Une espiéglerie d'Arlequin, ou l'Enlèvement nocturne

Une espiéglerie d'Arlequin, ou l'Enlèvement nocturne, comédie en un acte et en prose, mêlée de vaudevilles, de Maxime de Redon et Defrénoy, 21 août 1806.

Théâtre des Jeunes Artistes.

Sur la page de titre de la brochure, à Paris, chez Maldan, 1806 :

Une espiéglerie d'Arlequin, ou l'Enlévement nocturne, Comédie en un acte, en prose, mêlée de Vaudevilles. Par MM. Maxime de Redon et Defrénoy. Représenté pour la première fois sur le Théâtre des jeunes Artistes, rue de Bondy, le jeudi 21 août 1806.

Quatre personnages dans la pièce, sans surprise : M. Cassandre, bourgeois, Arlequin, amant de Colombine, Gilles, rival d'Arlequin, Colombine, fille de M. Cassandre.

Courrier des spectacles, n° 3486 du 24 août 1806, p. 2 :

[L'article s'ouvre sur le compte rendu de l'arlequinade que vient de créer le Théâtre des Jeunes Artistes. Il souligne la conformité stricte de la nouvelle pièce au modèle si souvent reproduit des amours d'Arlequin et de Colombine, sous la surveillance peu efficace de son père Cassandre, Gilles jouant avec ce qu'il faut de niaiserie son rôle de rival malheureux. Ce qui fait la différence entre toutes ces pièces, c'est les moyens employés par les uns et les autres. Le critique résume l'intrigue, une nouvelle tentative de Gilles de séduire Combine en profitant de l'absence d'Arlequin. Il choisit de faire un pari avec Cassandre : s'il réussit à enlever Colombine, il l'épousera et Cassandre lui payera mille écus. Gilles, croyant agir par surprise, s'introduit dans la maison de Cassandre, où il trouve une Colombine qui se laisse facilement enlever, mais quand il montre sa conquête à Cassandre, il s'aperçoit qu'il a été dupé : c'est Arlequin travesti qu'il a pris pour Colombine, et c'est lui qui épouse Colombine, comme à chaque fois. La pièce a des qualités (sa gaîté) et des défauts (lenteur, dialogue « surchargé », longueur des détails. Les couplets, dont certains ont été applaudis, abusent des lieux communs. On s'y moque des femmes, des maris, et même des journalistes, dans une plaisanterie passée inaperçue. Les jeunes acteurs ont bien joué, et les auteurs sont nommés.]

Théâtre des Jeunes Artistes.

Une Espièglerie d'Arlequin.

Toutes les fois qu’il s’agit d’Arlequin, on peut s’attendre à trouver un Gilles bien niais et un Cassandre bien sot et bien crédule ; on pourroit faire en deux mots l'analyse de ces sortes de pièces. Arlequin aime Colombine, Gilles la lui dispute ; Arlequin et Colombine s’arrangent si bien, que Gilles est mis de côté. Il ne s’agit plus maintenant que des moyens. Voici comme l’auteur de la pièce nouvelle a traité son sujet.

Arlequin est à Paris, son absence désole Colombine, et favorise assez les prétentions de Gilles, qui cependant se voit éconduit sans cesse par M. Cassandre. Pour parvenir à son but, Gilles parie mille écus avec le père qu’il enlèvera sa fille avant la fin de la journée. Le bonhomme se prète à cette extravagance. Le pari tient, mais Cassandre ne fait rien pour empêcher Gilles de pénétrer dans la maison. Heureusement pour lui, Arlequin veille sur Colombine. A son retour, et en rodant sous les croisées de sa maîtresse, il a surpris le projet de son rival ; et lorsque celui-ci vient pour le mettre à exécution, il monte chez Colombine ; il s’affuble d’une robe et d’un bonnet. Ce déguisement trompe Gilles ; il fait sortir de la maison la fausse Colombine, et se présente tout triomphant de sa conquête à M. Cassandre. Tout s’explique alors, Gilles s’apperçoit qu’il est dupe, et Arlequin épouse Colombine. Cette production a réussi, elle n’est pas sans gaîté; mais la marche en est lente, le dialogue surchargé et les détails trop étendus. Ou a remarqué et applaudi quelques couplets qui annoncent de la facilité, mais en général ce sont des lieux communs déjà bien rebattus. Le petit Arlequin lance des pierres aux femmes et aux maris ; je crois même qu’il a lancé un trait contre les journalistes ; mais il a glissé, on ne s’en pas apperçu. Au reste, les rôles d’Arlequin, de Gilles et de Cassandre ont été bien rendus par les jeunes Deschamps, Prudent et Basnage. Les auteurs sont MM. Maxime de Redon et Dufresuoi.

L'article rend compte ensuite d'une autre création du Théâtre des Jeunes Artistes, les Fausses déclarations, dont la première a eu lieu le 23 août 1806.

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