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Rodolphe, ou la Tour de Falkensten

Rodolphe, ou la Tour de Falkenstein, mélodrame en trois actes, d’Hubert [Philippe-Jacques de La Roche] et Louis [L. B. F. von Bilderbeck] , musique de Quaisain et Lanusse, ballets de Millot, 18 mars 1812.

Théâtre de l'Ambigu-Comique.

[Le coauteur Louis est parfois identifié à Louis Tavernier, dont la carrière semble pourtant ne débuter que vers 1836.]

Almanach des Muses 1813.

Sur la page de titre de la brochure, Paris, chez Barba, 1812 :

Rodolphe, ou la tour de Falkenstein, mélodrame en trois actes, à grand spectacle, Par MM. Hubert et Louis, Musique de MM. Quaisain et Lanusse, Ballet de M. Millot. Représenté, pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre de l'Ambigu-Comique, le 18 mars 1812.

Journal de Paris, n° 79 du 19 mars 1812, p. 1-2 :

[Le compte rendu s’ouvre sur l’habituel résumé de l’intrigue, une vraie intrigue de mélodrame. Et le critique ne le cache pas : il ne révèle pas le moment fort du mélodrame pour ne pas frustrer les spectateurs. Mais il insiste : rien ne manque : « Une tour, des verroux, des ruines, des rondes mystérieuses, des sentinelles posées et relevées à propos » (on avait vu plus haut « des lettres supposées » et « un serviteur fidèle et dévoué, tel qu’on en voit dans les mélodrames «  (et qu’on ne voit que là). Et une fin heureuse, bien sûr : la morale est sauve, et le spectateur sort rassuré. C’est donc un mélodrame comme les autres, si ce n’est l’invention d’un personnage étonnant de « bouffon-troubadour-spadassin » aux capacités extraordinaires, et fort bien jouée. Le critique tient à préciser que cette pièce n’est sinon ni meilleure ni pire que bien d’autres, et qu’il doit se co,tenter d’en constater le succès, et d’en nommer les auteurs.]

THÉATRE DE L’AMBIGU-COMIQUE.

Première représentation de Rodolphe,ou la Tour de Falkenstein,
mélodrame en trois actes.

Albert, comte de Falkenstein, a pour le jeune Rodolphe, son neveu, la plus tendre affection ; et Rodolphe la mérite par sa bravoure et sa loyauté. Mais l’épouse du comte est moins touchée des vertus du jeune chevalier qu’effrayée de l’amitié que son oncle lui témoigne. Elle craint que ce sentiment ne nuise à l’empire qu’elle est habituée à exercer sur l'esprit du comte.

Elle se détermine donc à perdre Rodolphe, et choisit, pour l’aider dans l’exécution de son projet, Romuald, dont elle veut servir l’ambition et l’amour. Des lettres supposées semblent prouver que Rodolphe a conçu pour la comtesse une passion criminelle, tandis qu’il brûle d’un vertueux amour pour la jeune Célestine de Falkenstein. Le comte trompé par les apparences fait jeter son neveu dans une prison où Romuald projette de l’assassiner ; mais un serviteur fidèle et dévoué, tel qu’on en voit dans les mélodrames, délivre Rodolphe, et profilant d’une méprise, répand le bruit de sa mort.

Le desir de revoir Célestine et de se venger de Romuald, ramène bientôt Rodolphe près des lieux qu’habitent ses ennemis et sa bien-aimée. Il est à la tête d’un parti de mécontens, parmi lesquels il a trouvé un asile.

Son dessein est d’enlever le perfide Romuald, de le conduire à la cour de Ferdinand, roi de Bohême, de l’attaquer comme calomniateur, et de venir, après avoir prouvé son innocence, se jeter aux pieds de Célestine, réclamer le prix de son amour et de ses longs malheurs.

Une imprudence trahit Rodolphe, et l’adroit Romuald trouve le moyen de donner à sa démarche une interprétation perfide ; il l’accuse d’en vouloir aux jours du comte de Falkenstein. En vain Célestine implore en faveur de son amant la justice de son père ; Albert est inflexible, et Rodolphe est enfermé dans la tour de Falkenstein.

