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La Revue de l'an 11, ou quel est le plus malheureux ?

La Revue de l'an 11, ou quel est le plus malheureux ? comédie en un acte mêlée de vaudevilles, de Chazet, 28 frimaire an 12 [20 décembre 1803].

Théâtre du Vaudeville

Almanach des Muses 1805

La France littéraire de Johann Samuel Ersch, second supplément, p. 124, tout comme les diverses bibliographie du temps attribuent la pièce à Chazet.

Courrier des spectacles, n° 2487 du 29 frimaire an 12 [21 décembre 1803], p. 2 :

[L’habituelle revue de l’année écoulée, constrite sur le même principe que les précédentes  un acteur enfilant divers costumes pour jouer divers personnages. DE telles pièces, généralement froides, sont de peu d’intérêt et ne valent que par les couplets, que cette fois encore l’auteur n’a pas épargnés. Deux ont été redemandés malgré les protestations du parterre, et l’auteur a été nommé. La Revue de cette année reprend le procédé habitulel : un homme qui cherche à épouser une jeune fille que son père ne veut marier qu'à un prétendant remplissant une condition précise, cette fois d’avoir été malheureux toute l’année (il faut trouver une condition nouvelle tous les ans...). Un couplet est cité, celui d’un poète qui explique qu’il siffle en applaudissant, pour ne pas prendre position. Le jugement porté ensuite sur la pièce est critique : l’auteur a traité son sujet d’une manière trop étroite. Il s’est, semble-t-il, limité à des anecdotes sur les animaux, et il y avait mieux à faire.

Théâtre du Vaudeville.

Première représentation de la Revue le l’an XI ou Quel est le plus malheureux ?

Chaque année voit éclore une nouvelle Revue des vices, des ridicules, des talens, enfin de tous les objets qui ont mérité quelqu’attention durant les douze mois précédens. Celles de l’an 6 et de l’an 8 sont encore citées pour la gaîté et l’esprit qui y régnent. La nouvelle Revue ne sera pas mise en parallèle avec elles, mais elle pourra se voir avec plaisir. Cinq personnages y passent tour-à-tour sous les yeux du public, et comme dans les pièces de ce genre qui l’ont précédée, c’est le même acteur qui les remplit tous. Ces ouvrages sont ordinairement froids et ne comportent pas d’intérêt ; leur mérite est dans les couplets, et il faut rendre ici justice à l’auteur, il ne les a pas épargnés. Dans le nombre il s’en trouve de foibles, d’autres ont été peu sentis à cause des applications qui ne sont pas à la portée de tous les spectateurs, quelques-uns sont tournés facilement et avec esprit. Deux de ces derniers ont été redemandés et répétés, malgré le brouhaha qu’excitoit une violente opposition du parterre, qui ne paroissoit pas disposé à tout applaudir. Quoiqu’il en soit cette bluette a réussi, et l’auteur, M. Chazet , a été nommé par M. Carpentier, qui, dans les cinq rôles différens, s’est distingué par sa promptitude à se métamorphoser et par son intelligence à saisir les divers caractères qu’il avoit à représenter.

Ces sortes de vaudevilles sont peu susceptibles d'être analysés : dans celui-ci un Marchand de draps refuse la main de sa fille à son Commis, et ne veut l’accorder qu’à l’homme qui lui prouvera qu’il a été constamment malheureux dans le cours de l’an 11. Le Commis se présente successivement sous le costume d’un Aëronaute italien, d’un Financier, d’un Homme de-lettres à la suite, d’un Gascon et d’un Porte-faix ivre, et finit par faire consentir le pere à le recevoir pour gendre. Les deux premiers personnages et le dernier ont paru froids, mais la scene a été assez bien remplie et animée par le Poête et par le Gascon. On a redemandé un couplet que chante le premier. Il raconte qu’au spectacle il a l’habitude de siffler en applaudissant : or, comme il craint d’être remarqué, voici son secret :

Air . de la Montferrine.

            Le sifflet
            Me plaît,
Mais en sifflant trop on s’expose ;
      On est remarqué,
      On est critiqué,
      Suffoqué,

L’instrument discord
    Par un ressort
    Tient à l’épaule,
Me sert pour mon rôle,
Et fait un sifflet
      En soufflant.

      Des mains j’applaudis
            Et je dis :
      A bas la cabale !
      Mes bras inhumains
Défont l’ouvrage de mes mains.
      Vous voyiez qu’on est
          Par ce secret
          Que rien n’égale,
      En criant
Bravo !
Sûr de siffler
incognitô.

L’auteur s’est resserré dans un cercle très-étroit et il ne l’a pas rempli d’une maniéré encore satisfaisante ; il s’est attaché aux petites choses, et il y eu a mille autres d’une importance majeure qui auroient pu trouver leur place dans son cadre ; car on avouera qu’il y en a de plus intéressantes que les éléphans, les chevaux de Francony, les ours, les puces qui traînent un carrosse, etc., objets minutieux qui peuvent fournir un mot plaisant, mais sur lesquels il ne faut pas trop s’appesantir.

F. J. B. P. G***.          

 

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