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Lasthénie, ou Une Journée d’Alcibiade

Lasthénie, ou Une Journée d’Alcibiade, vaudeville, par MM. Lachabeaussière et Raboteau, 16 floréal an 10 (6 mai 1802).

Théâtre du Vaudeville.

Titre :

Lasthénie, ou une Journae d’Alcibiade

Genre

comédie mêlée de vaudevilles

Nombre d'actes :

1

Vers / prose

prose, avec des couplets en evrs

Musique :

vaudevilles

Date de création :

16 floréal an 10 (6 mai 1802)

Théâtre :

Théâtre du Vaudeville

Auteur(s) des paroles :

MM. Lachabeaussière et Raboteau

Almanach des Muses 1803 (qui baptise le personnage du titre en L'Asthénie).

Publication de la brochure, annoncée dans le Journal typographique et bibliographique du 1er vendémiaire an 10, p. 275 :

Lasthénie, ou une Journée d'Alcibiade, comédie en un acte, mêlée de vaudevilles, des cit. Lachabeaussière et Raboteau ; repr., pour la première fois, sur le théâtre du Vaudeville, le 16 floréal, an 10. Prix, 1 fr. 20 cent., et 1 fr. 50 cent. fr. de port. Paris, Goujon fils, imprimeur-libraire, rue Taranne; et Brunet, libr. , au théâtre du Vaudeville.

Sur la page de titre de la brochure, à Paris, chez Goujon fils et chez Brunet, an X (1802) :

Lasthénie, ou une Journée d’Alcibiade, comédie en un acte, mêlée de vaudevilles ; Des CC. Lachabeaussière et Raboteau ; Représentée, pour la première fois, sur le Théâtre du Vaudeville, le 16 floréal an 10.

L'air du vaudeville de Lasthénie est souvent repris par des comédies du temps.

Dans le Courrier des spectacles, n° 1887 du 16 floréal an 10 [6 mai 1802], la pièce est annoncée sous le titre de « l’Asthénie, ou Une Journée d’Alcibiade ».

Courrier des spectacles, n° 1888 du 17 floréal an 10 [7 mai 1802], p. 3-4 :

[Il y a une place pour chaque chose, et les sujets antiques ne sont pas à la leur au théâtre du Vaudeville, où on n’attend pas les grands airs, ni le costume antique. La pièce nouvelle a connu une première représentation chahutée, elle se relèvera peut-être, mais il faudra lui donner plus de simplicité. Dès le couplet d’annonce, il y a eu des réactions négatives dans le parterre (d’autres, dans d’autres journaux, parleront de cabale). La pièce a été jugée froide et ennuyeuse, pâle « de l'aimable infidèle de Claudine de Florian » (ce n’est sans doute pas un compliment !). Il faut bien raconter l’intrigue, qui tourne autour de la mise à l’épreuve de l’inconstant Alcibiade, en quête d’aventure auprès d’une certaine Lasthénie qui réussit par la ruse à le ramener vers son épouse. Pris au piège, « il se rend et applaudit le premier à la ruse » dont il a été victime. Les auteurs n’ont pas été demandés (on les connaîtra après des représentations ultérieures moins chahutées), et malgré quelques moments appréciés (des couplets, bien sûr), ce sont les sifflets (sincères ?) qui ont couvert les applaudissements.]

Théâtre du Vaudeville.

L'Asthénie, ou Une Journée d'Alcibiade.

Les sujets puisés dans l’antiquité ne sont pas heureux Aàce théâtre. Le vaudeville léger, malin, en un mot Français ne peut s’accoutumer aux grands airs qu’on veut lui donner. Sous le costume antique il est guindé, embarrassé, il fait des faux pas ; témoin la représentation d’hier. Il pourra peut-être se relever, mais que d’ornemens superflus il faudra lui ôter ! Cependant quoique l'on fasse, nous sommes persuadés qu’il preférera toujours ses premières habitudes et qu’il ne se prêtera que par complaisance aux déguisemens qu’on veut à toute force lui faire porter. Cette complaisance aura-t elle quelque mérite aux yeux du public ? Nous ne le croyons guères, à en juger du moins par la réponse peu obligeante du parterre au couplet d’annonce, par lequel on réclamoit sa bienveillance :

D’un héros célebre en amour
Nous allons risquer la peinture ;
On sent aisément qu'un seul jour
Ne peut l'offrir qu’en miniature.
Plaire, dit-on, et réussir
Fut sa brillante destinée ;
Ah ! n’allez pas la démentir
En troublant sa Journée.

