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Leçon pour leçon

Leçon pour leçon, comédie en un acte, en prose, 25 thermidor an 11 (13 août 1803).

Date fournie par le livre de Paul Porel et Georges Monval, L’Odéon, histoire administrative, anecdotique et littéraire (Paris, 1876), p. 206, qui dit que la pièce est « d’une dame qui garda l’anonyme ».

Théâtre Louvois.

Titre :

Leçon pour leçon

Genre

comédie

Nombre d'actes :

1

Vers ou prose ,

en prose

Musique :

non

Date de création :

25 thermidor an 11 (13 août 1803)

Théâtre :

Théâtre Louvois

Auteur(s) des paroles :

 

Courrier des spectacles n° 2352 du 16 thermidor an 11 [14 août 1803], p. 2 :

[C’est sur le titre que le compte rendu s’ouvre : on est longtemps avant d’en comprendre son sens. Mais la fin assure le succès, l’auteur ayant été demandé, et étant resté anonyme, dont on sait seulement que c’est une femme. L’histoire, racontée ensuite, est classique : un mari qui abandonne sa femme, une femme qui réussit à le faire revenir à elle. Tous les ingrédients de la comédie facile sont là : un bal, des déguisements, une ruse innocente qui réussit, puisque le mari se repent et que les époux se réconcilie. La pièce a des défauts, bien sûr, mais le critique n’en donne qu’un : comment croire que « deux époux ne reconnoissent pas l’ecriture l’un de l’autre » ?]

Théâtre Louvois.

Leçon pour Leçon, ce titre promettait beaucoup. On a été long-tems à deviner ce qui pouvoit le donner à l’ouvrage, dont la première moitié est extrêmement longue et froide. Une avant derniere scene assez piquante a assuré le succès. L’auteur a été demandé : on est venu dire que la pièce étoit d’une dame qui desiroit garder l’anonyme.

Richard de Lausane a épousé à 18 ans Léonide qui n’en avoit que 14. La jeunesse,disons mieux, l’inconséquence dus deux époux leur rendit leurs nœuds insupportables. Lausane chercha des dissipations hors de sa maison, mangea son bien, et partit enfin laissant son propre pere et sa femme forts mécontens de sa conduite.

M. de Beaumont, c’est le nom que le pere de Lausane a pris depuis que ce dernier a quitté sa maison, demeure avec sa belle fille. Voulant la guérir de sa légèreté et de son amour pour le bal de l’Opéra, il la suit à ce spectacle sous un domino noir, à l’aide duquel il la tourmente beaucoup, lui disant de tems en tems des vérités qui par tout ailleurs auroient pu paroître un peu dures. Tous les masques n’étoient pas si séveres pour Léonide. Un entr’autres la traitoit d’une maniere plus galante, au point d’envoyer jusques chez elle un Mameluck lui porter des lettres. Léonide qui n’avoit jamais eu à se louer de son époux et qui s’en voyoit abandonnée depuis cinq ans, se sentoit déjà prévenue pour l’étranger, lorsqu’en interrogeant le Mameluck elle n appris que son maître s'appelait Richard de Lausanne. Le nom d’un époux la ramene à son devoir. Elle ne pense plus qu’à se réunir à lui en lui donnant une leçon. Elle répond â sa lettre, consent à le recevoir à condition qu’elle restera masquée jusqu’à ce qu’elle le connoisse mieux. Le tète-à-tête a lieu : elle feint de ne voir en lui qu’un ami de Lausane, et blâme vivement la conduite de ce dernier envers son épouse. Lausane, feignant de ne justifier que son mari, rejette ses torts sur la coquetterie de son épouse, de maniere qu’en voulant donner une leçon elle en reçoit une assez bonne.

On annonce M. de Beaumont. Léonide, qui est de concert avec lui, fait cacher de Lausane dans un cabinet d’où il entend les discours peu flatteurs dont il est l’objet. Il sort, en demande raison, et reconnoît d’abord son pere, ensuite son épouse.

Un raccommodement termine cette pièce, dans laquelle, entr'autres défaut», on est choqué de l’invraisemblance que deux époux ne reconnoissent pas l’ecriture l’un de l’autre.

Le Nouvel Esprit des journaux français et étrangers, tome premier, vendémiaire an 12 [septembre 1803], p. 231-232 :

Leçon pour Leçon est un joli petit acte en prose. Le sujet n'est pas tout à fait, neuf ; c'est un mari et une femme qui se retrouvent au bal de l'opéra après s'être quittés : le mari redevient amoureux, la femme lui fait une leçon sous le masque, elle en reçoit une en échange, et tout se raccommode.

On dit que la pièce est d'une jeune dame ; on l'avait deviné à la finesse de quelques détails. Cette jolie bluette, sans être bien forte, annonce, pour un premier ouvrage, des dispositions très-heureuses ; elle est sur-tout recommandable par l'intention morale et par l'élégance du style.

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