Joanna

Joanna, opéra-comique en deux actes, de Marsollier, musique de Méhul. 2 frimaire an 11 [23 novembre 1802].

Théâtre de l'Opéra Comique, rue Feydeau

Almanach des Muses 1804

Même sujet qu'Emma, opéra donné sans succès au même théâtre. Quelques changemens dans le poème, et une nouvelle musique de Méhul, ont soutenu l'ouvrage.

Sur la page de titre de la brochure, Paris, chez Madame Masson, an XI (1803) :

Joanna, opéra comique en deux actes ; paroles de Marsollier, musique de Méhul. Représenté, pour la première fois, sur le théâtre national de l'Opéra-Comique, le 2 frimaire an 11.

Courrier des spectacles, n° 2088 du 3 frimaire an 11 [24 novembre 1802], p. 2 :

[Fausse nouveauté que cette Joanna, qui est Emma avec une nouvelle musique. Les prénoms ont changé, mais le fonds est resté le même, avec moins de personnages et plus de rapidité. Le dénouement n’est pas surprenant, mais « il produit beaucoup d’effet ». Le changement de musique est un réel progrès, et Méhul a produit des morceaux remarqués. Les deux auteurs ont été nommés, sans paraître. Et les acteurs ont été conformes à ce qu’on peut attendre d’eux.]

Théâtre de l’Opéra-Comique, rue Feydeau.

C’est le 24 vendémiaire an 8 que fut représenté l’opéra d’Emma ou le Soupçon. Nous en avons rendu compte dans le numéro du 25. Le fonds en est dramatique et intéressant ; mais l’Opéra-Comique, qui doit aimer de préférence les sujets gais, ne comptera qu’à regret cette pièce parmi celles de son répertoire. Les situations sont trop fortes, on n’y pleure point, on éprouve un sentiment pénible ; enfin c’est un drame dans toute la force du terme.

Le principal personnage étoit autrefois Georges, aujourd’hui c’est Charles ; l’officier Edmond porte maintenant le nom d’Edouard ; Emma est Joanna.

L’on a du reste conservé la marche de la pièce, en supprimant néanmoins les personnages qui ralentissoient l’action ; réduit en deux actes, cet ouvrage est plus rapide, les scènes en sont mieux filées, et quoique le dénouement soit prévu il produit beaucoup d’effet.

Nous avons dans le tems reproché au citoyen Fay, auteur de la musique d’Emma, d’avoir été trop souvent imitateur, sur tout dans l’accompagnement ; d’avoir offert peu d’idées neuves dans sa composition, quoiqu’on y eût applaudi justement plusieurs morceaux. Cet opéra demandoit une touche plus vigoureuse, plus exercée, et le citoyen Méhul a rempli dans Joanna l’espérance des amateurs.

L’ouverture est une de ses plus belles productions, elle a enlevé tous les suffrages. Les autres morceaux n’ont pas moins justifié l’attente du public, qui a reconnu en plusieurs endroits la main d’un grand maître.

Le cit. Méhul a été vivement demandé après la pièce, ainsi que l’auteur des paroles, le citoyen Marsollier : aucun des deux ne s’est rendu aux désirs du public.

L’ouvrage est joué avec beaucoup de feu par Gavaudan, de dignité par Solié, et de sensibilité par mad. Scio-Miessié.

F. J. P. B. G***.

Magasin encyclopédique, ou journal des sciences, des lettres et des arts, VIIIe année (an XI – 1802), tome IV, p. 246 :

Théâtre Feydeau.

Joanna.

Cet opéra en deux actes, annoncé comme une nouveauté, et joué le 3 frimaire, est une ancienne pièce du C. Marsollier, donnée jadis sous le titre d'Emma, avec assez peu de succès. La musique nouvelle est de Mehul ; elle n'a pas peu contribué à soutenir la pièce.

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