Le plus aimable des Athéniens a vu arrêter le cours de ses bonnes fortunes, et les femmes elles-mêmes, tout en le trouvant assez beau, assez brillant, n’ont pu s’empêcher de l’accuser d’être froid et ennuyeux. D’autres n’ont vu en lui qu’une copie de l'aimable infidèle de Claudine de Florian.

Alcibiade négligeant son épouse pour voler à de nouvelles conquêtes vient déposer aux pieds de la belle Lasthénie la couronne qu’il a obtenue dans les jeux publics. Lasthénie a conservé son cœur et sa main à un jeune Athénien qui arrive d’un voyage entrepris pour les intérêts de la république ; mais non contente de tromper les vœux indiscrets d’Alcibiade, elle se propose de réunir les deux époux ; et pour y parvenir elle se sert de son amant. Par ses conseils, celui-ci feint devant son ami d’être marié avec une certaine Erynna et d’être entièrement brouillé avec elle. Alcibiade pour complaire à Lasthénie se charge de de la réconciliation. Elle doit avoir lien le soir dans un petit temple de Vénus. C'est-là que Lasthénie a fait cacher la fausse Erynna, c’est prés de ce temple qu'elle se rend accompagnée de Cléomède et du misanthrope Timon ; une femme voilée paroît dans le sanctuaire aux yeux d’Alcibiade, devant qui Cléomède continue de jouer le rôle d’un homme timide, au point que pour l’encourager, Alcibiade lui dicte et prononce lui-même le serment de fidélité. Dans cet instant le voile disparoît et découvre à ses regards son épouse elle-même sous des habits dont l’éclat relève encore ses attraits : il se rend et applaudit le premier à la ruse de Lasthénie et de Cléomède.

L'auteur n’a pas été demandé, et quoique dans le courant de l’ouvrage on eût applaudi plusieurs couplets, les sifflets l’ont emporté sur les applaudissemens.

F- J. B. P. G***.

Mercure de France, littéraire et politique, tome huitième (an 10), n° XLVIII, 25 Floréal an 10, p. 302-303 :

Le sujet de Lasthénie, ou Une Journée d'Alcibiade, est, dit-on, puisé dans les Voyages d'Anténor, qui, par le nombre des éditions seulement, rivalisent avec ceux d'Anacharsis. La belle Lasthénie reçoit à la fois les hommages de trois rivaux. Cléomède est l'amant favorisé. On n'écoute Timon que parce que ses brusqueries divertissent, ou plutôt parce que les auteurs ont voulu en amuser le public. Pour Alcibiade, on se propose de le ramener aux pieds de la jeune Hipparète, qu'il néglige entièrement au bout de quelques mois de mariage. Cléomède, qui est de moitié dans ce généreux projet, feint, au retour d'un long voyage, d'être lui-même marié et dégoûté de sa femme. Lasthénie exige d'Alcibiade qu'il réconcilie les deux époux ; et le plus volage des Athéniens fait à son ami un beau sermon sur la fidélité conjugale. Cléomède, après quelque résistance, consent à renouveler ses serments dans le temple de l'Hymen. Une femme voilée vient les recevoir, et Alcibiade les dicte lui-même. Le voile tombe, et il reconnaît Hipparète. Il prend alors son parti en galant homme, lui demande- son pardon, et lui jure une fidélité à toute épreuve.

