Tippoo-Saib ou la Destruction de [l’empire de] Mysore

Tippoo Saïb, ou la Destruction de [l’empire de] Mysore, tragédie en trois actes, de Henri Lepileur de Brévannes, 1813.

Pièce non représentée.

Deux titres possibles, pour une pièce qui devait traiter d’un sujet proche de la pièce de Dubois, Tippoo-Saib ou la Prise de Seringapatam.

 

Sur la page de titre de la brochure, à Paris, chez Delaunay, 1813 :

Tippô-Saïb, ou la Destruction de l'empire de Mysore, tragédie en trois actes, Par M. Henry de Brevannes.

Le texte de la pièce est précédé d'une préface et de la liste des personnages :

[La préface qui explique que la pièce soit restée dans le portefeuille de son auteur respire les sentiments qu'on éprouve en France pour les Anglais, qui ont su prendre la place des Français en Inde.]

PRÉFACE.

Au mois de février dernier (1812) relisant avec attention l'intéressant ouvrage de M. Michaud sur les progrès et la chûte de l'empire de Mysore, je me sentis vivement pressé du désir de prendre pour sujet d'un ouvrage dramatique, la catastrophe dont Tippô-Saïb a été la déplorable et courageuse victime. Les vexations, les cruautés inouies des Anglais dans l'Inde orientale m'avaient révolté. Le choix d'un pareil sujet m'offrait naturellement l'occasion de retracer tout-à-la fois et le machiavélisme de leur insatiable ambition, et leur infâme conduite lors de la famine du Bengale. Je pouvais opposer à ces tableaux celui de la noble indignation, du bouillant courage et de la juste animosité qui, jusqu'au dernier soupir, avaient armé contre ces oppresseurs de l'Inde le grand Hyder-Aly père de Tippô-Saïb ; ce dernier prince marchant sur les traces de son père, n'aspirant qu'à la gloire d'arracher sa patrie au joug tyrannique de l'Angleterre, et succombant les armes à la main, en défendant les remparts de sa capitale, me parut un héros digne de la scène française. Les Anglais furent constamment ses plus mortels ennemis, ils sont aussi les nôtres, ceux de tout le continent. Tippô-Saïb mourant victime de l'Angleterre, et exhalant avec sa vie mille imprécations contre les perturbateurs du repos de l'Inde, me semblait devoir attacher à mon ouvrage un fond d'intérêt national fait pour m'obtenir quelque indulgence et suppléer en partie à tout ce qui me manquait du côté du talent ; cet espoir me soutint, et pendant six mois je travaillai avec ardeur et assiduité. Mon sujet, d'après ma manière de l'envisager, ne me parut pas pouvoir fournir avec avantage la matière de cinq actes ; je crus nécessaire de le resserrer en un cadre plus étroit, préférant trois actes plus rapides, à cinq que je croyais devoir être languissans. Ma pièce était achevée, je ne travaillais plus qu'aux moyens de la rendre moins imparfaite, lorsque le Journal de l'Empire annonce qu'on répète, au théâtre Français, une tragédie ayant pour titre Tippo-Saïb. Apprenant avec peine et malheureusement un peu trop tard que j'étais devancé dans la carrière, il fallut me résoudre à laisser dormir au fond de mon porte-feuille ma pièce naturellement exclue du théâtre par une rivale vraisemblablement plus digne des honneurs de la représention [sic], mais ayant au moins le droit incontestable de la primauté.

Quelques amis auxquels je fis part de ma mésaventure, me pressèrent de leur lire ma pièce, et avec un grand fond d'indulgence, sans doute, daignèrent me donner quelques encouragemens; ils m'invitèrent à mettre la dernière main à mon ouvrage et à le faire imprimer, pour ne pas perdre tout-à-fait le fruit de mon tems et de mon travail. Cette considération me détermine à suivre leur conseil. Ma seule prétention est que l'époque à laquelle je publie ma pièce, fasse foi de l'impossibilité dans laquelle je me suis nécessairement trouvé, en y travaillant, de profiter en rien du plan ou des idées d'un autre. La tragédie de Tippô-Saïb annoncée par le Journal de l'Empire n'a point encore paru, et je n'ai eu, par cette voie, révélation de son existence qu'à une époque où la mienne était entièrement terminée, et déjà connue, en grande partie, de plusieurs personnes qui pourraient l'attester.

