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Le Valet rival

Le Valet rival, opéra français en 2 actes, parodié sur la musique de Paisiello, 6 février 1790.

Théâtre de Monsieur.

Titre :

Valet rival (le)

Genre

opéra français

Nombre d'actes :

2

Vers / prose ?

 

Musique :

oui

Date de création :

6 février 1790

Théâtre :

Théâtre de Monsieur

Auteur(s) des paroles :

 

Compositeur(s) :

Paisiello

Mercure de France, tome CXXXVIII, n° 8 du samedi 20 février 1790, p. 114-116 :

[Le compte rendu s’ouvre sur un résumé de la genèse de l'œuvre, reprise de la musique de Paisiello sur de nouvelles paroles après l’échec du Valet rival et confident. L’auteur du « poëme » de cet opéra a refait un nouveau livret, sur un autre sujet, mais en conservant les paroles des airs, petit exploit salué par le critique qui prévient toutefois : n’exigeons pas de vraisemblable dans un tel livret, « il suffit qu'un pareil Ouvrage soit gai et dramatique ». Le résumé de l’intrigue est le moyen de vérifier que ce livret n’a rien pour surprendre, puisqu’il regroupe les grands poncifs de ce genre de pièces (le vieillard, la pupille, le valet, le quiproquo, et le dénouement aussi inexplicable que prévisible). Il suffit ensuite de louer la musique (mais la formulation choisie est ambiguë : est-ce bien entièrement de la musique italienne de Paisiello ?) et les interprètes masculins, excellents dans leur rôle (rien sur les femmes).]

THÉATRE DE MONSIEUR.

On avoit donné sur le Théatre des Tuileries, une Pièce parodiée sur la musique de Paisiello, et intitulée le Valet rival et confident; cet Ouvrage n'avoit point réussi. L'Auteur n'a pas voulu appeler du jugement du Public sur son Poëme, mais il a cru bien mériter des Amateurs de la bonne musique, en leur conservant une composition du célèbre Paisiello. Il l'a donc adaptée à un nouveau Poëme. Mais ce qu'il y a de bien étonnant, du côté de la diffieulté vaincue, c'est qu'en changeant le sujet, il n'a point touché aux paroles des différens airs. La Pièce (jouée le 6 Février) a réussi, a été fort applaudie, et il faut avouer qu'un pareil succès est une singularité assez remarquable.

D'après cet historique, ce seroit une sévérité qui approcheroit de l'injustice, que d'exiger une exacte vraisemblance d'un Poëme dramatique,composé,pour ainsi dite, comme on remplit un bout rimé. Il suffit qu'un pareil Ouvrage soit gai et dramatique ; et à ce mérite, le Valet rival joint encore celui d'être ingénieusement écrit.

Un certain Docteur empyrique est amoureux d'une Orpheline, dont il prend soin ; mais cette Orpheline, peu touchée de son amour, lui préfère Eugène, Valet du Docteur. Cet Eugène veut s'amuser aux dépens du Vieillard, & il lui écrit sous le nom d'un vieux Cacochyme, qui demande à être son pensionnaire, pour se trouver plus à portée de recevoir ses soins. Voilà donc Eugène établi chez le Docteur, obligé d'être ensemble et son Valet et son malade, ce qui ne laisse pas que d'être embarrassant dans les momens où il faudroit être l'un et l'autre tout à la fois. De cet embarras naît le comique des situations qui nourrissent l'attention et le rire jusqu'au dénouement. Le Docteur, qui a découvert la fourberie, auroit bien le courage de chasser Eugène ; maîs il n'a pas celui de résister à la pupille, et il finit par tout pardonner, et même par unir les deux Amans.

Il y a dans la musique des morceaux charmans, bien dignes du talent de son Auteur ; deux ou trois seulement nous ont paru manquer de cet air de famille qui distingue le reste de cette agréable composition ; et il ne faudroit rien moins qu'une adoption authentique de Paisiello, pour croire à leur origine italienne.

Les deux principaux rôles ont été fort bien joués par MM. Gavaux et Valliere. M. Gavaux, qui a déjà été distingué par sa manière de chanter, a joué fort gaîment lc rôle du Valet, et M Valliere a fait grand plaisir dans celui du Docteur. Cet Acteur nous paroît propre à cet emploi, c'est un nouveau moyen pour lui de se rendre utile à ce Théatre.

L’Esprit des journaux français et étrangers, 1790, tome IV (avril 1790), p. 337-338 :

[Rappel de l’histoire de la pièce qui diffère un peu de ce que disait le Mercure de France (changement d’auteur du livret, quand le Mercure disait que c’était le même). L’intrigue, elle aussi n’est plus tout à fait la même. Imperfections et invraisemblances marquent la pièce, mais ses conditions de création l’expliquent bien, et elles ne nuisent pas à la gaieté du spectacle. La musique de Paisiello déçoit un peu pra rapport à ce quon connaît du maître.]

Le Valet rival & confident, opéra françois, joué sur ce théatre le 27 octobre dernier, y étant tombé à plat, malgré la charmante musique de Paësiello, un auteur connu par d'ingénieux ouvrages, s'est chargé, afin que cette musique ne fût pas totalement perdue, de la parodier de nouveau. C'est ce qui a produit la piece, intitulée simplement : le Valet rival, qu'on a représentée le 6 février, & qui a réussi. Pour remplir cette tâche pénible, il a fallu changer absolument le fond de l'intrigue. Voici en quoi il consiste maintenant.

Une espece d'empyrique, pour faire plus tranquillement sa cour à une jeune personne qui lui sert de gouvernante, prend la résolution de chasser de chez lui, un valet qui l'aime & qui en est aimé. Celui-ci vient à bout de tromper le vieux jaloux, en s'introduisant dans la maison, sous le nom & le costume d'un homme cacochyme, & joue alternativement le rôle de valet & celui de malade ; ce qui amene différentes scenes assez gaies. Enfin, l'empyrique, semblable au Cassandre du Tableau parlant, se doute de la fourberie, & cherche à s'en assurer. Il se cache, à cet effet, dans un grand fauteuil, sous une robe-de-chambre ; & témoin alors de l'accord des deux amans, il veut les faire arrêter. Mais après beaucoup de bruit il finit par les unir.

On conçoit les imperfections & les invraisemblances qui doivent se trouver dans une piece composée sur une partition : nous nous garderons bien en conséquence de les relever. Il suffit que l'auteur ait atteint son but, qui étoit d'égayer les spectateurs.

La musique, sans être aussi riche que celle des autres ouvrages de Paësiello, offre néanmoins des morceaux très-agréables & remplis d'esprit. On a sur-tout distingué les deux trio qui terminent le premier & le second acte.

La base César ne distingue pas le Valet rival et confident (joué le 27 octobre 1789) et le Valet rival, qui entreprend une nouvelle carrière à partir du 6 février 1790, au Théâtre de Monsieur / Feydeau. Il connaît 20 représentations jusqu’au 10 mars 1791. Les paroles du livret sont attribuées à M. Hippolyte, ce qui n’est pas très éclairant.

Le catalogue général de la BNF apporte quelques éclaircissements. Le Valet rival, comédie en 2 actes et en prose parodiée sur la musique de Paisiello. livret d’Hippolyte, a d’abord été représenté sur le Théâtre de Monsieur / Théâtre Feydeau, le 27 octobre 1789, sous le titre Le Valet rival et confident, et repris le 6 février 1790 sur le même théâtre, avec texte remanié, sous le titre Le Valet rival". - L'ouverture est empruntée à La Finta amante, opera buffa en 2 actes de Paisiello (1780).

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