Minuit, ou la Veille du Jour de l'An, comédie en un acte, de Désaudras, 6 janvier 1793.
Théâtre de la Nation.
André Tissier, les Spectacles à Paris pendant la Révolution, tome 2, p. 501, attribue 9 représentations à la pièce de Désaudras, mais ce serait la reprise de Minuit ou l'Heure propice qui reçoit ce nouveau nom à partir du 31 décembre 1792 (note de la page 70).
Mais dès le 2 janvier 1792, le Mercure universel (tome 11, n° 305 du lundi 2 janvier 1792, p. 31-32) fait le compte rendu de Minuit ou la Veille du jour de l'an.
Mercure universel, tome 11, n° 305 du lundi 2 janvier 1792, p. 31-32 :
[Compte rendu qui permet de constater l'écart entre le jugement sévère du critique et l'avis du public, qui a « applaudi très-vivement » et qui a « demandé avec transport » l'auteur ». Pour le critique, la pièce ne mérite guère un article, et il lui reproche « plusieurs scènes très-voisines de l'indécence », un « style […] ni pur ni correct » et qui abuse de « toutes les misères du faux esprit » dont le public a un tel goût.]
Théatre de la Nation.
C’est tout au plus si la petite comédie donnée samedi sous le titre de Minuit ou la veille du jour de l'An, mérite qu’on lui donne l’importance d’un article.
Floridor, enfant de seize ans, aime sa cousine qui est veuve ; instruit par sa femme de chambre, qu'elle doit lui donner, pour ses étrennes, une boëte de dragées, il y met son portrait, afin de le recevoir de sa main à son insçu. Surpris à minuit chez sa cousine, son oncle qui craint les suites d’un semblable amour, consent à unir son neveu de 16 ans, à sa cousine qui en a au moins vingt-cinq. Nous passons sous silence plusieurs scènes très-voisines de l’indécence.
Cet enfantillage dramatique a été applaudi très-vivement, quoique le style ne soit ni pur ni correct, et offre tout ce que peut enfanter le goût des rébus, des pointes, des jeux de mots, et de toutes les misères du faux esprit qui n'est malheureusement aujourd'hui que trop vif.
L’auteur a été demandé avec transport ; c’est M. Desaudras.
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