La dignité du costume grec contrastait d'une manière risible avec la figure et le maintien des joyeux enfants du Vaudeville ; l'action d'ailleurs se trainait languissamment au milieu d'une foule de couplets insignifiants et parasites ; et déjà des murmures se faisaient entendre, lorsqu'une cabale, dirigée contre la pièce, avec un acharnement poussé jusqu'à l'indécence, est venu relever les actions des auteurs. Ce nouveau moyen d'esquiver une chute, mis adroitement en œuvre, serait parfois plus efficace que des applaudissements indiscrets. Quoi qu'il en soit, le parterre et les loges ont imposé silence aux membres de l'opposition, et se sont fortement prononcés pour la paix. Le calme a été rétabli, et la pièce écoutée jusqu'au bout. Nous croyons qu'elle pouvait, à plusieurs titres, réclamer contre une rigueur à laquelle on n'est pas accoutumé sur ce théâtre, et que plus d'une comparaison ferait presque regarder comme une injustice.

Magasin encyclopédique, ou Journal des sciences, des lettres et des arts, 7e année, 1801, tome VI, p. 552-554 :

Théâtre du Vaudeville.

Lasthénie , ou Une journée d'Alcibiade.

La première représentation de cette pièce, jouée le 16 floréal an 10, n'a pas obtenu de succès. Quoique l'ouvrage fût rempli de défauts, on peut cependant accuser le public d'un peu de sévérité. Le sujet est tiré des Voyages d'Antenor. Alcibiade infidelle à Hipparète, son épouse, vient apporter aux pieds de Lasthénie, la couronne qu'il a conquise à la course des chars. Lasthénie qui aime Cléomède, entreprend de réconcilier les deux époux. Cléomède feint d'être marié depuis quelques temps à une femme qui fait son malheur et qu'il veut quitter. Lasthénie exige d'Alcibiade qu'il fasse prendre à Cléomède des sentimens plus raisonnables. Après quelques observations, il y consent, attendu que c'est le seul moyen d'obtenir Lasthénie et de l'emporter ainsi sur Timon, son rival. Hipparète reçoit de Lasthénie des conseils sur la manière de fixer son époux, elle entre dans le temple de Vénus où Glycère, la célèbre bouquetière, doit ajouter à sa parure (1). Alcîbiade survient avec Cléomède , à qui il dicte le serment qu'il doit faire à son épouse. Hipparète voilée paraît, reçoit ce serment que vient de prononcer Alcibiade, et se découvre.

Ce fonds étoit bien léger, et la seule situation de la pièce étoit trop attendue pour produire de l'effet ; aussi, malgré des couplets bien écrits, une charmante décoration et les costumes les plus frais, le public n'a pas été indulgent. Quelques coupures, faites à la seconde représentation, ont produit un bon effet, et la pièce pourra se voir encore avec plaisir. Elle est des CC. La Chabaussière et Raboteau.

Les acteurs n'ont pas tous contribué à disposer favorablement les spectateurs. M.me Blosseville, dans le rôle de Glycère, n'avoit ni aplomb, ni gaieté. Verpré étoit déplacé dans le rôle de Timon, où il falloit une sévérité misanthropique et non pas un air jaloux et méprisant. Henri n'avoit pas du tout l'air d'un héros dans le rôle d'Alcibiade : le costume grec ne lui va pas. Le rôle d'Hipparète est trop peu important, pour parler de la manière dont M.me Desmares l'a rendu. Il n'y a donc que M.me Belmont et Julien qui aient eu quelqu'idée de leurs rôles, et qui dans cette pièce aient paru penser qu'ils jouaient la comédie. Ces nuances ont été senties, car on a beaucoup applaudi, lorsqu'à la sortie de Timon, Alcibiade l'a traité d'ennuyeux déclamateur ; et on a prouvé à M.me Belmont, par les plus vifs applaudissemens, combien son jeu avoit contribué à soutenir jusqu'à la fin la journée d'Alcibiade.         T. D.

Le Coup de fouet, ou nouvelle revue de tous les théâtres de Paris, seconde édition considérablement augmentée, fin de l’an X (1802), p. 124 :

LASTHÉNIE , ou une JOURNÉE D'ALCIBIADE. Il est très-plaisant de voir les acteurs du Vaudeville, chausser le cothurne. A la première représentation de cette mauvaise pièce de Lachabossière et Raboteau, quelqu'un demandait, à mes côtés, si les personnages étaient Turcs ou Chinois...

(1) La réunion de tous ces personnages offre de terribles anachronismes ; mais, au Vaudeville, on ne regarde pas de si près.

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