C’est ici que tous les ressorts du mélodrame sont mis en jeu. Je me garderai bien d’en faire au public l'indiscrète confidence. Une tour, des verroux, des ruines, des rondes mystérieuses, des sentinelles posées et relevées à propos, tels sont les moyens d’où naissent les incident qui font passer tour-à-tour le spectateur de la crainte à l’espérance.

Enfin, suivant l’usage, tout se termine à la satisfaction générale. Rodolphe recouvre la liberté, son innocence et la perfidie de Romuald paraissent dans tout leur jour, et le comte dédommage son neveu de tout ce qu’il lui a fait souffrir, en l’unissant à Célestine.

Si par les situations et même par les détails, ce mélodrame ressemble à mille autres, l’auteur peut du moins se flatter d'avoir esquissé un caractère assez original, c’est celui d’une espèce de bouffon-troubadour-spadassin, qui lance une épigramme, improvise un couplet et donne un coup d’épée avec toute la grâce et toute la précision imaginables. ,

Ce rôle, très-bien joué par Grévin, a beaucoup contribué au succès de l’ouvrage. Peut-être un critique sévère prononcerait-t-il : la pièce n’est ni assez mauvaise pour que j’en dise du mal, ni assez bonne pour que j’en dise du bien; moi j’aime mieux m’en tenir au rôle d’historien, et dire qu’elle a été fort applaudie, et que l’auteur des paroles est M. Hubert, celui des ballets, M Millot, et que la musique appartient en partage à MM. Lanusse et Quaisain.

A.          

Mémorial dramatique pour l'an 1813, septième année p. 152-153 :

RODOLPHE, ou la Tour de Falkenstein, mélodrame en 3 actes, par M. Hubert. (18 mars.)

Albert, comte de Falkenstein, a pour le jeune Rodolphe, son neveu, la plus tendre affection, et Rodolphe la mérite par sa bravoure et sa loyauté. Mais l'épouse du comte est effrayée de l'amitié que son oncle lui témoigne. Elle craint que ce sentiment ne nuise à I'empire qu'elle est habituée à exercer sur l'esprit du comte.

Elle se détermine donc à perdre Rodolphe, et choisit, pour l'aider dans l'exécution de son projet, Romuald, dont elle veut servir l'ambition et l'amour. Des lettres supposées semblent prouver que Rodolphe a conçu pour la comtesse une passion criminelle, tandis qu'il brûle d'un vertueux amour pour la jeune Célestine de Falkenstein. Le comte trompé par les apparences, fait jeter son neveu dans une prison où Romuald projette de l'assassiner ; mais un serviteur fidèle délivre Rodolphe, et répand le bruit de sa mort.

Le désir de revoir Célestine et de se venger de Romuald, ramène bientôt Rodolphe près des lieux qu'habitent ses ennemis et sa bien aimée. Il est à la tête d'un parti de mécontens, parmi lesquels il a trouvé un asile.

Une imprudence trahit Rodolphe, et l'adroit Romuald trouve le moyen de donner à sa démarche une interprétation perfide ; il l'accuse d'en vouloir aux jours du comte de Falkenstein. En vain Célestine implore en faveur de son amant la justice de son père ; Albert est inflexible, et Rodolphe est enfermé dans la tour de Falkenstein.

C'est ici que tous les ressorts du mélodrame sont mis en jeu. Une tour, des verroux, des ruines, des rondes mystérieuses, des sentinelles posées et relevées à propos, tels sont les moyens d'où naissent des incidens qui font passer tour-à-tour le spectateur de la crainte à l'espérance.

Mais, tout se termine à la satisfaction générale. Rodolphe recouvre la liberté, son innocence et la perfidie de Romuald paraissent dans tout leur jour, et le comte dédommage son neveu de tout ce qu'il lui a fait souffrir, en l'unissant à Célestine.

Ce mélodrame a été fort applaudi,

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