La Mode ancienne et la Mode nouvelle

La Mode ancienne et la Mode nouvelle, comédie en un acte, en vers, par M. Nanteuil, 9 fructidor an 11 [27 août 1803].

Théâtre Louvois.

Le catalogue général de la BNF consacre une entrée à une pièce du même auteur intitulée la Mode ancienne, datée du 9 fructidor an 2 (écrit en chiffre romain), soit le 26 août 1794. Ce serait un bel exemple de précocité, la pièce étant jouée juste avant le seizième anniversaire de son auteur. Il est sans doute plus sage de penser qu'il s'agit d'une lecture maladroite de la page de couverture de la brochure de 1803, 9 fructidor an 11 (en chiffres arabes), soit le 27 août 1803, l'auteur s'apprêtant à fêter son vingt-cinquième anniversaire.

Titre :

Mode ancienne et la mode nouvelle (la)

Genre

comédie

Nombre d'actes :

1

Vers / prose

vers

Musique :

non

Date de création :

9 fructidor an XI [27 août 1803]

Théâtre :

Théâtre Louvois

Auteur(s) des paroles :

M. Gaugiran-Nanteuil

Sur la page de titre de la brochure, à Paris, chez Mad. Cavanagh, ci-devant Barba, an XII :

La Mode ancienne et la mode nouvelle, comédie en un acte, en vers, Par M. Gaugiran-Nanteuil. Représentée, pour la première fois, à Paris, sur le théâtre de Louvois, le 9 Fructidor an 11.

Courrier des spectacles, n° 2366 du 10 fructidor an 11 [28 août 1803], p. 2 :

[Thème assez fréquent : le regret de l’obstination des gens de théâtre à rester ouvert pendant les grandes chaleurs. Cela les amène à mettre à l’affiche des pièces dont ils attendent peu. Pas question de « bazarder un bon ouvrage », qu’on tuerait en le jouant en plein été. la pièce du jour est l’exemple parfait des pièces au plan faible, réduite à une dizaine de scènes qu’on joue en vingt minutes. L’expression « peloter en attendant partie » évoque les joueurs échangeant des balles en attendant le début de la partie de paume. L’intrigue est vite résumée : deux hommes au tempérament opposé qui courtisent deux femmes très différentes elles aussi, qui paraissent faire le mauvais choix, mais qui savent rectifier leur choix : le dandy épouse la coquette, et le Provincial choisit la demoiselle aux goûts (au moins vestimentaires) désuets. Versification facile, jeu efficace et plein d’ensemble de toute la troupe. L’auteur, demandé, a été nommé.]

Théâtre Louvois.

Première représ, de la Mode ancienne et de la mode nouvelle.

Il est un tems dans l’année où tous les théâtres devroient être fermés, c’est celui où les grandes chaleurs en éloignent même ceux qui ont pour profession de foi : Hors du théâtre point de plaisir. Cependant tous nos spectacles sont ouverts ; mais tous les jours ne sont pas des jours de recette. Le directeur mettroit bien en avant une pièce nouvelle qui pourroit faire plaisir ; mais bazarder un bon ouvrage, un ouvrage de longue haleine en plein été, c’est le tuer. Néanmoins, comme il faut varier le répertoire et réveiller le public, on joue des bluettes, ce sont des enfans perdus qui réussissent toujours assez s’ils ont fait une fois courir la multitude. Tel est l’ouvrage nouveau. Foible de plan, recommandé par quelques scènes de circonstances, il aura eu des applaudissemcns à une première représentation. Sera-t-il aussi heureux à la seconde ? Ce sont dix ou douze scènes qui se jouent ou plutôt s’expédient eu vingt minutes. Avec une bagatelle aussi foible, en ne peut que peloter en attendant partie. Donnons-en une idée succinte.

Deux amans, l’un provincial , l’autre petit-maître à la mode, se proposent d’épouser, à cause de leur dot, deux sœurs dont l’une conserve le costume antique, et l’autre a adopté les modes nouvelles. Un quiproquo les porte à adresser leurs hommages, le Provincial à la Coquette du jour, le Parisien à celle qui a conservé l’usage des paniers et des vertu gadins. Au moment où chacun d’eux s’est engagé par sa signature à épouser sa Dulcinée, ils se trouvent tous quatre en présence ; le charme est détruit ; le jeune homme retourne à la femme à la mode, et le Provincial s’attache à celle dont la mise flatte davantage ses goûts.

Tel est le fonds de cette bluette qui offre une manière facile de versifier, et qui est. jouée avec ensemble par MM. Picard frères et Clozel, et par mesdames Molière, Molé et Pélissier. L’auteur a été demandé et nommé ; c’est M. Nanteuil.

F. J. B. P. G. ***

Magasin encyclopédique, ou Journal des sciences, des lettres et des arts, 9e année, 1803, tome III, p. 123-124 :

Théâtre Louvois.

La Mode ancienne et la Mode nouvelle.

M. Nanteuil a mis en scène la caricature des deux Mères ; cette pièce ayant réussi, il a cru pouvoir risquer la Mode ancienne et la Mode nouvelle, dont le sujet paraît lui avoir été inspiré par la caricature qui porte ce titre.

Son ouvrage, joué le 9 fructidor an XI, n'est qu'une bluette fort courte, dans laquelle on trouve quelques scènes assez gaies auxquelles la circonstance donne du sel. Un provincial et un fat veulent épouser deux sœurs, dont l'une conserve le costume antique, et l'autre suit exactement les modes. Un quiproquo les fait offrir leurs vœux tout différemment de leur intention. Le fat s'est adressé à la demoiselle qui porte des vertugadins et des paniers ; le provincial, à la coquette. Un échange termine la pièce et satisfait tout le monde, excepté le
public.

Plusieurs scènes sont écrites avec facilité. L'auteur pourroit cependant soigner un peu plus son style.

Le Nouvel Esprit des journaux français et étrangers, tome second, brumaire an XII [octobre 1803], p. 219 :

[Après la pièce de Destouches, le Jeune homme à l’épreuve, revue par Ségur Jeune et Andrieux, un rapide compte rendu de la Mode ancienne et la mode nouvelle, pièce sans action comique, réduite à « quelques vers plaisans et assez bien tournés », et plagiant une scène des Prétendus, de Rochon de Chabannes. Pièce qui a vécu ce que vivent les bluettes..]

Après eux, M. Nanteuil a trouvé, dans l'opposition des modes anciennes et des modes nouvelles, l'occasion de placer quelques vers plaisans et assez bien tournés mais non le sujet d'une action comique ; ses scènes étaient à peine indiquées, et il avait peut-être dépassé les bornes permises à un imitateur, en reproduisant avec trop d'exactitude une scène des Prétendus. Ce petit ouvrage et quelques autres aussi en un acte ont eu le sort ordinaire des bluettes.

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