8 janvier 1813.          

PERSONNAGES.

TIPPO-SAIB, sultan de Mysore, fils du célèbre Hyder-Aly.

SAHEB, vieux Nabab, ou prince souverain d'un état voisin des frontières de Mysore, détrôné par le Nyzam souverain d'une autre partie de l'Inde, et réfugié à la cour de Tippo-Saib.

IDAMIRE, princesse fille de Saheb.

MIRZA, confidente d'Idamire.

SIDA-GOFFAR, Capitaine des gardes du sultan.

1er., 2e., 3e., 4e. POLYGARS ou grands de l'Empire.

LE MAJOR Général de l'armée Anglaise, envoyé comme ambassadeur au sultan.

SIR WILLIAMS, officier anglais accompagnant le Major général.

Un HÉRAUT d'ARMES, de service au palais.

PERSONNAGES FIGURANS.

MOHAMMED, premier ministre.

POLYGARS et MINISTRES.

FEMME MYSORÉENNE, conduisant les deux enfans, encore en bas-âge, du sultan.

Deux femmes INDIENNES, suivantes d'Idamire.

Officiers et soldats Mysoréens.

Officiers et soldats Anglais.

Esclaves noirs.

La scène est à Séringapatam, capitale de l'Empire de
Mysore, dans le palais du sultan.

L'ACTION SE PASSE EN 1799.

Le théâtre représente une vaste salle du palais des souverains de Mysore, richement décorée à la manière indienne ; dans la partie latérale droite (pour les spectateurs), et près de l'avant-scène, s'élève le superbe trône exécuté par les ordres d'Ilyer-Aly; en voici la description :

Sur une estrade d'élégante structure, et au plain-pied de laquelle on monte par plusieurs degrés d'argent massif, un fauteuil d'or richement sculpté et en forme de cathédre antique sans pieds, repose sur le dos d'un tygre de bronze transversalement placé en attitude menaçante. Un phénix d'or enrichi d'un grand nombre de pierres précieuses plane au-dessus ; plusieurs tigres de bronze sont assis adossés au pourtour du soubassement de l'estrade. Hyder-Aly semblait se plaire à multiplier la représentation de cet animal dans toutes les décorations de son palais, le regardant sans doute comme l'emblême le plus propre à peindre sa force et sa puissance. Le même motif lui avait fait prendre le premier de ses deux noms Hyder, qui, langue indienne, signifie tygre.

Biographie nouvelle des contemporains, d’Arnault, Jay, Jouy et Norvins, tome 3 (1821), p. 466 :

[A défaut de savoir grand chose sur la pièce, on peut trouver quelques éléments sur l’auteur.]

BREVANNES (le comte Henri-Lepileur de) émigra en 1792, et revint en France après l'établissement du gouvernement consulaire. Nommé, le 8 janvier 1814, commandant de la 7me légion de la garde nationale de Paris, il prêta serment de fidélité le 16 même mois, et reçut la croix de la légion d'honneur dans le mois de septembre de la même année. Les sentimens qu'il manifesta à l'époque du débarquement de Napoléon, le firent choisir pour organiser les volontaires royaux; ce que le peu d'empressement des sujets et le 20 mars ne lui permirent pas d'exécuter. En septembre 1815, il a été du nombre des candidats proposés pour la chambre des députés. On a du comte de Brevannes : la traduction du poëme du Printemps, par Kleist, suivi de l' Amour, poëme en deux chants, in-8°, 1794; les Adieux d'Hector et d'Andromaque, in-8°, 1807 ; une tragédie en trois actes, intitulée : Tippoo-Saib ou la Destruction de l'empire de Mysore, 1813.

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