ensuite de tout l'équipage d'un fameux charlatan, que des voleurs ont poursuivi & ensuite abandonné. Robert, l'un des François, propose de se servir des habits du charlatan : ses camarades s'y opposent d'abord ; mais enfin ils cedent, & voila Robert, déguisé en Don Carlos, qui arrive à Urgel, avec une suite magnifique. Là, il rencontre le véritable Carlos, qui veut lui reprendre ses habits & son équipage. La dispute s'échauffe : le Corrégidor est appellé :, les deux charlatans vantent chacun leurs talens : le faux empyrique Robert va jusqu'à dire qu'il fait ressusciter des morts. Le Corrégidor le prend au mot : s'il peut lui rendre sa fille, qu'il a enterrée la veille, il remportera la victoire sur son rival : Robert est embarrassé ; mais comme la prétendue défunte n'a été qu'enlevée, il fait signer au pere uns promesse de l'unir à son amant, & il lui rend cette fille chérie, au grand étonnement de tout le monde. Cependant, dans la crainte que l'inquisition ne recherche nos François, le jeune Alvar, à qui ils ont rendu sa maîtresse, obtient de son beau-pere le Corrégidor, un sentence par laquelle il condamne les empyriques, pour fait de sorcellerie, à être déportés jusqu'au camp françois.

Tel est l'apperçu de l'intrigue compliquée qui fait la base de cet ouvrage plaisant. Sans doute on est fâché d'y voir des François s'abaisser à jouer des rôles si vils, si indignes d'eux ; mais l'auteur a pensé que tout moyen étoit bien lorsqu'il s'agissoit de fuir les cachots des despotes & de reconquérir sa liberté ; c'est ce qu'il a exprimé dans le double titre de son ouvrage : Tout pour sa liberté. Cette piece est une nouvelle production du cit. Pigault-Lebrun, auteur des Bénédictines, des Dragons en cantonnement, de l'Orphelin, &c. &c. C'est dire assez qu'elle est. écrite avec beaucoup d'esprit & de comique. Elle est aussi très-bien jouée.

Dans la base César, trois représentations : 21 décembre 1794, 10 janvier 1796 (Palais des Variétés) et 19 janvier 1796 (Maison Egalité).

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